Quel avenir pour Montréal?

Archive du 27 novembre 2012

Mardi 27 novembre 2012 | Mise en ligne à 7h40 | Commenter Commentaires (44)

Denis Coderre a-t-il mis la charrue devant les bœufs?

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Denis Coderre n’a pas encore annoncé son intention de se présenter à la mairie de Montréal. Mais cela ne l’empêche pas de profiter des plus importantes tribunes pour mousser sa candidature-qui-n’en-est-pas-une.

Il y a évidemment, pour lui, des avantages à se lancer tôt : il se positionne avant tout le monde, fait peur à la concurrence, se fait incontournable.

Mais il y a aussi un revers à cette précipitation : elle démontre que le poste de maire est plus important, aux yeux de Denis Coderre, que ce qu’il veut en faire.

Je m’explique. Ayant décidé sur le tard de ne pas se présenter à la tête du PLC, M. Coderre n’a pas encore consacré beaucoup de temps à réfléchir à l’avenir de Montréal. Ce qu’ont confirmé ses sorties aux émissions Tout le monde en parle et Bazzo.tv.

Certes, il connaît cette ville qu’il représente à la Chambre des communes. Mais il lui manque cette connaissance fine du fonctionnement de la Ville, de ses qualités et défauts, de ce qui cloche et des solutions à apporter. Il lui manque aussi cette connaissance des différents enjeux urbains lui permettant d’aborder Montréal de façon large, tout en maîtrisant chacune de ses composantes.

Je ne dis pas que l’homme est totalement dépourvu d’idées, comprenez-moi bien. Il veut, par exemple, créer une «police du contrat» responsable d’un registre des compagnies vertueuses avec laquelle la Ville peut faire affaire. Il veut obliger les fonctionnaires responsables des infrastructures à changer de poste aux deux ans pour éviter la corruption et la collusion.

Il veut aussi faire de Montréal «la ville la plus en forme du pays», développer le «Montréal numérique», redéfinir «la signature architecturale» de la métropole.

Mais ces idées pêle-mêle (certaines semblent tout droit sorties d’une séance d’improvisation ayant pour titre «je veux être maire de Montréal») ne constituent certainement pas une vision. Tout au plus démontrent-elles le talent de ce politicien caméléon.

Pour plusieurs, cela est suffisant à douze mois de la prochaine élection. Après tout, Denis Coderre a amplement le temps de s’accoutumer à Montréal, de développer ses idées, d’élaborer des projets plus concrets.

Ce qui est vrai. Mais le problème aux yeux de l’idéaliste que je suis, c’est que Denis Coderre compte développer sa vision de Montréal… maintenant qu’il a décidé de se présenter à la mairie (une décision prise «à 90 %» a-t-il dit).

La fin précède les moyens, en quelque sorte : je veux être maire, donc je développe une vision pour y arriver.

L’inverse aurait été plus souhaitable : j’ai une vision, donc je veux être maire pour l’appliquer.

Inutile de me dire que cela ne change rien. Inutile de me répondre que ce la ne nuira pas à ses chances de se faire élire. Je le sais. Mais je n’en suis pas moins agacé.

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