Le blogue de François Cardinal

Archive du 10 novembre 2012

Samedi 10 novembre 2012 | Mise en ligne à 7h42 | Commenter Commentaires (45)

Laval: le confort et l’indifférence

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Je ne doute pas que bien des Lavallois garderont un souvenir ému de Gilles Vaillancourt.

Il est impressionnant de voir ce qu’il a fait de cette banale cité-dortoir en 23 ans au pouvoir : une véritable concurrente à Montréal!

Laval est en effet, aujourd’hui, un des principaux pôles d’emplois de la région. C’est un véritable centre urbain. Une ville qui connaît une croissance démographique surprenante, qui attire de plus en plus d’immigrants, qui a su développer les biotechnologies et les sciences de la santé, etc.

Preuve de la transformation de cette ville, elle affiche l’un des plus faibles taux de «navettage» de la région métropolitaine tant ils sont nombreux à vivre et travailler sur l’île Jésus.

À cela s’ajoute l’immense pouvoir politique de Laval et de son administration politique. À mon avis, il était inégalé au Québec jusqu’à l’arrivée de Régis Labeaume. Or ce mélange de vigueur économique et d’influence politique a permis à Vaillancourt de rester très populaire aux yeux des citoyens : taxes basses, bons services municipaux, pont de la 25, prolongement du métro, etc.

Mais je pose la question aujourd’hui en édito : à quel prix?

Les Lavallois n’ont pas voulu se poser la question ces dernières décennies, baignant dans une sorte de confort et d’indifférence. Ils ont réélu le maire sans interruption depuis 1989 malgré les nombreuses allégations faites à son endroit pendant 20 ans. Ils ont fermé les yeux sur les révélations faisant état d’un vaste système de corruption, sur des tentatives de pots-de-vin, sur des transactions financières douteuses impliquant, pourtant, leur argent…

Et plus insidieusement, les Lavallois ont accepté que le maire resserre toujours un peu plus sa mainmise sur toute la ville, qu’il élimine toute opposition, tout contre-pouvoir, toute possibilité de contestation démocratique.

Je veux bien que les citoyens aient pu profiter de taxes basses et d’un prolongement de métro, mais suis-je le seul à trouver que cela ne vaut pas le démantèlement de tout ce qui permet à une municipalité d’être ouverte, transparente et démocratique? Sinon, pourquoi avoir abandonné la monarchie?

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