Le blogue de François Cardinal

Le blogue de François Cardinal - Auteur
  • François Cardinal

    François Cardinal est chroniqueur à La Presse, spécialisé dans les affaires municipales et urbaines. Il aime la ville, toutes les villes.
  • Lire la suite »

    Partage

    Samedi 3 novembre 2012 | Mise en ligne à 8h06 | Commenter Commentaires (19)

    Des élections précipitées pour sortir de la crise?

    X00183_9

    Le maire Tremblay étant en réflexion, je me suis permis de lui écrire une lettre dans le journal d’aujourd’hui, l’invitant à partir sans délai pour le bien de Montréal.

    Mais peu importe ce qui arrive lundi, peu importe s’il démissionne au retour de son congé, il est maintenant clair qu’il quittera. Plus tôt que tard, tant la pression s’accentue chaque jour.

    Or nous sommes aujourd’hui le 3 novembre, un an jour pour jour avant les prochaines élections. Cela signifie qu’il n’y aura pas d’élections partielles. Le départ du maire, lorsqu’il surviendra, obligera plutôt le conseil municipal à voter pour choisir un successeur (la mairesse suppléante, Jane Cowell-Poitras, assurera l’intérim).

    Celui-ci viendra évidemment des rangs d’Union Montréal, qui détient la majorité des voix. Le remplaçant aura alors toute la légitimité politique pour diriger la métropole jusqu’au 3 novembre 2013.

    N’empêche, il lui manquera une certaine légitimité démocratique, à mes yeux. Le maire de la ville est habituellement élu aux suffrages universels, alors que son successeur aura été coopté par les conseillers municipaux.

    J’ai donc accueilli avec ouverture l’idée évoquée par Louise Harel, qui demande au gouvernement de tenir des élections devancées, au printemps 2013.

    Rien, dans la loi sur les élections et les référendums, ne permet à Québec de le faire. Mais rien, non plus, ne l’empêche de changer la loi.

    Cela dit, plus je réfléchis à cette option, plus je tente de cerner ses implications, moins je la trouve réaliste.

    D’abord, d’un point de vue strictement politique, il serait difficile pour un gouvernement péquiste minoritaire, à Québec, de faire passer un projet de loi qui semble avantager une péquiste, à Montréal. Le PLQ et la CAQ ne laisseraient pas passer cela les yeux fermés.

    Ensuite, des questions légalistes se posent. Si la tutelle n’est pas envisageable, c’est que l’administration de la Ville de Montréal n’est pas compromise. Or si le bon fonctionnement de la Ville n’est pas compromis, qu’est-ce qui justifie qu’on change la loi pour précipiter des élections?

    Enfin, d’un point de vue politico-juridique, une intervention du gouvernement pour déplacer une élection à date fixe serait mal avisée. On l’a certes déjà fait une fois lors des fusions municipales, mais il s’agissait d’un cas exceptionnel. On créerait donc, cette fois-ci, un précédent que ne manquerait ensuite d’évoquer les citoyens mécontents de leur maire, exigeant eux aussi des élections précipitées.

    De prime abord, devancer les élections semble être une bonne idée pour sortir la Ville de la tourmente. Mais un tel geste comporte, hélas, trop d’écueils pour être sérieusement envisagé.


    • D’accord avec vous! Panique non nécessaire… Sachant que Gérald Tremblay n’était au courant de rien (!) et que la Ville fonctionnait, on peut penser qu’elle fonctionnerait aussi bien sans maire pendant un an! Les témoignages entendus devant la Commission Charbonneau dérangent mais… respirons un peu par le nez! Un petit ménage s’impose mais peut-être qu’on devrait revoir notre vocabulaire pour bannir les superlatifs comme crise, tourmente et quoi encore, cataclysme? Haïti, la Syrie, l’Afghanistan, etc. peuvent recevoir ces épithètes. Pas Montréal, pas le Québec!
      B. Veilleux

    • “Celui-ci viendra évidemment des rangs d’Union Montréal, qui détient la majorité des voix. Le remplaçant aura alors toute la légitimité politique pour diriger la métropole jusqu’au 3 novembre 2013.”

      Non! L’argent ramassé illégalement a été placé dans les coffres d’UM, il a servi à faire élire tous ces roitelets en même temps que Tremblay. Déjà qu’un maire désigné n’a pas une grande légitimité parce qu’il n’a pas été élu par le peuple, si en plus il vient d’un parti que l’on sait être corrompu, et que son poste de conseiller a été gagné avec de l’argent sal, on ne peut certainement pas le qualifier de légitime. Le mot “moindre mal” serait pas mal plus juste.

    • Peu importe qui prendra la place de Gérald Tremblay il ne pourra que faire fonctionner la ville de Montréal que sous la loupe de l’opposition mais surtout des journalistes qui seront à l’affût de tout ce qui s’y passera, de toute façon ce serait la même chose avec une tutelle.

      Deplus je crois bien que tant l’opposition que l’union Montréal ont réellement besoinde la prochaone année pourpeaufiner leurs actions et programme électoral, mais un an pour Denis coderre ce sera très long maintenant qu’il est très caire qu’il va se présenter. Les opposants ont tout le temps nécessaire pour lui faire la peau, et c’est déjà commencé, un petit $2 il ne se présentera pas. Nous aurons droit à un Gomery II, il était très proche d’un qui a plaidé coupable, ert de deux tout aussi proche des italo-libéraux.

    • Il ne faut pas d’élections anticipées surtout parce qu’il faut laisser le temps à Coderre d’arriver et de s’organiser. Je n’aime pas Coderre, mais si ça prend sa candidature pour empêcher les talibans anti-automobilistes Richard Bergeron et sa bande d’écolos déjantés de prendre le pouvoir, je suis prêt à voter pour lui. Qu’on me comprenne bien : je ne suis pas contre l’amélioration des transports en commun, par exemple, bien au contraire. Mais Bergeron, lui, ne veut pas seulement l’amélioration des transports en commun, il veut surtout écoeurer les automobilistes à tout prix et de toutes les façons : réduire drastiquement la capacité du futur pont Champlain, une taxe pour entrer au centre-ville en auto, hausse des tarifs de stationnement, diminution radicale du nombre de places de stationnement, hausse de la taxe sur l’essence, etc. Ce gars-là est ben trop dangereux pour le mettre au pouvoir.

    • ON devrait mettre la ville en faillite et repartir sous un autre nom

      c gaucher

    • Les deux oppositions à Montréal portent leur part de culpabilité dans cet incroyable fiasco. Elles ne constituent en aucun cas une alternative crédible.

      Des extrémistes irréalistes d’un coté (Bergeron et son ineffable maire du Plateau) et une péquiste de l’autre qui ne comprend rien à la dimension anglophone de Montréal, vllle qui contient une autre ville anglophone de la taille de Winnipeg. Sans compter la communauté des affaires de Montréal dont tout le monde se fout complètement sauf pour les impôts qui font vivre le reste de la province.

      Avant de penser à une date électorale, il faut un leader capable de sortir Montréal de ce marasme qui dure depuis beaucoup trop longtemps et qui puisse être assez fort pour mettre fin aux tactiques du gouvernement provincial pour neutraliser Montréal sur le plan politique. Tout un défi. Il faudrait ressusciter Jean Drapeau.

      Michel Sylvestre

    • Pas d’élections avant la date prévue soit dans un an. La personne qui assurera l’intérim ainsi que les politiques et les fonctionnaires travailleront avec 1 million de loupes braquées sur eux. Pas besoin d’élection.

      Ce n’est pas à Québec, ces ignorants de la réalité montréalaise, de nous dicter quoi que ce soit. Benoît Aubin du Journal de Montréal dit à peu près la même chose (en terme plus polis) dans son texte de jeudi, 1er novembre titré: Montréalais, debout!

      http://www.journaldemontreal.com/2012/11/01/montrealais-debout

    • «Avant de penser à une date électorale, il faut un leader capable de sortir Montréal de ce marasme qui dure depuis beaucoup trop longtemps et qui puisse être assez fort pour mettre fin aux tactiques du gouvernement provincial pour neutraliser Montréal sur le plan politique. Tout un défi.» Michel Sylvestre

      Oui, bonyenne! Ce problème est au moins aussi important que la corruption. Depuis des décennies que le gouvernement du Québec -pour se gagner des votes en régions- isole Montréal et le neutralise même. Prenez juste comme exemple que le vote de 1 Montréalais vaut la moitié du vote de n’importe qui habite en région. C’est pas les régions qui vont s’en plaindre et c’est pas les gouvernements successifs à Québec qui vont changer cette injustice fllagrante.

      Ysabel Labonté

    • Tellement heureuse de ne plus habiter un tantinet à Montréal! Je m’explique : notre condo – une maison en rangée – se trouvait à 90% dans une ville fusionnée à Montréal. L’autre 10% se trouvait dans la municipalité défusionnée du reste du syndicat.

      Avant les fusions, nous recevions deux comptes de taxes municipales. Puis, avec les fusions et défusions, nous avons reçu, pendant quelques années, TROIS comptes de taxes municipales (sans compter les deux comptes de taxes scolaires, pour la même commission scolaire!!!)

      Il y a 3-4 ans, il y a eu redécoupage des municipalités : nous dormons enfin, mon conjoint et moi, dans la même ville sans avoir changé de lit! Bien sûr, la journée de collecte des déchets et du recyclage a été modifiée (mais nous avons toujours la possibilité d’aller porter le tout chez nos voisins!) mais il s’agit là du plus gros changement de nos vies!

      Euh, non, pas le plus gros changement… Lorsque le redécoupage a été fait, notre municipalité nous a envoyé un compte de taxes de 2 000 $! Pour une propriété de moins de 250 000$ pour laquelle nous avions déjà payé 3 000 $ de taxes!!! Whoaaaa! Une visite à l’hôtel de ville s’imposait, et vite! Dès notre entrée, on nous a dit “Ah, vous habitez sur la rue XYZ? Ne vous en faites pas, vous allez bientôt recevoir un remboursement de taxes de l’arrondissement ABC de la ville de Montréal”. Dubitatifs, nous sommes ressortis et avons effectivement reçu, une quinzaine de jours plus tard, un remboursement de taxes nous permettant de payer ce compte inattendu… et d’empocher 500$ par année pendant deux ans (période de taxation visée). Wow! À quelques jours de Noël, un remboursement d’impôts fonciers de 1 000 $!!!

      Et le plus beau, c’est que notre ville défusionnée, qui nous coûte moins cher d’impôts, nous offre plus de services : piscines intérieures (il y avait même très peu de piscines extérieures dans l’ancienne ville!), gymnase, salles de réunions (très pratiques pour les réunions de syndicat de condos), et j’en passe.

      Ma ville défusionnée me coûte moins cher et m’offre plus que la ville de Montréal. J’avais beau conter cette histoire, mais lors des dernières élections municipales, environ 30% des citoyens se sont prévalu de leur droit de vote. J’étais abasourdie!

      Pourtant, je suis persuadée que le maire Tremblay, en s’accrochant au pouvoir, fait la bonne chose pour la ville de Montréal. Pourquoi? Parce qu’elle donne plus de temps à la commission Charbonneau de démontrer que le temps du changement est venu… et fouetter les citoyens et les inciter à aller voter! J’en ai tellement entendu se plaindre de l’administration Tremblay… mais qui ne sont pas allés voter…

    • Des élections précipitées ne donneraient rien dans les circonstances étant donné que personne n’est organisé en conséquence. Pas d’amateurisme s.v.p. CQFQ?

    • Les média s’ingénuent à trouver des scandales mais ne poursuivent jamais l’enquête pour tenter de trouver des coupables. Dès que leur nouvelle s”EXCLUSIVES” sont publiées et qu’elles font vendre le journal, ils blament les politiciens et regardent ailleurs.
      Ces média s’en prennent toujours aux élus comme font les patis de l’opposition sans objectivité . Nos politiciens sont loin d’être parfaits mais dans la grande majorité des cas il serait préférable de trouver les fonctionnaires responsables plutot que demander aux élus de démisisonner.

    • Pas d’élections anticipées…surtout pas Mme Harel. Juste arrêter le projet Bonaventure et, surtout, toujours poser la question sur la provenance des fonds de chaque promoteur immobilier. Une étude récente dans The Economist montrait que le Canada est l’un des endroits les plus suspects pour la création de compagnie à numéro servant au blanchiment d’argent…

    • Coderre a reçu des dons d’origine douteuse

      http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-canadienne/201211/01/01-4589517-coderre-a-recu-des-dons-dorigine-douteuse.php

      La même gang qui défile à la commission Charbonneau.

      Je ne veux rien écrire de non prouvé mais le simple fait qu’il était à Ottawa sous Chrétien et son rôle pour le PLC au Québec m’enlèvent l’envie que je n’avais déjà pas de voter pour lui.

      Pourrait-on avoir un maire sans réputation déjà ternie svp? Et puis du neuf et pas du vieux stock recyclé? (Je fais exception pour le maire d’arrondissement Ménard, et l’Allier a fait du bon travbail à Québec. Mais Harel, Coderre, Tremblay… pu capab.)

      Et puis Coderre, c’est de la politique vieux style. Je n’en veux pas.

      ~~~~~
      occasional5

      4 novembre 2012
      08h19
      Les média s’ingénuent à trouver des scandales mais ne poursuivent jamais l’enquête pour tenter de trouver des coupables.

      ~~~~~
      Moi je trouve au contraire que les médias ont nommé des noms.

      Ce n’est pas de la naïveté, c’est pire. De l’aveuglement volontaire. On a vu ce que ça donne…

    • Merci à mgsylvestre pour ce magnifique parallèle entre Montréal et Winnipeg. J’en ajoute sur le sujet : dans les deux villes il est presqu’impossible de passer une journée complète uniquement en français et encore moins d’y vivre, socialement du moins. Alors pourquoi s’attarder (comme dans, vivre en péquenot arriéré) à avoir un Maire qui parle français, je vous le demande ?
      Je vous rappelle au passage que ce n’est pas la communauté des affaires de Montréal qui fait vivre le Québec via impôts mais bien sa classe moyenne. Ceci dit, vous pouvez porter votre carré doré tant que ça vous plaira, ça fait chic.

      Un merci, réel celui-là, à montrealaise. En effet il n’est pas utile de demander à la Capitale d’intervenir sauf sur un point : mener des consultations pour que Montréal finisse par avoir, en délais raisonnables, une constitution propre y compris une plus grande imputabilité des élus ainsi que des clauses de retrait au besoin… mais avec beaucoup de mesure. Les élus méritent au moins la présomption de bonne foi sinon celle de non-culpabilité (je n’ose écrire innocence avec Tremblay en poste, il en a déjà assez la tête).

    • Au sujet de M. Coderre quand il était à Ottawa (article de 2005 du Devoir).

      « L’argent des commandites a facilité l’élection de Denis Coderre et d’Yvon Charbonneau et il a servi à rémunérer des attachés politiques encore actifs à Ottawa, a révélé hier l’ex-directeur général de la section Québec du Parti libéral du Canada (PLC-Q) contre vents et marées.»

      http://www.ledevoir.com/non-classe/81440/gagliano-aurait-prie-corbeil-de-se-taire

      Un peu plus prouvé, mettons.

      Ce cher Gagliano.

    • Je viens de lire les commentaires des différents blogueurs, il me semble qu’il y a un certain consensus que la Ville de Montréal a bien besoin d’un candidat complètement nouveau en politique doté d’un bon sense politique, pour moi Bergeron peu réaliste et Harel d’une autre génération passée date et Coderre trop relié à Gomery et les italos politicailleux ne sont pas ce dont Montréal a de besoin, il doit bien y avoir quelqu’un d’intéressé et interessant quelque part. C’est à lui de sortir de l’ombre et se vendre.

    • moi je ferais un referendum pour l’independance de Montreal

    • Si M.Tremblay démissione, je ne crois pas que des élections anticipées soient la meilleure solution, car cette élection partielle à la mairie coûterait environ 10 M$. Alors, en plus de payer les coûts de la corruption, les Montréalais devraient payer pour les coûts et les conséquences de l’aveuglement du maire (et de ses prédécesseurs)? Pas sûr…La moins mauvaise des solutions serait que les membres du conseil choississent l’un des leurs pour diriger Montréal pendant 1 an. Même si cet élu aurait moins de légitimité qu’un maire élu par la population, on pourra traverser les 12 prochains mois avec un «suppléant» dans un semblant de normalité, en attendant l’élection générale. Ce scénario pourrait fonctionner à certaines conditions: si ce maire de remplacement se tient tranquille, ne fait pas de vagues et joue son rôle d’intendant, en collaborant régulièrement avec l’opposition pour que le conseil municipal demeure fonctionnel. Bref, en faisant son travail sous le signe du consensus, et pas sous la forme de «business as usual».

      Ce qui m’amène à la réflection suivante: serait-il le temps d’instaurer au Québec une procédure de «recall» pour certains élus, comme aux États-Unis? Je n’ai jamais aimé cette solution car elle ouvre la voie à des dérives partisanes, mais si c’est bien balisé pour s’en tenir à un rappel dans certaines circonstances précises, pourquoi pas! Au point où nous en sommes, ça vaut la peine d’être étudié.

      J.Legoaler

    • Il n’y aura pas de partielle.

      Je suis pas mal convaincue par les arguments de M. Cardinal pour l’élection précipitée.

      On espère que Mme Cowan sera une bonne mairesse par intérim? J’aimerais en savoir plus sur elle…

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    décembre 2014
    D L Ma Me J V S
    « oct    
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    28293031  
  • Archives

  • publicité