Le blogue de François Cardinal

Archive, novembre 2012

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Gilles Duceppe songe-t-il à la mairie de Montréal? Il ne dit pas oui. Mais plus révélateur encore, il ne dit pas non…

En entrevue avec René-Homier-Roy, hier matin, l’ancien chef bloquiste ne s’est pas laissé prier lorsqu’est venu le temps de parler de sa possible candidature en novembre 2013. Sans dire qu’il envisageait clairement la chose, il a à tout le moins entrouvert la porte.

J’oserais même dire qu’il l’a ouverte. Trois indices me le font croire.*

Premier indice : l’idée est logée quelque part dans son cerveau…

L’animateur de C’est bien meilleur le matin a commencé par énumérer les fonctions qui pourraient intéresser Gilles Duceppe : la mairie de Montréal, un poste au sein du PQ et un retour au Bloc qui n’arrive pas à rebondir.

Êtes-vous intéressé par un de ces postes, lui a demandé Homier-Roy de façon très large? Duceppe a répondu de manière plutôt affirmative et surtout, il a répondu en évoquant uniquement la mairie de Montréal. Comme si les autres choix n’en étaient pas.

«Je suis intéressé par toutes les dimensions de notre vie en société. Je ne peux pas être Montréalais et fermer les yeux sur la terrible situation à Montréal», a-t-il répondu.

Deuxième indice : il a, manifestement, déjà réfléchi aux qualités nécessaires pour diriger Montréal…

Lorsque Homier-Roy a poussé son invité un peu plus loin en évoquant «le momentum» à Montréal, la réponse de Duceppe a fusé, sans hésitation aucune. «On ne doit pas chercher un sauveur, mais une équipe solide qui propose quelque chose de cohérent aux Montréalais», a-t-il indiqué.

Il a aussitôt cité Jean Drapeau, autant l’ère DesMarais que Saulnier, et le tandem Jean Doré-Michael Fainstat en citant les dates de ses mandats par cœur. Puis il a laissé entendre que Pierre Bourque et Gérald Tremblay n’étaient pas autant à la tête d’équipes fortes que de regroupements sans orientations claires.

«Par la suite, on trouve l’addition de personnes qui forment une équipe, a-t-il ajouté. Or on ne construit pas une maison en additionnant les briques. Ça nous prend un plan, puis après cela, on pose les briques.»

Troisième indice : il a les yeux braqués sur l’hôtel de ville…

Fait intéressant, aussitôt la dernière phrase prononcée, Homier-Roy a tenté de lui poser une question… pour être coupé par Duceppe, qui souhaitait poursuivre sur sa lancée. Il a du coup ouvert un peu plus son jeu…

«Il faut être attentif à ce qui se passe, a-t-il dit. Il y a deux partis qui sont là, à Montréal. Un troisième est en train de disparaître. Regardons ce qui se passe. De là, si jamais il y a des personnes intéressées qui se disent : je suis compétent, j’ai le goût et c’est mon devoir…»

Homier-Roy ajoute un commentaire et au même moment, puis Duceppe lâche le morceau : «Ce sont les trois questions auxquelles je dois répondre.»

Vrai, par la suite, l’ancien élu fédéral a ajouté qu’il ne se posait pas ces questions, non sans ajouter… «actuellement». Façon de dire qu’elles pourraient bien, éventuellement, se poser…

Une bonne nouvelle, à votre avis, cette porte ouverte?

* Ajout: l’ami Yves Bellavance me propose un quatrième indice: Gilles Duceppe était, lundi, au Rendez-vous 2012 – Montréal, métropole culturelle…

***

Selon le sondage de La Presse du mois passé, Duceppe récolterait 14 %, contre 26 % pour Coderre. Mais cela, dans une question de sondage qui comporte six choix de réponses et qui concernait Union Montréal. On ne sait donc pas lequel, entre Coderre et Duceppe, récolterait les voies éparpillées ailleurs…

Rappel des résultats :

Denis Coderre: 26%

Gilles Duceppe: 14%

Luza Frulla: 8%

John Parisella: 5%

André Boisclair: 4%

Michael Fortier: 2%

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Mardi 27 novembre 2012 | Mise en ligne à 7h40 | Commenter Commentaires (44)

Denis Coderre a-t-il mis la charrue devant les bœufs?

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Denis Coderre n’a pas encore annoncé son intention de se présenter à la mairie de Montréal. Mais cela ne l’empêche pas de profiter des plus importantes tribunes pour mousser sa candidature-qui-n’en-est-pas-une.

Il y a évidemment, pour lui, des avantages à se lancer tôt : il se positionne avant tout le monde, fait peur à la concurrence, se fait incontournable.

Mais il y a aussi un revers à cette précipitation : elle démontre que le poste de maire est plus important, aux yeux de Denis Coderre, que ce qu’il veut en faire.

Je m’explique. Ayant décidé sur le tard de ne pas se présenter à la tête du PLC, M. Coderre n’a pas encore consacré beaucoup de temps à réfléchir à l’avenir de Montréal. Ce qu’ont confirmé ses sorties aux émissions Tout le monde en parle et Bazzo.tv.

Certes, il connaît cette ville qu’il représente à la Chambre des communes. Mais il lui manque cette connaissance fine du fonctionnement de la Ville, de ses qualités et défauts, de ce qui cloche et des solutions à apporter. Il lui manque aussi cette connaissance des différents enjeux urbains lui permettant d’aborder Montréal de façon large, tout en maîtrisant chacune de ses composantes.

Je ne dis pas que l’homme est totalement dépourvu d’idées, comprenez-moi bien. Il veut, par exemple, créer une «police du contrat» responsable d’un registre des compagnies vertueuses avec laquelle la Ville peut faire affaire. Il veut obliger les fonctionnaires responsables des infrastructures à changer de poste aux deux ans pour éviter la corruption et la collusion.

Il veut aussi faire de Montréal «la ville la plus en forme du pays», développer le «Montréal numérique», redéfinir «la signature architecturale» de la métropole.

Mais ces idées pêle-mêle (certaines semblent tout droit sorties d’une séance d’improvisation ayant pour titre «je veux être maire de Montréal») ne constituent certainement pas une vision. Tout au plus démontrent-elles le talent de ce politicien caméléon.

Pour plusieurs, cela est suffisant à douze mois de la prochaine élection. Après tout, Denis Coderre a amplement le temps de s’accoutumer à Montréal, de développer ses idées, d’élaborer des projets plus concrets.

Ce qui est vrai. Mais le problème aux yeux de l’idéaliste que je suis, c’est que Denis Coderre compte développer sa vision de Montréal… maintenant qu’il a décidé de se présenter à la mairie (une décision prise «à 90 %» a-t-il dit).

La fin précède les moyens, en quelque sorte : je veux être maire, donc je développe une vision pour y arriver.

L’inverse aurait été plus souhaitable : j’ai une vision, donc je veux être maire pour l’appliquer.

Inutile de me dire que cela ne change rien. Inutile de me répondre que ce la ne nuira pas à ses chances de se faire élire. Je le sais. Mais je n’en suis pas moins agacé.

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Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin, concrètement. Cette semaine, Nik Luka, professeur agrégé aux écoles d’architecture et d’urbanisme et associé à l’École de l’environnement de l’Université McGill, se prête au jeu.

NL_2011_6À Montréal, nous adorons faire des plans et des projets. Mais la réalisation est toujours un défi. Alors que la Ville de Montréal cherche l’implication des citoyens aux soirées Demain Montréal, cet automne, je propose quatre pistes de réflexion.

1. Arrimer les activités d’entretien et de remplacement des infrastructures avec les projets d’amélioration du domaine public.

C’en est assez! La Ville doit s’organiser pour profiter des grands travaux sur les égouts et les aqueducs pour refaire les chaussées et les trottoirs dans une optique d’amélioration de la qualité de l’espace public pour les piétons, les cyclistes et les usagers des transports en commun. Planifier, c’est synchroniser les activités des divisions des travaux publics, du déneigement, de l’aménagement, du développement économique et des autres.

2. Faire progresser nos discussions et nos démarches sur la densification des quartiers existants, en ville et en banlieue.

Il est temps d’avoir un débat public sur ce sujet. Les retombées positives de la densité bien gérée se révèlent de manière splendide dans nos vieux quartiers recherchés, comme le Plateau. La demande pour vivre en ville est bien documentée, surtout pour les ménages avec enfants qui cherchent à demeurer dans les quartiers où la voiture n’est pas nécessaire. Nous avons suffisamment de tours remplis d’appartements-garde-robes de 40 m2! Où sont les promoteurs intéressés par d’autres types de projets?

3. Investir massivement dans l’amélioration des transports en commun, tout en réduisant le trafic de transit dans les quartiers centraux.

Québec et Ottawa doivent nous entendre : donnez-nous les moyens d’avancer sur ce dossier ! Et profitons-en pour revoir le projet de l’échangeur Turcot conçu par le MTQ. On n’est plus en 1960 !

4. Profiter davantage des forces de la société civile.

Puisque la bonne planification ne se fait pas à huis clos, il faut impliquer les citoyens de façon systématique. Nous ne pouvons nous contenter de consulter, il faut engager les usagers dans les processus.

Nous sommes chanceux de vivre dans une ville comme Montréal. Profitons de ce moment de grands changements pour en faire la ville que nous voulons.

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