Le blogue de François Cardinal

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  • François Cardinal

    François Cardinal est chroniqueur à La Presse, spécialisé dans les affaires municipales et urbaines. Il aime la ville, toutes les villes.
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    Lundi 29 octobre 2012 | Mise en ligne à 7h30 | Commenter Commentaires (13)

    André Bourassa: «La fin de la culture du plus bas soumissionnaire»

    Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin, concrètement. Cette semaine, André Bourassa, président de l’Ordre des architectes du Québec, se prête au jeu.

    abourassa2010_7Bonne nouvelle : grâce aux révélations de la commission Charbonneau, nous pourrons dégager 2 ou 3 % du montant des contrats de construction attribués à Montréal, sommes que nous pourrons détourner de la poche mafieuse pour réaliser des infrastructures plus durables et plus inspirantes.

    Je plaisante à peine. Il faut saisir l’occasion des révélations sur la collusion et la corruption dans l’octroi des contrats pour changer à tout jamais la culture du plus bas soumissionnaire, qui ne mène nulle part. Dans une ville UNESCO de design, la créativité s’achèterait au rabais?

    Montréal doit porter une vision et maîtriser ses outils de réalisation. Certes, la métropole aurait besoin d’une structure politique simplifiée. Mais sans vision, cette structure « revue et améliorée » ne servira qu’à mettre en œuvre avec une meilleure méthode des projets qui ne seront pas forcément meilleurs.

    Vous rêvez d’un maire-messie qui sauverait l’âme de Montréal et son aménagement urbain? Permettez-moi de ne pas y croire. Je privilégie plutôt la voie d’un partenariat réel entre les professionnels et les décideurs. Sous le couvert de saines règles de gouvernance – que certains n’ont par ailleurs pas hésité à piétiner au besoin, comme nous le rappelle l’actualité –, on a graduellement antagonisé ces professionnels chevronnés, maintenant perçus comme des adversaires. Or, pourquoi ne pas imaginer les architectes, urbanistes et autres professionnels de l’aménagement compétents et passionnés aux côtés des instances décisionnelles?

    Il faut le rappeler : la recherche des meilleures idées, notamment au moyen de concours d’architecture ou de design, n’a pas pour but de faire plaisir aux professionnels concepteurs, mais bien de réaliser un environnement attrayant et agréable de manière rentable. En d’autres mots, de servir le bien commun. Cette créativité, ces meilleures idées donneraient naissance à des projets qui seraient non seulement plus harmonieux, mais surtout plus réussis, plus fonctionnels et plus durables.

    Très concrètement, Montréal et sa grande région ont besoin d’une densification qui doit être menée intelligemment tout en protégeant et en mettant en valeur la zone agricole de proximité. Le secteur Blue Bonnets doit être exemplaire et devenir la vitrine d’un quartier durable digne du Plan métropolitain d’aménagement et de développement récemment adopté : un premier pas qui nous permet d’entrer dans le 21e siècle. Enfin, Montréal ne doit absolument pas rater l’occasion qui lui est offerte de réaliser sur le Saint-Laurent un pont qui sera créatif, élégant et novateur.

    La métropole n’est pas la ville canadienne la plus riche, mais elle ne manque pas de matière grise. Elle a l’avantage de compter sur une créativité qui lui permet de pouvoir faire plus avec moins. Tous ces gens créatifs doivent travailler de concert avec les décideurs, simplement.

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    • ..Le mirage ou la pensée magique du «plus bas soumissionnaire».

      Une bien étrange théorie que celle du «plus bas…». En effet, un donneur d’ordres évalue méticuleusement (du moins on ose le croire)le coût de travaux à réaliser. Il procède ensuite à un appel d’offres et accorde le contrat à celui qui propose de réaliser le tout à un prix souvent substantiellement inférieur à son évaluation professionnelle.

      Et après, il faudrait se surprendre si on se ramasse avec des ouvrages qui tombent en ruines peu de temps après. Ou bien il faudrait se surprendre quand «le plus bas…» arrive avec des «extras»?

      Tout cela me rappelle des travaux de réno que j’avais confié à une entreprise que je croyais sérieuse et qui m’avait fourni une évaluation que j’avais estimée convenable. Ce que j’ignorais c’est qu’après avoir obtenu le contrat, cette bande d’escrocs en confiait l’exécution en sous traitance pour une somme moindre et empochait la différence. Pas étonnant que l’on coupait les coins ronds lors de l’exécution.

      Voir des professionnels se réjouir que des soumissionnaires arrivent plus bas que les évaluations
      a toujours eu quelque chose de profondément inquiétant. On se demande quel raisonnement tordu a pu entrainer pareille dérive.

      Comme le disait le slogan de Jean Lesage en 1960:« C’est le temps que ça change».

    • Oups! Signature: J-F. Couture.

    • @ jeanfrancoiscouture: je ne travaille pas en construction, mais dans mon domaine, oui, cela arrive régulièrement que les travaux soient faits moins cher que l’évaluation. En fait, lorsque je fais une soumission, je suis pratiquement certain que le résultat final sera différent de l’évaluation. C’est presque inévitable.

      Ce qui arrive au final dépend de ma relation avec le client. Si c’est une relation de confiance, alors le client va profiter de la situation: il va payer moins cher! Par contre si l’inverse se produit, le client va être compréhensif lorsque j’arriverai avec des dépassements de coût. C’est ça que ça veut dire le mot “confiance”. Les autres clients vont payer systématiquement plus cher, car je vais faire en sorte de ne pas perdre.

      Malheureusement, la commission Charbonneau nous apprend qu’il ne faut absolument pas faire confiance à nos politiciens, à nos fonctionnaires, et aux entrepreneurs en construction avec qui ils colluent. Too bad.

      Remarquez que je ne suis pas surpris. J’ai fait un seul contrat “de gouvernement” en quinze ans. Une grave erreur. À cause de l’intervention d’une tierce partie (le contrat était financé à 50% par l’industrie), ma compagnie avait déplacé le fournisseur-chouchou du fonctionnaire en charge. Croyez mois que le fonctionnaire a fait tout en son pouvoir pour faire échouer le projet. L’horreur. Je n’ai plus jamais touché à ça. Beurk.

      G. Lalande

    • @ jeanfrancoiscouture

      Pour avoir été du côté de ceux qui répondent aux soumissions, normalement, quand il y a dépassement de coût, chaque cas est évalué. Un général, celui qui donne el contrat a un certain niveau de compréhension. De plus, chaque cas est évalué pour savoir à qui revient la responsabilité. Si c’est celle de celui qui exécute le contrat, ce sera à sa charge. Je n’étais pas dans le milieu de la construction par contre.

    • @jeanfrancoiscouture

      Les honoraires de surveillance des professionels sont pour la plupart du temps ajustés selon le coûts finaux de la réalisation des projets. L’ouverture des soumissions étant un point contrôle, si le plus bas summisionnaire est subtanciellement plus haut que l’estimation de contrôle, eh bien, en principe, il ne devrait pas y avoir de réalisation du projet sans questionnement; quand tu apprends que la blus base soumission est en dessous de l’estimation de contrôle, tu te réjouit que ton projet risque de se réaliser dans son intégralité sans être obligé de rétourner sur les “tables à dessin” et sans rétourner en appel d’offres. Cela étant dit, ce qu’il faut au Québec, c’est une loi qui encadre les acquicisions de la fonction publique; pour un projet X, est-ce qu’on veut une technologie qui va faire avancer la science? une technologie qui reste à développer? ou une technologie déjà commercialisé qui n’a besoin d’un minimum d’encadrement contractuel qui ouvre la port à un plus grand spectre de soumissionaires potenciels pour le meilleur prix. Là où le bas blaise c’est que pour un projet innovateur, il y a souvent un devis de performance flou et il faut comme même être plus bas soumissionaire pour l’obtenir… faut pas chercher midi à 14h, cela explique les ecarts de conduite, ce n’est pas pour rien qu’on nous appels ingénieurs…

    • désolé. Signé Tomas Agusto Mileño

    • La question de la règle du plus bas soumissionnaire fera certainement couler encore beaucoup d’encre. Théoriquement, elle est équitable puisque dans son application tous peuvent participer au appel d’offre et que le donneur d’ordre ne peut privilégié une compagnie en lui accordant d’une manière discrétionnaire le contrat. Cependant, nous le voyons elle a ses points faibles. Pour contrer le problème, il y a de grande compagnie qui ont adopté l’enchère inversé. Au lieu de procéder par enveloppe sceller et découvrir le gagnant au moment de l’ouverture des enveloppes, l’on procède à un encan avec comme point de départ le montant maximal que le donneur est prêt à donner et les participant renchérissent en offrant un prix plus bas. Le hic est que pour participer il faut être pré qualifier. Ce n’est pas n’importe qui participe. Ça présente l’avantage qu’il y a moins de négociation. La formule est intéressante et mérite d’être développé.

    • Une chose me frappe à ce sujet.

      J’ai eu l’occasion de voyager en Scandinavie (Oslo, Stockholm) et en Russie (St-Petersbourg). Le clilmat n’est pas moins clément que le nôtre, mais leurs rues sont en bon état. Les rues à Montréal sont par comparaison dans un état épouvantable.

      Il y a certainement moyen de remédier à ce problème.

      On paie beaucoup trop cher (corruption), et on n’a pas la qualité.

      Michel Sylvestre

    • On oublie trop souvent que l’architecture n’a rien de standard. Chaque projet est unique, chaque détail comporte ses spécificités, chaque programme couvre des besoins différents. Autant pour les concepteurs que pour les constructeurs donc, une mer d’inconnue se dresse d’emblée à l’approche d’un projet nouveau. Même en travaillant d’arrache pied pour tout prévoir, le rythme accéléré des chantiers (fast track) force l’ensemble des intervenants à prendre des raccourcis. Ce phénomène se traduit par le concept, dorénavant bien connu, des ”extras”. Mais pourquoi mettre autant de pression pour aller vite quand il faut tout refaire à terme?

      Aussi, en comparaison avec une chaîne de production en usine, où l’on ajuste la productivité avant la commercialisation, l’architecture se réalise dans une usine à ciel ouvert (itinérante de surcroît), laquelle ne permet pas la même exactitude. Ce n’est pas négligeable quand vient le temps d’expliquer les dépassements de coûts.

      Ainsi donc, pour qu’un projet réussisse, il n’est pas seulement question d’assembler des matériaux, de garantir un certain niveau de qualité et une mise en oeuvre circonscrite dans période de temps donnée. La réussite d’un projet repose sur une main d’oeuvre qualifiée, expérimentée et allumée.

      Qualifiée, expérimentée, allumée. Qu’est-ce que ces trois mots ont en commun avec ”le plus bas soumissionnaire”?

      Pour finir, une bonne planification alliée à une conception reflétant les besoins réels et identifiés me semblent d’autres pistes de solution pour s’en sortir avec les chantiers bâclés qui sont constamment à refaire. Sachant cela, ne devrait-on pas se tourner un peu plus vers les architectes, designers et urbanisme? Poser la question c’est y répondre.

      La qualité de notre environnement bâtit en dépend.

      Francis Huneault

    • Vous voulez appuyer un projet novateur et porteur d’une belle vision pour Montréal. Je vous invite à venir découvrir le Pont Champlain – Pour un corridor vert surélevé!

      Une idée ayant fait consensus et demandant aujourd’hui l’appui de 100 000 personnes pour être présentés aux partis politiques fédéraux.

      Adresse de la page Facebook: http://www.facebook.com/PontChamplainPourUnCorridorVertSureleve?ref=hl

    • Vous voulez appuyer un projet novateur et porteur d’une belle vision pour Montréal. Je vous invite à venir découvrir le Pont Champlain – Pour un corridor vert surélevé!

      Une idée ayant fait consensus et demandant aujourd’hui l’appui de 100 000 personnes pour être présentés aux partis politiques fédéraux.

      Adresse de la page Facebook: http://www.facebook.com/PontChamplainPourUnCorridorVertSureleve?ref=hl

    • Pour une densification en hauteur, il faudrait se débarrasser de notre aéroport urbain.

      Josette Lincourt

    • Mr Cardinal , ça serait intéressant si un jour vous nous expliquiez l’organigramme des fonctions de la ville de montréal , genre le maire . le Dg etc..

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