Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin, concrètement. Cette semaine, Hélène Lépine, présidente directrice générale, Y des femmes de Montréal (YWCA), se prête au jeu.
Saviez-vous qu’il existe trois types d’itinérance chez les femmes : visible (femme vivant dans la rue), cachée (sans domicile fixe) et organisationnelle (utilitaire de ressources institutionnelles)?
L’accès à un logement abordable et sécuritaire compte parmi les facteurs de reconstruction les plus significatifs pour ces femmes et ces filles.
Montréal a besoin d’investir dans le secteur du logement social autant de financement que de confiance dans ces femmes qui n’ont pas toujours les moyens de participer à la société à la mesure de leurs capacités.
Ce principe s’applique a fortiori aux jeunes femmes ; clientes des centres jeunesse, jeunes mères, jeunes immigrantes ou parrainées. En début de vie, et particulièrement vulnérables aux abus, à la violence, voire au recrutement dans les gangs de rue et l’exploitation sexuelle, les jeunes Montréalaises méritent une attention toute particulière. Après tout, ne sont-elles pas une force vive indispensable de la société de demain ?
Le Y des femmes de Montréal, à travers les années et ses différents services d’aide, a développé un historique d’expériences et d’expertises auprès des femmes et des filles. Depuis 137 ans l’hébergement sécuritaire est au cœur de la mission parce que, entre autres, un domicile fixe est un facteur fondamental à partir duquel on peut s’accomplir.
Aujourd’hui, le Y des femmes s’apprête à mettre en place un projet pilote s’adressant à des filles et des jeunes femmes à risque et vivant l’exclusion sociale. En intégrant les bonnes pratiques et les approches propres à ses différents services et en collaboration avec les ressources travaillant auprès de cette population, ce projet offrira un espace sécuritaire où ces jeunes femmes et filles pourront apprendre, expérimenter et se développer sans jugement et avec soutien.
Montréal a besoin de relever de multiples défis particulièrement en ce qui concerne le développement social et économique et se doit de valoriser la contribution de toutes ses citoyennes : femmes dignes, fières, autonomes, inventives, participatives, et accomplies.
Montréal a besoin de logements pour elles afin d’appuyer leur participation citoyenne à part entière.
Assurons-nous de préserver aux femmes et aux filles des logements décents, abordables et sécuritaires, ainsi que les ressources nécessaires à leur plein épanouissement, au cœur même de Montréal.
Tags: Blogueur invité

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stephanie2009
9 octobre 2012
08h33
Ça pourrait donner un bon coup de pouce aux femmes vivant de prostitution et désirant s’en sortir.
Cependant, de façon générale, il faut construire plus de logements sociaux afin d’aider les itinérants des deux sexes à se sortir de la rue.
celine4
9 octobre 2012
08h50
Et les hommes, eux! Les logements sociaux ne devraient pas avoir de sexe. L’itinérant et l’itinérante doivent etre traités également. L’argent des contribuables ne doit pas servir a la discrimination. Les réseaux pour femmes sont disproportionnés par rapport aux services disponibles pour les hommes. On voit bien les résultats avec les nombreux drames familiaux des dernieres années. Madame Lépine, les femmes ont exigé l’égalité. Pas seulement quand ca fait l’affaire pour celles en haut de l’échelle sociale. Je trouve vos propos pour le moins étranges en 2012!
lagatta
9 octobre 2012
09h43
Je ne vois en rien comment un programme qui s’adresse aux jeunes femmes enlève quoi que ce soit aux hommes, jeunes ou moins jeunes.
Parfois, c’est nécessaire de faire de la “discrimination positive” pour des clientèles cibles: des jeunes femmes qui ont vécu l’exploitation sexuelle aux mains des gangs de rue et autres proxenètes, ou de la violence conjugale, des personnes (hommes ou femmes) homosexuelles ou transexuelles qui sont discriminées dans les logements de transition, les Indigènes (notamment ceux qui viennent de très loin comme les Inuit, les Cri nordiques, certains Innu etc) qui ont bien du mal à intégrer une société “du Sud” totalement étrangère et peu d’outils pour le faire.
Il faut plus de logements sociaux non seulement pour aider les itinérants à quitter la marginalité mais aussi pour éviter que les personnes avec des revenus précaires à y tomber en cas de drame. Et la plupart de ces personnes travaillent, en 2012. La précarisation du travail et la montée en flèche du prix du logement signifient qu’un “bad luck” économique ou personnel (souvent les 2 conjugués) peut signifier la rue ou le logement itinérant.
Je ne suis pas contre la construction des condos et le fait d’attirer des gens plus prospères en ville, c’est nécessaire pour la santé du milieu urbain et pour contrer l’étalement, mais il ne faut pas oublier qu’une ville a besoin de travailleurs humbles des services, et une ville créative a besoin d’artistes de tous les domaines. J’habite une coopérative et ne sais pas où je serais sans cette forme de logement.
Par contre, je vois mal une personne de la rue participer tout de suite à cette forme de logement social qui exige une implication importante de la part de tous les membres. Le Y des femmes poursuit et actualise sa mission (au début, les deux Y avaient pour mission d’éviter que les jeunes arrivés de la campagne pour travailler en ville, d’abord en Angleterre ensuite ailleurs “tombent dans la mauvaise vie” – bien entendu, il y avait un côté religieux (protestant d’abord) et moraliste, mais c’était un objectif louable malgré tout comme l’alternative était les maisons de jeu/tavernes et souvent les bordels dans le cas des jeunes femmes.
Oui, il faut plus d’initiatives de ce genre pour les hommes jeunes ou moins jeunes, mais il faut avant tout les concevoir en fonction des besoins spécifiques de la clientèle.
Bravo Mme Lépine.
Maria Soriano
respectable
9 octobre 2012
10h06
Il est évident qu’avant de financer procréa on doit s’assurer que chacun ait un toit femmes et hommes. Bravo à cette madame d’avoir compris. Il y a un certain % de gens qui ne peuvent pas rouler selon la loi de l’offre et de la demande et l’État doit s’en occuper. Tout le monde devrait avoir un toit. Pas 5 étoiles mais aussi bien et sécuritaire qu’une cellule de prison. Cela devrait être un droit dans notre société.
fleurdelyse76
9 octobre 2012
10h57
C’est un point de vue. Mais tout les gens veulent leur place à Montreal et Montréal, elle, veut plus de taxes pour aider ces groupes. Les femmes, les immigrants, les toxicomanes, les sans abris, les pauvres du FRAPRU, les rénovations écologiques …
C’est un peu la quadrature du cercle. Oui, Montréal doit avoir un role social. Mais qui doit payer pour ce role social ? Le Québec? Le Canada ? Les Montréalais ? On ne peut assumer que le gouvernement du Québec donnera l’argent. Ni le gouvernement du Canada.
La seule façon durable et responsable d’aider les groupes, c’est en augmentant le compte de taxe. La seule façon équitable d’augmenter le compte de taxe, c’est d’augmenter le rôle.
Et ironiquement, une fois que ces personnes sortiront de ces structures d’aide à la pauvreté (comme le YWCA), elles n’auront d’autres choix que de fuir Montréal, vu le rôle élevé.
Je crois donc que la banlieue, le 450, a un rôle social à jouer. Tant pour les femmes, le logement social et les démunis. C’est beau les monster House à Boucherville. Mais ça va prendre du logement social à Boucherville aussi. Si le MEDEP veut donner des autorisation d’agrandir les débits de traitement des usines d’épuration des villes du 450, il devra s’assurer que les villes en banlieues assument un plus grand role social.
dcsavard
9 octobre 2012
12h28
Un exemple à quoi sert l’argent de l’aide pour les handicapés. http://www.radio-canada.ca/emissions/la_facture/2012-2013/Reportage.asp?idDoc=245890