
Il n’est pas candidat. Il n’a pas démontré d’intérêt pour la scène municipale dans le passé. Il n’a même pas détaillé ne serait-ce qu’une idée forte sur l’avenir de Montréal.
Et pourtant, Denis Coderre a le potentiel de chambouler la politique montréalaise au point où les trois partis en présence se préparent au pire en coulisse.
Certains craignent même la disparition de deux des trois formations politiques…
Des coups de sonde effectués dans les différents partis au cours des dernières semaines révèlent en effet une immense peur face à cet homme devenu bulldozer avant même son entrée sur la scène municipale.
Un sentiment amplifié depuis la publication d’un sondage dans La Presse, le 6 octobre dernier, qui accordait à cet homme venu d’Ottawa le tiers des intentions de vote (32%) face à deux adversaires qui ne semblent pas faire le poids, Louise Harel (12 %) et Richard Bergeron (11%).
C’est donc un euphémisme de dire que les différents partis s’attendent à une entrée fracassante de Denis Coderre sur la scène municipale, le 9 novembre prochain.
À Projet Montréal, l’inquiétude est palpable. On espérait que le travail en crescendo des dernières années mène à la présentation d’un parti plus crédible et solide en 2013 qu’en 2008. On croyait que l’embauche d’un organisateur électoral chevronné ayant participé à la vague orange du NPD, Raymond Guardia, renforce la formation sur le terrain.
Et on pensait, ainsi, pouvoir se faufiler entre Union et Vision Montréal, en se présentant comme «le seul parti intègre à Montréal», un message d’ailleurs martelé ce week-end, lors du congrès de PM, par son président, Michel Camus.
Mais plus le temps avance, plus la tempête Coderre prend de la force et de la vitesse, plus on craint que ce travail minutieux des dernières années soit sapé par la présence de cet outsider.
Au cours des derniers mois, expliquent certains acteurs de la scène municipale ayant requis l’anonymat, le travail de maraudage de Projet Montréal s’est donc intensifié. On a tassé les éléments moins voulus (Carl Boileau) et on a courtisé les plus voulus des autres partis (François Croteau, n’est qu’un exemple) afin de faire le plein avant l’arrivée du député fédéral.
On espère ainsi pouvoir affronter l’ouragan et surtout, que celui-ci passe aussi rapidement que Sandy. Mais en faisant moins de dommages.
Cela dit, l’inquiétude de Projet Montréal est minime en comparaison avec celle qu’affichent certains membres des partis adverses. Un scénario du pire se dessine même dans la tête des plus pessimistes, qui vont jusqu’à prédire la disparition d’Union Montréal ET de Vision Montréal au profit d’une nouvelle formation dirigée par le député de Bourassa…
Plusieurs s’attendent en effet à ce que les prochaines révélations de la Commission Charbonneau soient encore plus accablantes pour le parti au pouvoir et pour son chef, le maire Gérald Tremblay.
Le fameux organisateur d’Union Montréal, Martin Dumont, invité à témoigner à la Commission Charbonneau, pourrait en effet fragiliser encore plus la situation du maire et surtout, miner cette formation déjà vulnérable. Le constat d’infraction du DGE contre Bertrand Ward, qui aurait refilé 5000 $ comptant à un organisateur, n’est en effet que de la petite bière par rapport à ses révélations d’hier sur ce coffre-fort qui ne fermait plus tant il contenait d’argent… Quelle sera la suite?
Parallèlement, Vision Montréal pourrait aussi pâtir encore un peu plus de sa situation peu enviable. Non seulement le parti traîne-t-il une lourde dette, mais une tonne de briques vient aussi de lui tomber sur la tête : le DGE relance ses enquêtes sur l’époque de Benoit Labonté.
Bref, au sein des différentes formations, on travaille donc à placarder les fenêtres en attente de la tempête Coderre. On craint en effet que son passage fasse voler en éclat les murs des deux partis, puis que les élus en profitent pour fuir chacun de leur côté. Pour de bon.
Déjà, les organisateurs des partis échafaudent des scénarios «apocalyptiques». Si Vision venait à éclater, chuchote-t-on, sept élus pourraient se joindre à Coderre et quatre à Richard Bergeron. Quant aux autres, rien n’est sûr. Reste qu’on envisage du bout des lèvres la possibilité d’une course à deux entre Bergeron et Coderre l’année prochaine.
De la science (politique) fiction tout ça? Possible. Les prédictions ont leurs limites. Mais parfois, l’ouragan annoncé balaye bel et bien tout sur son passage…
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Bonne nouvelle : grâce aux révélations de la commission Charbonneau, nous pourrons dégager 2 ou 3 % du montant des contrats de construction attribués à Montréal, sommes que nous pourrons détourner de la poche mafieuse pour réaliser des infrastructures plus durables et plus inspirantes.



