Le blogue de François Cardinal

Archive, octobre 2012

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Il n’est pas candidat. Il n’a pas démontré d’intérêt pour la scène municipale dans le passé. Il n’a même pas détaillé ne serait-ce qu’une idée forte sur l’avenir de Montréal.

Et pourtant, Denis Coderre a le potentiel de chambouler la politique montréalaise au point où les trois partis en présence se préparent au pire en coulisse.

Certains craignent même la disparition de deux des trois formations politiques…

Des coups de sonde effectués dans les différents partis au cours des dernières semaines révèlent en effet une immense peur face à cet homme devenu bulldozer avant même son entrée sur la scène municipale.

Un sentiment amplifié depuis la publication d’un sondage dans La Presse, le 6 octobre dernier, qui accordait à cet homme venu d’Ottawa le tiers des intentions de vote (32%) face à deux adversaires qui ne semblent pas faire le poids, Louise Harel (12 %) et Richard Bergeron (11%).

C’est donc un euphémisme de dire que les différents partis s’attendent à une entrée fracassante de Denis Coderre sur la scène municipale, le 9 novembre prochain.

À Projet Montréal, l’inquiétude est palpable. On espérait que le travail en crescendo des dernières années mène à la présentation d’un parti plus crédible et solide en 2013 qu’en 2008. On croyait que l’embauche d’un organisateur électoral chevronné ayant participé à la vague orange du NPD, Raymond Guardia, renforce la formation sur le terrain.

Et on pensait, ainsi, pouvoir se faufiler entre Union et Vision Montréal, en se présentant comme «le seul parti intègre à Montréal», un message d’ailleurs martelé ce week-end, lors du congrès de PM, par son président, Michel Camus.

Mais plus le temps avance, plus la tempête Coderre prend de la force et de la vitesse, plus on craint que ce travail minutieux des dernières années soit sapé par la présence de cet outsider.

Au cours des derniers mois, expliquent certains acteurs de la scène municipale ayant requis l’anonymat, le travail de maraudage de Projet Montréal s’est donc intensifié. On a tassé les éléments moins voulus (Carl Boileau) et on a courtisé les plus voulus des autres partis (François Croteau, n’est qu’un exemple) afin de faire le plein avant l’arrivée du député fédéral.

On espère ainsi pouvoir affronter l’ouragan et surtout, que celui-ci passe aussi rapidement que Sandy. Mais en faisant moins de dommages.

Cela dit, l’inquiétude de Projet Montréal est minime en comparaison avec celle qu’affichent certains membres des partis adverses. Un scénario du pire se dessine même dans la tête des plus pessimistes, qui vont jusqu’à prédire la disparition d’Union Montréal ET de Vision Montréal au profit d’une nouvelle formation dirigée par le député de Bourassa…

Plusieurs s’attendent en effet à ce que les prochaines révélations de la Commission Charbonneau soient encore plus accablantes pour le parti au pouvoir et pour son chef, le maire Gérald Tremblay.

Le fameux organisateur d’Union Montréal, Martin Dumont, invité à témoigner à la Commission Charbonneau, pourrait en effet fragiliser encore plus la situation du maire et surtout, miner cette formation déjà vulnérable. Le constat d’infraction du DGE contre Bertrand Ward, qui aurait refilé 5000 $ comptant à un organisateur, n’est en effet que de la petite bière par rapport à ses révélations d’hier sur ce coffre-fort qui ne fermait plus tant il contenait d’argent… Quelle sera la suite?

Parallèlement, Vision Montréal pourrait aussi pâtir encore un peu plus de sa situation peu enviable. Non seulement le parti traîne-t-il une lourde dette, mais une tonne de briques vient aussi de lui tomber sur la tête : le DGE relance ses enquêtes sur l’époque de Benoit Labonté.

Bref, au sein des différentes formations, on travaille donc à placarder les fenêtres en attente de la tempête Coderre. On craint en effet que son passage fasse voler en éclat les murs des deux partis, puis que les élus en profitent pour fuir chacun de leur côté. Pour de bon.

Déjà, les organisateurs des partis échafaudent des scénarios «apocalyptiques». Si Vision venait à éclater, chuchote-t-on, sept élus pourraient se joindre à Coderre et quatre à Richard Bergeron. Quant aux autres, rien n’est sûr. Reste qu’on envisage du bout des lèvres la possibilité d’une course à deux entre Bergeron et Coderre l’année prochaine.

De la science (politique) fiction tout ça? Possible. Les prédictions ont leurs limites. Mais parfois, l’ouragan annoncé balaye bel et bien tout sur son passage…

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Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin, concrètement. Cette semaine, André Bourassa, président de l’Ordre des architectes du Québec, se prête au jeu.

abourassa2010_7Bonne nouvelle : grâce aux révélations de la commission Charbonneau, nous pourrons dégager 2 ou 3 % du montant des contrats de construction attribués à Montréal, sommes que nous pourrons détourner de la poche mafieuse pour réaliser des infrastructures plus durables et plus inspirantes.

Je plaisante à peine. Il faut saisir l’occasion des révélations sur la collusion et la corruption dans l’octroi des contrats pour changer à tout jamais la culture du plus bas soumissionnaire, qui ne mène nulle part. Dans une ville UNESCO de design, la créativité s’achèterait au rabais?

Montréal doit porter une vision et maîtriser ses outils de réalisation. Certes, la métropole aurait besoin d’une structure politique simplifiée. Mais sans vision, cette structure « revue et améliorée » ne servira qu’à mettre en œuvre avec une meilleure méthode des projets qui ne seront pas forcément meilleurs.

Vous rêvez d’un maire-messie qui sauverait l’âme de Montréal et son aménagement urbain? Permettez-moi de ne pas y croire. Je privilégie plutôt la voie d’un partenariat réel entre les professionnels et les décideurs. Sous le couvert de saines règles de gouvernance – que certains n’ont par ailleurs pas hésité à piétiner au besoin, comme nous le rappelle l’actualité –, on a graduellement antagonisé ces professionnels chevronnés, maintenant perçus comme des adversaires. Or, pourquoi ne pas imaginer les architectes, urbanistes et autres professionnels de l’aménagement compétents et passionnés aux côtés des instances décisionnelles?

Il faut le rappeler : la recherche des meilleures idées, notamment au moyen de concours d’architecture ou de design, n’a pas pour but de faire plaisir aux professionnels concepteurs, mais bien de réaliser un environnement attrayant et agréable de manière rentable. En d’autres mots, de servir le bien commun. Cette créativité, ces meilleures idées donneraient naissance à des projets qui seraient non seulement plus harmonieux, mais surtout plus réussis, plus fonctionnels et plus durables.

Très concrètement, Montréal et sa grande région ont besoin d’une densification qui doit être menée intelligemment tout en protégeant et en mettant en valeur la zone agricole de proximité. Le secteur Blue Bonnets doit être exemplaire et devenir la vitrine d’un quartier durable digne du Plan métropolitain d’aménagement et de développement récemment adopté : un premier pas qui nous permet d’entrer dans le 21e siècle. Enfin, Montréal ne doit absolument pas rater l’occasion qui lui est offerte de réaliser sur le Saint-Laurent un pont qui sera créatif, élégant et novateur.

La métropole n’est pas la ville canadienne la plus riche, mais elle ne manque pas de matière grise. Elle a l’avantage de compter sur une créativité qui lui permet de pouvoir faire plus avec moins. Tous ces gens créatifs doivent travailler de concert avec les décideurs, simplement.

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Il y a du bon et du moins bon dans les données publiées hier par Statistique Canada.

Le bon, c’est que les immigrants sont de plus en plus nombreux à intégrer le français dans les langues parlées à la maison.

Ils étaient 21 % en 2001, 23 % en 2006, et ils sont maintenant 24 %.

L’intégration est un processus long, ce que confirment ces chiffres. Les jeunes immigrants parlent de plus en plus français. À l’école, dans la cour, dans leur quartier. Ils ramènent ainsi cette langue à la maison, laquelle s’ajoute aux langues déjà parlées par les parents.

Le moins bon, par contre, c’est que cette même intégration est menacée sur l’île. La plupart des jeunes familles quittent en effet Montréal pour la banlieue. Elles amènent avec elles leur unilinguisme français et ainsi, nuisent à ce terreau fertile d’intégration qu’est la ville centre.

Les chiffres de StatCan sont sans équivoque : les ménages uniquement francophones sur l’île sont passés de 46,6 % à 39,6% en dix ans, ce qui est loin d’être étranger au départ des familles.

L’exode de ces jeunes citoyens de la classe moyenne vers les couronnes est une très mauvaise nouvelle pour Montréal, qui se dévitalise et se paupérise ainsi. Mais elle l’est aussi pour le Québec, qui voit sa métropole perdre son caractère français.

Il importe donc, pour Montréal mais aussi pour le Québec, de tout faire pour retenir les jeunes familles sur l’île.

Vision Montréal en faisait d’ailleurs écho, cette semaine au conseil municipal, en déposant une motion visant la bonification de l’accession à la propriété pour les familles (et en pilotant le PPU sur Griffintown adoptée mardi). Une motion hélas rejetée par l’administration Tremblay.

Ce qui est incompréhensible quand on sait que…

1) le Plan d’action famille de la Ville s’en va tout droit vers l’échec,

2) les promoteurs se contentent de construire du condo uniforme,

3) et, surtout, les prix d’achat admissibles au programme d’accession à la propriété de la Ville sont inférieurs aux prix moyens du marché immobilier!

Lueur à l’horizon, cependant. Le gouvernement Marois entend s’attaquer à ce problème. Et ce qu’il y a d’intéressant, c’est que pour une fois, le PQ parle de mesures incitatives, non pas coercitives.

Jean-François Lisée travaille actuellement sur un plan d’action visant à favoriser l’accès à l’habitation et aux logements abordables à trois ou quatre chambres.

«On commence à faire le tour des idées qui circulent pour inciter à la construction de plus d’habitations pour les familles d’un, deux ou trois enfants», a-t-il indiqué hier.

Une très bonne chose pour le français, mais aussi pour la métropole, qui ne peut envisager l’avenir avec beaucoup d’optimisme si elle continue à perdre ses jeunes familles de la sorte.

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