
Petite confusion, grosses conséquences…
Le conseil des ministres a beau avoir été nommé mercredi dernier, on ne sait toujours pas si Montréal est une région, une métropole ou une région métropolitaine aux yeux du gouvernement Marois!
Lors de la présentation des membres du conseil, mercredi après-midi, la première ministre Pauline Marois brouillait déjà les cartes. Lors de son discours, elle nommait Jean-François Lisée «ministre responsable de la région métropolitaine».
Puis, dès le paragraphe suivant, «la région métropolitaine» devenait «métropole», tout court.
«Vous serez également ministre responsable de la métropole», précisait Mme Marois.
Déjà, il y a une différence de taille entre une métropole, la «ville la plus importante d’une région ou d’un pays» selon le dictionnaire québécois Antidote, et une région métropolitaine, soit une «étendue autour d’une ville», Montréal en l’occurrence.
Mais l’imprécision du PQ ne s’arrête pas là. Petite visite sur le site de l’Assemblée nationale, LA référence officielle pour les titres et fonctions. Soudainement, M. Lisée est «président du Comité ministériel de la région métropolitaine»… mais «ministre responsable de la région de Montréal».
Métropole. Région métropolitaine. Région de Montréal. Trois vocables qui ne veulent pas dire la même chose.
Jean-François Lisée est-il donc responsable de l’île? De l’île et de ses principales banlieues, Laval et Longueuil? Ou de l’île, des proches banlieues et des couronnes environnantes? Parle-t-il au maire Tremblay? Aux élus de l’agglomération (l’île) de Montréal? Aux maires Tremblay-Vaillancourt-St-Hilaire? Ou à la CMM?
Mystère. D’autant qu’il y a au conseil des ministres une «responsable de la région de la Montérégie» (Malavoy) et une «responsable de la région de Laval et de la région des Laurentides» (Léger).
Que de la rhétorique sans grandes conséquences, tout ça? Je ne crois pas. Pour avoir toute la latitude nécessaire, pour bien définir et circonscrire sa tâche et pour jouer son rôle d’interlocuteur avec Montréal, J-F Lisée doit avoir un titre clair, qui lui donne un mandat clair, avec des objectifs et des interlocuteurs clairs.
Ce avec quoi Paul Lewis, professeur à la faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal est bien d’accord. Même qu’il imagine les accrochages potentiels qui pourraient naître d’une telle imprécision.
«On voit qu’il y a des ministres pour les régions administratives, notamment celles qui sont comprises dans la RMR (région métropolitaine de recensement) de Montréal. Or on peut imaginer que ces ministres responsables de régions ne feront pas que de la figuration. D’ailleurs, au PQ, ils sont rares ceux qui ne font que de la figuration…»
M. Lewis souligne d’ailleurs qu’il y a une façon plus «officielle» de voir la chose. Le mot «région», pour le gouvernement du Québec, a le sens de «région administrative». En 1966, cela englobait tout le Grand-Montréal, mais en 1987, la région de Montréal a été redéfinie pour n’englober que l’île de Montréal.
Fort bien. Mais dans ce cas, pourquoi pas un «ministre responsable de l’île de Montréal»? Ou simplement «de la métropole», afin de bien distinguer le caractère particulier de cette ville dans la province ?
Rappelons-nous d’ailleurs une chose : en campagne électorale, le PQ avait promis de nommer «un ministre responsable de la Métropole» (avec un M majuscule à part ça!), afin de rompre avec l’indolence du gouvernement Charest. «Les libéraux ont abandonné Montréal et ses enjeux prioritaires, écrivait-on dans un communiqué. (…) Le gouvernement du Québec doit gouverner sa métropole de façon intégrée et coordonnée.»
Or le gouvernement Charest avait lui aussi un «ministre responsable de la région de Montréal», selon le site de l’Assemblée nationale, en la personne de Raymond Bachand.
Donc la question se pose : Montréal est-il perçu par le nouveau gouvernement comme une métropole, avec tout ce que cela signifie? Ou est-ce une simple «région» parmi tant d’autres, comme c’était le cas avec le précédent gouvernement?
Je rencontre Jean-François Lisée aujourd’hui. À suivre…

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nike
25 septembre 2012
07h57
Deux billets en quatre jours sur le même sujet mais avec des opinions diamétralement opposé.
Je ferais lire ces commentaires à quelqu’un qui connait la politique Montréalaise en cachant l’auteur et jamais il ne pourrait croire que ça vient de la même personne.
Maintenant j’ai hate de vous lire sur la suggestion de Mr Bergeron d’éliminer les mairie d’arrondissement et de réduire de 34 le nombre d’élus.
Deviendrez vous l’apôtre de la réduction du nombre d’élus après avoir chanter les louange de la “représentativité”?
Bernard Thérioux
Hochelaga
fcardina
25 septembre 2012
08h14
@ Bernard Théroux
Je ne vois pas de contradiction. Il y a bel et bien un changement de cap au sein du gouvernement Marois à l’endroit de Montréal. J’ai cité les indices qui m’amènent à le croire.
Cela n’empêche la contradiction dans les termes utilisés. Contradiction que je mets ici en évidence, après avoir promis dans le dernier billet de revenir plus en profondeur sur ce sujet précis.
François Cardinal
PS: je me demande encore pourquoi vous venez quotidiennement visiter ce blogue, et plus rapidement que la majorité des lecteurs, alors que son auteur vous déplait aussi royalement.
nordik16
25 septembre 2012
08h47
iIl y a peut-être un flou dans la définition de ce qu’est la région métropolitaine et la métropole, mais rien n’empêche que si on veut une métropole forte donc une ville de Montréal forte ça ne peut se faire qu’en incluant toute la région de Montréal qui forme un tout. Ne serait-que du côté du transport en commun et du réseau routier qui sont cruciaux pour notre économie les décisions qui doives êtres prises ne peuvent se faire qu’en ayant une vision globale de toute la grande région de Montréal. Ça prend donc un ministre qui pourra arbitrer les différents intérêts entre les couronnes, la ville de Montréal et l’Île de Montréal. En fait ça prend un ministre à temps plein qui ne s’occuperait que de la région métropolitaine de Montréal par ce fait de Montréal.
Michel Raymond
enteka
25 septembre 2012
11h33
Humm, cela me semble un peu futile comme question. Et j’ai compris que vous n’êtes pas du tout pro-péquiste, M. Cardinal, je ne peux que voir une pointe de mauvaise foi dans ce débat grammatical…
Nicolas Robitaille
respectable
25 septembre 2012
12h02
Comme si Montréal était pour être moins dans le trou avec un ministre juste à elle. Un peu de sérieux monsieur Cardinal. Ça prends des coupures pas un ministre.
antiquebecor
25 septembre 2012
15h28
Donc si on joue avec les mots, un ministre responsable de la RÉGION DE MONTRÉAL serait également un ministre responsable de quelques villes du 450? Vous semblez avoir un malaise évident avec ce fait et tant qu’à moi je vous le laisse votre ministre, car Montréal en a grandement besoin!!! Comme plusieurs l’ont dit ici, couper dans les élus de la ville aiderait bien plus qu’un ministre responsable de la Métropole (ou de la Région de Montréal c’est selon)
M.Robidoux
Boucherville
fcardina
25 septembre 2012
15h58
@ M.Robidoux
Contrairement à ce que vous laissez entendre, je n’ai aucun problème à ce que le ministre responsable de Montréal soit responsable de toute la région. Mais que ce soit clair. Or pour l’instant, il y a une ministre responsable de la Rive-Sud, une ministre responsable de la Rive-Nord, et un autre ministre qui s’ajoute. Donc de quoi est-il responsable au juste. La question n’est pas futile, je trouve.
François Cardinal
carole-dupuis
25 septembre 2012
16h07
La question n’a rien de futile et j’espère bien qu’on a un Ministre responsable de la Métropole. On a eu trop longtemps un Ministre responsable de la RÉGION de Montréal qui était insensible aux enjeux de la métropole et à leurs conséquences pour l’ensemble du Québec. Il est temps que Montréal ait une voix, sa voix, à la table des Ministres.
lecteur_curieux
25 septembre 2012
16h17
Il faut connaître leur vocabulaire mais ce serait à eux de préciser s’il faut. Je vais dire mon interprétation. La région de Montréal ? Ils réfèrent probablement à la région administrative de Montréal, 06.
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gions_administratives_du_Qu%C3%A9bec
Pour la région métropolitaine ? Là c’est le Montréal métropolitain. Donc il a deux fonction, Montréal et le Montréal métropolitain au conseil ministériel. Donc trois ministres affectés au Montréal métropolitain mais avec LISÉE comme président du comité.
D. Therrien
lecteur_curieux
25 septembre 2012
16h30
Pour la Métropole… Bien en cliquant sur les onglets on finit par voir que oui dans une entente Montréal a ce statut particulier.
http://www.mamrot.gouv.qc.ca/
Oui dans l’Entente avec Montréal, la ville a le statut de Métropole.
Par contre, l’onglet Métropole va aussi vous parler de la région métropolitaine et de la communauté métropolitaine et aussi il y a une entente avec l’agglomération de Montréal. De quoi perdre son latin ?
D. Therrien
gl000001
25 septembre 2012
16h49
@respectable
“Ça prends des coupures pas un ministre.”
Très drôle. Ca prend des investissements en premier. Des jobs, du renouveau.
Alain Lajoie
f_vachon
25 septembre 2012
18h09
Les gouvernements tiennent à ce que ce soit vague, afin de se garder des options.
Pour ce qui est de Lisée, souverainiste du PQ pur et dur, ils l’ont assigné à Montreal justement pour enlever de la souveraineté à Montreal. Ce PQ veut tenter de garder Montreal en laisse.
Bonne chance PQ… non seulement Montreal a du pouvoir réel et pas seulement du “pouvoir” auto proclamé à la “boss des bécosses” qu’a le gvt provincial, mais Montreal est un vrai labyrinthe ingouvernable.
Et si ce labyrinthe etait intentionel, fait expres pour garder les gvts provinciaux a leur place, soit hors Montreal… pas bete si c’est le cas. Montreal, dite “la balkan”, pourquoi pas.
Vive Montreal. Vive Montreal libre du PQ, qui n’est pas le bienvenu chez nous.
F Vachon
montrealaise
25 septembre 2012
20h20
Lisée… comment peut-il être responsable d’une ville et de ses habitants qu’il n’aime qu’en partie ?on. Il paraît qu’on doit laisser la chance au coureur. Attendons voir. Qui sait ?
Ysabel Labonté
lecteur_curieux
25 septembre 2012
22h02
C’est aussi un dossier très politique outre qu’il y a une ressemblance avec la chanson l’arbre est dans ses feuilles.
La ville de Montréal c’est la Métropole mais l’Île de Montréal correspond plus à l’Agglomération de Montréal. Dossier des fusions et défusions.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Agglom%C3%A9ration_de_Montr%C3%A9al
Donc l’île n’est pas la métropole mais elle y est reliée. Montréal est la métropole, la métropole est sur l’île. L’agglomération correspond à l’île et la région administrative aussi.
Puis la région métropolitaine encore là, c’est la métropole qui exerce un pôle de tout cela tout enfaisant partie de la région du Montréal métropolitain. Alors quoi Lisée occupe tous ces rôles seul et avec les deux autres. Trop de responsabilités pour un seul homme ? Ou encore on aime pas que le Grand Montréal puisse être pris en considération comme englobant la métropole ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gion_m%C3%A9tropolitaine_de_Montr%C3%A9al
Mais pourquoi un politicien à Québec pour s’occuper de la grande région alors qu’une organisation le fait déjà ? Parce que cela prend un lien avec Québec.
http://cmm.qc.ca/
La question à poser c’est aura-t-il assez de temps ? Est-il vraiment l’homme de la situation ?
Bien, souhaitons-lui bonne chance.
D. Therrien
legada
26 septembre 2012
03h46
@respectable
Suggestion de coupure: La taxe d’eau. Après tout, c’est des histoires, les tuyaux qui fuient un peu partout.
Montréal a besoin de sa juste part des impôts et des taxes qu’elle paie mais la structure actuelle dans laquelle un électeur régional a plus de poids qu’un électeur urbain, je doute que ça change. J’ai un fort doute que la situation va vraiment changer.
Daniel Legault