Le blogue de François Cardinal

Archive du 18 août 2012

Samedi 18 août 2012 | Mise en ligne à 8h16 | Commenter Commentaires (32)

Un conseiller municipal, ça ne sert à rien. Non?

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Afin d’encourager un débat respectueux, seuls les commentaires signés sont publiés. Merci.

À quoi sert un conseiller municipal, au juste?

La question, manifestement, se pose suite aux propos de François Legault, qui suggère de couper bêtement un élu sur deux afin de rendre Montréal plus efficace.

La question se pose aussi suite aux commentaires de certains lecteurs qui ont ridiculisé mon plaidoyer pour la proximité, comme si j’étais un grand naïf qui vivait sur une autre planète.

«Vous trouvez que les Montréalais sont proches de leur administration, mais où habitez-vous? Qui côtoyez-vous?», me demande Bernard Théroux.

«Vous parlez de services de proximité, ajoute G. Lalande. Mais moi, je ne le connais pas, mon élu. Je ne l’ai jamais vu. J’aimerais bien jaser avec lui une ou deux heures par semaine, proximité oblige. On pourrait parler, par exemple, du trottoir qui est craqué au coin de la rue, et d’autre chose comme ça de première importance. Mais non, je ne le vois jamais.»

J’ai donc cru bon de lancer une perche à ces mêmes élus, histoire de leur demander à quoi ils servent. Pas que je considère que leur nombre doit nécessairement rester le même, comme certains l’ont compris suite à mon dernier billet, mais simplement parce que je trouve que leur rôle est méconnu et surtout, sous-estimé.

Avant de penser revoir la structure de la Ville en coupant simplement le nombre d’élus comme s’il s’agissait d’un remède magique, il est nécessaire de bien comprendre ce que ces derniers font, me semble-t-il.

Voici leur réponse :

arton2-d1bb1Louise Harel, chef de l’opposition officielle et conseillère de ville du district de Maisonneuve-Longue-Pointe (Vision Montréal)

J’aurai toujours la fierté d’avoir introduit à titre de ministre de la Métropole l’organisation des arrondissements au sein de la grande ville de Montréal, en 2000.

Montréal souffrait d’une hypercentralisation et, à l’instar des autres grandes villes dans le monde, pouvait dorénavant offrir des services de proximité à ses citoyens et renforcer leurs sentiments d’appartenance, de responsabilité et de solidarité à l’égard de leur environnement et de leurs voisins. D’autant que pour la première fois dans l’histoire de leur ville, les Montréalais pouvaient s’opposer par voie référendaire à un changement de zonage.

L’élu municipal introduit dans l’engrenage de la gestion des services de première ligne (habitation, sportif, culturel, urbain, environnementaux…) la primauté du point de vue du citoyen au regard de la machine administrative.

La capacité de manifester son désaccord en refusant ultimement de renouveler le mandat d’un élu favorise l’implication citoyenne, donne prise sur le milieu et fait reculer le cynisme et la déresponsabilisation.

Après vingt-huit années à l’Assemblée nationale en tant que députée pourtant impliquée dans son quartier, jamais je n’avais connu une telle proximité que depuis ma fonction de conseillère municipale. Les citoyens attendent des réponses directes, concrètes sur un nombre incalculable de sujets, de la lutte aux îlots de chaleurs, à l’animation dans les parcs, au traitement fait aux animaux, aux mesures d’apaisement de la circulation, à la fermeture d’une entreprise, etc.

C’est passionnant !

***

François-Croteau_officielle2_2012_webFrançois William Croteau, Maire de l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie (Projet Montréal)

Le rôle d’un élu municipal est d’abord législatif. Qu’il soit maire d’arrondissement ou conseiller de ville, l’élu se doit de siéger au conseil municipal, là où les décisions concernant la Ville sont débattues. Nous devons donc nous en approprier les tenants et aboutissants en lisant l’ordre du jour et les différents dossiers à l’étude et préparer nos interventions pour voter. À Montréal, les élus municipaux doivent aussi siéger au conseil d’arrondissement. Les maires d’arrondissement dirigent l’assemblée. Les élus doivent également voter au conseil d’arrondissement.

La branche exécutive, dans un arrondissement, est exercée par le maire d’arrondissement. C’est de lui que relèvent toutes les décisions d’ordre administratives et quotidiennes, comme par exemple, l’autorisation des dépenses. Le rôle du maire d’arrondissement peut se comparer à celui d’un PDG d’une entreprise.

Le rôle d’un élu municipal consiste aussi à répondre aux demandes des citoyens, des associations et d’autres organisations qui sont en lien avec la Ville ou l’arrondissement. Que ce soit pour un litige, une demande de collaboration ou une simple plainte de nid de poule, les élus doivent faire le pont entre les demandes des citoyens et les réalités de l’administration municipale.

En parallèle, les élus exercent un rôle de représentation auprès des organismes, des associations ou des groupes qui interviennent dans l’arrondissement. Les élus deviennent donc, en quelque sorte, des ambassadeurs de leur quartier! Un bon élu municipal, pour accomplir toutes ses tâches, y consacre plus de 50 heures par semaine.

***

profil65Jocelyn Ann Campbell, conseillère de la ville, district de Saint-Sulpice, embre des conseils d’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville et de Ville-Marie ((Union Montréal)

Les grandes activités humaines que sont le travail, la famille, les études et les loisirs se concentrent dans les villes qui héritent de la responsabilité d’assurer aux citoyens les multiples services exigés par la société.

L’administration municipale gère les grands dossiers liés au transport, à l’habitation, à la sécurité, à l’eau potable, à l’environnement, aux parcs, aux infrastructures, aux loisirs et à l’urbanisme. Elle s’occupe aussi des services directs comme le déneigement, la réfection routière, les bibliothèques, la gestion de la circulation et du stationnement, la collecte des déchets et la propreté.

Ce sont des enjeux quotidiens qui déterminent la qualité de vie des résidents de nos quartiers. Les attentes envers les élus sont élevées et souvent pressantes. La ligne est toujours mince entre l’intérêt particulier et le bien commun. Notre travail est un exercice d’équilibre. Nous sommes l’interface incontournable entre le citoyen et l’administration.

La gestion des budgets municipaux dont les sources de revenus sont limitées se fait toujours dans la contrainte et exige des arbitrages douloureux sous la pression directe des contribuables.

Notre travail demande de plus en plus de compétences. Nous siégeons aux conseils de ville et d’arrondissement, aux commissions de la ville, de l’agglomération et de la Communauté métropolitaine de Montréal. Nous sommes membres du CCU (comité consultatif d’urbanisme) et de divers comités qui exigent du temps et de la générosité. La ville est aujourd’hui le cœur de la vie dans nos sociétés. C’est une aventure intellectuelle, morale et émotive pour celles et ceux qui la choisissent.

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