Le blogue de François Cardinal

Archive du 16 août 2012

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Bon, je ne me suis pas fait beaucoup d’amis avec mon dernier billet sur la CAQ, particulièrement parce que je propose une énième réflexion sur les structures de la Ville.

«Vous n’êtes pas tanné de vous assoir en rond pour réfléchir!? Et si on passait à l’action!?», lance S. Trottier. «Vous feriez un bon politicien. Je vous imagine financer des études d’infaisabilité comme prétexte pour ne rien faire!», ajoute G. Lalande.

Eh bien je ferai un Jean Tremblay de moi-même (!) en assumant mes propos et en en rajoutant une couche…

Je comprends l’impatience des Montréalais et leur exaspération relativement à l’immobilisme de la Ville, mais la structure de gouvernance de la Ville de Montréal n’est pas un autre projet d’infrastructure que l’on peut simplement accélérer pour le bien de l’économie.

On parle ici des principales institutions démocratiques de Montréal, de l’assemblée d’élus que les électeurs choisissent pour les représenter, de l’ensemble des personnes qui prennent des décisions en leur nom qui auront un impact sur leur quotidien.

Il est donc difficile de déplorer que Montréal soit à la fois surgouverné et ingouvernable, puis simplement réduire la taille du conseil municipal de moitié du jour au lendemain en pensant que la métropole sortira ainsi de son marasme politique.

C’est pourtant ce que propose François Legault (en reformulant à l’identique la position de Gérard Deltell). Une proposition qui implique trois choses :

1) que le nombre élevé d’élus est la raison pour laquelle Montréal est ingouvernable,

2) que les élus municipaux ne servent à rien et qu’on peut donc simplement les éliminer,

3) que la réduction de la taille du conseil n’aura aucun impact sur les services aux citoyens.

Tout simplement pas d’accord.

La Ville est le gouvernement de proximité. C’est là où on s’occupe des services qui touchent le quotidien des électeurs, là où l’on adopte des règlements qui ont un impact direct sur les milieux de vie, là où l’on risque le plus d’avoir un contact direct avec son élu.

Malheureusement, c’est aussi le gouvernement qui intéresse le moins les Québécois, ceci expliquant peut-être cela : on croit pouvoir éliminer les élus sans impact sur quoi que ce soit, on pense qu’il suffit de centraliser tous les pouvoirs pour qu’il n’y ait plus de problèmes.

Or la représentation de proximité est cruciale tant les services et les responsabilités sont grands (jetez un œil à votre compte de taxe pour en avoir une idée…). Il y a les ordures, l’eau et autres services de base. Mais il y a aussi tout ce qui touche à l’avenir de la communauté, un terme que les Anglos affectionnent et que l’on devrait davantage utiliser chez les Francos.

Montréal n’est pas un ensemble de secteurs identiques collés les uns à côté des autres, pas plus qu’un banal fournisseur de services. Il s’agit d’une courtepointe de quartiers différents où les résidents ont un certain nombre de points en commun, ont une vision différente de leur avenir et de leur bien-être : Outremont n’est pas l’arrondissement Saint-Laurent, qui n’est pas le Plateau, qui n’est pas le Sud-Ouest, qui n’est pas Rosemont, et ainsi de suite.

C’est ce qui fait la beauté de Montréal, sa richesse, son attrait, sa diversité.

De ce constat émergent bien des questions. Veut-on que l’ensemble des décisions touchant l’ensemble des quartiers soit imposé de l’hôtel de ville? Souhaite-t-on tout centraliser au risque d’aplanir les différences entre les quartiers? Veut-on éliminer tout ce qui permet à un arrondissement de se développer à sa manière propre? Souhaite-t-on abandonner le lien de proximité entre les citoyens et leurs élus?

Peut-être répondez-vous oui à ces questions, mais peut-être pas. Il n’y a pas de recette, pas de solution magique, pas de consensus sur la suite des choses entre les différents partis politiques.

D’où la nécessité d’une réflexion, qu’on le veuille ou non : dix ans après le début de la sage des fusions, défusions, décentralisation, on fait quoi pour rendre le conseil municipal plus efficace, pour améliorer les relations entre la Ville et les arrondissements, pour achever la réforme entamée, mais jamais terminée?

À part réduire bêtement le nombre de personnes qui y siègent pour les remplacer par des attachés politiques sans imputabilité, je veux dire…

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