Le blogue de François Cardinal

Archive du 14 août 2012

Mardi 14 août 2012 | Mise en ligne à 11h52 | Commenter Commentaires (68)

Montréal et la CAQ: populisme et électoralisme…

caq

Afin d’encourager un débat respectueux, seuls les commentaires signés sont publiés. Merci.

J’étais bien content, en décembre dernier, quand François Legault choisissait d’axer sa toute première allocution en tant que chef de parti sur la métropole. Enfin, me suis-je dit, un parti provincial qui s’intéresse à la métropole (pas juste aux votes de ses couronnes).

J’avoue avoir quelque peu déchanté depuis…

La CAQ a toujours, dans sa plateforme, un intérêt marqué pour Montréal, qu’elle aborde comme le véritable moteur de la province. Fort bien quand on sait le désintérêt avec lequel la plupart des autres partis traitent la métropole.

En effet, le vote montréalais est tellement figé qu’on ne prend même plus la peine de s’y attarder pour la peine : sur les 27 circonscriptions de l’île, seulement 5 ont changé d’allégeance au cours des 25 dernières années (en excluant les quatre comtés anglophones qui avaient fait un «croche» vers le Parti Égalité en 1989).

Bravo, donc, à la Coalition pour l’attention qu’elle porte néanmoins à la métropole. Mais encore faut-il la comprendre pour le dynamiser…

Or les positions de la CAQ sur le transport en commun et le nombre d’élus au conseil sont davantage teintées d’électoralisme et de populisme que d’une réelle réflexion sur son avenir.

Le transport, d’abord. Comment peut-on vouloir prioriser le train de banlieue en 2012 dans le Grand Montréal? Quelques mois après l’adoption d’un Plan métropolitain d’aménagement (PMAD) qui mise sur une densification de la banlieue, non pas sur son éparpillement?

Fort de son développement tous azimuts des 15 dernières années, le réseau atteindra bientôt son plein potentiel. Il est donc temps de densifier autour des gares existantes et de développer autre chose, des services rapides par bus (SRB), des voies réservées, éventuellement le prolongement du métro.

Il est temps, en d’autres mots, de penser le transport à l’échelle régionale, non plus dans une optique manichéenne opposant la banlieue à la ville.

Les élus montréalais, ensuite. La CAQ veut réduire leur nombre de 103 à moins de 50. Pourquoi? Parce qu’il y en a trop. Parce qu’ailleurs il y en a moins.

Un peu court…

Montréal a certes des problèmes de gouvernance. Mais penser qu’on va les régler en réduisant la taille du conseil ou en redistribuant quelques pouvoirs entre la ville centre et les arrondissements relève de la pensée magique (surtout si c’est pour remplacer quatre élus par quatre employés au service d’un seul élu, comme à Toronto…).

Comprenez-moi bien, il y a place à l’amélioration. Mais pas à quelques ajustements à droite et à gauche pour faire plaisir à ceux qui trouvent simplement qu’il y a trop d’élus à Montréal et que le Plateau a trop de pouvoirs…

Autrement dit, Montréal est mûr pour un grand ménage visant à clore une fois pour toutes l’interminable saga des fusions-défusions. Mais cela appelle à une grande réflexion, d’abord. Une consultation. Un livre blanc. Un autre rapport Bernard, peut-être.

Peu importe la manière, l’important est de ne pas aggraver le traumatisme des dix dernières années en ajoutant aveuglément une autre réorganisation à toutes celles qui l’ont précédée.

Après les fusions, défusions et décentralisations, Montréal a besoin d’une vaste réflexion, pas d’une autre confusion.

(Merci à Jérôme Cloutier pour l’image qui chapeaute le billet)

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