Le blogue de François Cardinal

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  • François Cardinal

    François Cardinal est chroniqueur à La Presse, spécialisé dans les affaires municipales et urbaines. Il aime la ville, toutes les villes.
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    Samedi 23 juin 2012 | Mise en ligne à 8h07 | Commenter Commentaires (17)

    Ho-Ma inaugure le cyclopousse. Une idée à étendre sur l’île?

    banniere_Velo-pousse-fr

    Afin d’encourager un débat respectueux, seuls les commentaires signés sont publiés. Merci.

    Hochelaga-Maisonneuve innove cet été en permettant à des tricycles de faire la navette entre différents lieux touristiques, comme à New York et Ottawa par exemple. L’arrivée de ces «vélopousses» dans les rues de Montréal est généralement bien reçu car elle consolide l’image conviviale de Montréal.

    Devrait-on, comme certains le proposent, étendre la mesure dans d’autres secteurs de la ville dans ce cas?

    Personnellement, je ne crois pas. J’aime bien, comme tout le monde, l’esprit «slow city» des cyclopousses urbains. Ils peuvent toujours avoir leur place dans un secteur bien défini comme l’Espace pour la vie, où l’on retrouve une concentration d’attractions à bonne distance de marches (le Stade, le Jardin botanique, le Biodôme, l’Insectarium, le futur Planétarium, le Stade Saputo, etc.), et dans un secteur de la ville où l’on souhaite attirer des touristes qui sont aujourd’hui peu nombreux.

    Mais je ne vois pas pourquoi on leur permettrait de rouler ailleurs, de devenir partie intégrante de l’offre de transport collectif comme à Ottawa, pas même de servir dans différents pôles touristiques comme à New York.

    D’abord, il existe déjà amplement de façons de se déplacer pour les touristes. En plus des BIXI, probablement le meilleur ami des touristes, il y a les calèches dans le Vieux-Montréal, les voiturettes à pédales dans le Vieux-Port, les Segway dans le Parc Jean-Drapeau et tutti quanti.

    Ensuite, ces «rickshaws» s’ajouteraient au cocktail transport… mais nuiraient également à celui-ci. En développant les cyclopousses là où il y a déjà des BIXI, on en fait un concurrent direct. Et en élargissant l’emprise des tricycles en ville, on en fait un concurrent des taxis. Et mettons que ni le BIXI ni le taxi n’a besoin de compétition par les temps qui courent…

    Est-ce que cela en vaut vraiment la peine, donc? Je ne crois pas. Vous?


    • Je suis du même avis que vous,la circulation est déjà bien assez difficile avec tout les travaux, un peu partout et surtout l’extrême prudence dont doit faire preuve les automobilistes confrontés aux problèmes des cyclistes qui ne respectent aucune des lois auxquelles ils sont assujettis au même titre que ceux qui ont des voitures.
      Claude Pierre

    • Je comprends la logique essentiellement économique (concurrent des Bixi et des taxis) derrière votre argumentation. Cependant, je ne suis pas d’accord. Le cyclo-pousse est à part. Il permet à la fois le confort du taxi sans « l’effort » du Bixi. Il permet à des touristes qui veulent prendre une bouffée d’air comme en vélo de le faire sans avoir à s’engouffrer dans une voiture et possiblement rester pris dans les bouchons. J’imagine déjà les guides en cyclo-pousse, qui racontent l’histoire des lieux devant lesquels ils roulent. Je trouve que ça répond à un besoin. Si on veut se rendre rapidement du point A au point B, on prend un taxi. Si on veut être autonome, on prend un Bixi. Si on veut juste admirer sans forcer et sans se soucier de la route, un prend un cyclo-pousse.

      P. Antoun

    • Je ne comprends toujours pas comment quelqu’un peut s’humilier à promener servilement des touristes à la sueur de son front en reproduisant un vestige des colonies asiatiques. Est-ce que Montréal table vraiment sur l’image du peuple conquis et soumis pour renouveler son image touristique? Déjà qu’on transforme le centre-ville en bar-à-putes à ciel ouvert pendant la F1.
      R. Lemieux

    • @reml
      Ben voyons donc! “Promener servilement des touristes à la sueur de son front”. Et que font les chauffeurs de taxi, d’après vous?… Il y a des rickshaws à Ottawa (colonie asiatique?) depuis nombre d’années et tout le monde y trouve son compte. Les chauffeurs se font de gros pourboires et ce sont souvent des femmes. J’ai souvent parlé avec eux et pas un(e) seul(e) ne m’a dit se sentir humilié(e). Tous ont dit que c’était un excellent moyen de faire d’une pierre deux coups: faire de l’argent et se tenir en forme.

    • Signature: Odile Flannery

    • Je suis plutôt d’accord avec R.Lemieux. J’ai toujours trouvé, à New York, en Asie ou ailleurs, que cela faisait très “exploitation”.
      Tiens, vlà 5 piasses, maintenant sue pour moi.
      Malaise.
      Je ne suis pas pour l’étendre ni au centre-ville, ni ailleurs à Montréal d’ailleurs.

      M.Ménard

    • c’est une des choses que j’aime le plus de l’Asie , il y a un dépôt juste en bas de mon apart de Shenzhen et c’est très très pratique et abordable

      @michel75 , pis toi tu sue pas pour un boss ?

      tom bombal mtl

    • Ils ont ça à Victoria, Colombie-Britanique depuis 25 ans minimum. Ça marche très fort et c’est une super bon emploi. J’en ai moi-même conduit un et ce n’est pas dur du tout, sur le plat, (comme ça l’est à Ho-Ma). C’est très décommandé comme vitesse. Ça ne peut pas aller très vite à moins de mouliner comme un malade.
      Aucune humiliation servile là-dedans.
      Je suis d’accord avec tout ce qui peut apaiser le trafic automobile, qui est une plaie.

      Denis Roussel

    • Le rickshaw, c’est un symbole d’exploitation.
      Allez en Inde voir ce qui en est, les pédaleux de rickshaws sont archi pauvres, souvent drogués, pressurés par le type qui leur loue le rickshaw pour la journée, ils en crèvent quoi !

      C’est pas une belle image, j’aurais honte de me faire traîner là-dedans.
      K. moreau

    • avec tous les trous qu il y a à Montréal , c est plus un jet pac que ça prendrait , remarquez que les trous c est plutot pratique pour stopper une manifestation hein , tous cas si je voulais arrêter des manifestations je ferais des trous dans la rue

      albert bela

    • “Le cyclo-pousse est à part. Il permet à la fois le confort du taxi sans « l’effort » du Bixi.”
      Je n’aurais pu mieux dire, je trouve qu’ils ont leur place, ne serait-ce que pour faire le tour du Vieux MTL par exemple ou bien de l’Ile Ste-Hélène, Notre Dame, l’Ile de La Visitation, parc Lafontaine,etc.

      Y. Béchard

    • “Je ne comprends toujours pas comment quelqu’un peut s’humilier à promener servilement des touristes à la sueur de son front en reproduisant un vestige des colonies asiatiques”

      Et le camelot qui t’apporte ton journal ? Le coiffeur qui te coupe les cheveux ? La waitress qui t’apporte ton déjeuner au resto ? On s’entend que les conducteurs de ces cyclo-pousse vont au moins gagner le salaire minimum, alors ils méritent notre respect.

      Y. Béchard

    • À ceux qui voient des symboles d’asservissement , de colonialisme de l’humiliation et des vestiges colonialistes je dis : respirez par le nez un peu. Pensez messager à vélo. Avez vous des remords denvoyer votre lettre?
      @keremodo, la pauvreté en Inde elle est partout, 700 millions d’indiens vivent sans eau courante, votre équation avec les rickshaw est ridicule.

      Et pour ceux qui ne l’ont jamais essayé , la majorité des rickshaw que j’ai pris , du côté de New york et aussi en europe (j’oublie la ville) sont pilotés par des jeunes qui le font par choix, afin de garder la forme et rencontrer des gens sympas.
      Ceux que j’ai pris au Japon, la même chose, jeunes mais aussi ancrés dans la tradition (avec les souliers spécialement confectionnés).
      C’est utile pour les distances trop courtes pour le taxi, mais comme alternative à la marche, mais vaut mieux dans le vieux Montréal que sur René-Levesque.

      JF Garneau

    • Symboles d’asservissement, mon oeil! Coudonc! Donc les éboueurs sont des gens asservis? Les balayeurs des rues (évidemment, même avec les machines…) sont asservis?

      Mon longuement défunt père disait qu’il n’y avait pas de sot métier, mais plein de sots, et il avait bien raison. J’ai plus de respect pour l’éboueur et pour le camelot (entre autres) que pour l’ingénieur-conseil qui fourre tout le monde.

      J’aimerais bien mieux être asservie à pédaler un vélo-pousse honnêtement qu’à travailler pour des avocats, comme je l’ai fait mes derniers 13 ans de travail. Les clients apprécieraient bien mieux que cette race de rastacouères.
      J. Lincourt

    • Les stations de métro (par où arrivent les touristes) sont très exactement situées au bas de la côte PIE-IX entre Pierre-De-Coubertin et Sherbrooke, alors que les attractions, comme le jardin botanique et l’insectarium, sont situées tout en haut. Disons que je ne voudrais pas être celui qui monte cette côte chargé de deux touristes bien portant. Justement, les circuits rendus publics par l’arrondissement semblent ne pas concerner l’Espace pour la vie.

      On semble privilégier le coeur d’Hochelaga, coeur d’ailleurs méconnu et négligé par les touristes, mais aussi par les Montréalais eux-mêmes. Alors, si le but est de mieux faire connaître un arrondissement qui n’a pas que des défauts, loin de là, et bien la démarche est noble. Qui ne tente rien n’a rien.

      Mais permettez-moi tout de même d’avoir un doute sur le succès de l’opération.

      Francis Huneault

    • @reml

      Voud dites: “Je ne comprends toujours pas comment quelqu’un peut s’humilier à promener servilement des touristes à la sueur de son front en reproduisant un vestige des colonies asiatiques…”

      Vos propos me rappellent l’image de cet américain blond aux yeux bleus qui, dans les rues de Kathmandu, avait décidé d’inverser les rôles. Il prenait un malin plaisir à tirer le népalais, devenu son client et qui arborait un large sourire tout comme les passants qui ne manquaient pas de le remarquer. Nous l’avons tous trouvé très cocace.

      Jacques Bisson, Laval

    • Quelques précisions sur le projet Vélopousse Maisonneuve que je connais très bien. Justement le projet n’est pas un concurrent aux Bixis, ni aux taxis. Il n’est pas un mode de transport pour amener des touristes d’un point A à un point B. C’est d’ailleurs pour ça, que les promoteurs ne voulaient pas l’appeler Vélotaxis pour éviter toute confusion dans l’esprit des gens.
      Vélopousse est un projet de découverte touristique permettant à des milliers de touristes fréquentant les installations olympiques de descendre et de découvrir les richesses d’un quartier qu’ils ne visitent jamais autrement, Hochelaga-Maisonneuve. Ces touristes pourraient, par exemple, découvrir sur le circuit des attraits et des patrimoines historiques méconnus (la mairie de l’ancienne Ville de Maisonneuve riche de son passé industriel, les églises, des maisons bourgeoises, des entreprises d’économie sociale comme le Chic Resto Pop, l’aréna où le Canadien a joué son tout premier match, les premières industries de Montréal, les commerces (restau et cafés) du quartier et plusieurs secrets méconnus du quartier.
      Le site du parc olympique présente le projet en ces termes : “Vélopousse vous transporte au cœur de la vie du quartier. À travers ses points d’intérêt, vous découvrirez son histoire et son dynamisme social.”
      Dans cette optique, le trajet, le circuit et les stations d’arrêt sont bien connus et déterminés d’avance en fonction des attraits du quartier. Le touriste ne peut descendre ou prendre le Vélopousse qu’à ses emplacements précis.
      Par ailleurs, les tricycles sont les points visibles de l’iceberg. Derrière Vélopousse, se trouve surtout un projet social et économique, c’est-à-dire la création d’emplois pour des jeunes de ce quartier défavorisé. Des jeunes qui sont formés sur les plan physique, sécurité, histoire, langues et qui sont désormais des acteurs de valorisation de leur quartier qu’ils ont entendu dénigrer toute leur vie. Bref, Vélopousse, c’est donc des jeunes d’Hochelaga qui présentent, avec fierté, les richesses culturelles et patrimoniales, les commerces de leur quartier à des touristes qui n’auraient jamais pensé qu’il y a des choses intéressantes à voir en bas de la côte. Selon les dernières informations, le projet pourrait se multiplier autour d’autres concentrations d’institutions touristiques comme l’Espace pour la vie ou dans d’autres quartiers en fonction des intérêts des commanditaires, certains tricycles seront motorisés pour pourvoir desservir des lieux en côte comme le Musée du Château Dufresne.
      Voyez-vous, nous sommes loin ici d’un projet avilissant.

      Rachad Lawani

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