Le blogue de François Cardinal

Archive du 21 juin 2012

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Afin d’encourager un débat respectueux, seuls les commentaires signés sont publiés. Merci.

J’ai participé à un ArchitecTour d’Héritage Montréal sur la Pointe-du-Moulin et son fameux Silo no 5, il y a quelques jours. J’ai adoré accéder à ces lieux habituellement fermés au public et ainsi pénétrer dans les entrailles de ce monstre de béton fatigué, mais toujours aussi solide.

Je reviendrai sur la visite comme telle et sur le sort qui attend cet emblème hors du commun, car je veux aujourd’hui partager avec vous une découverte qui, dans le contexte du débat en cours sur la place de l’art public à Montréal, m’a jeté à terre.

Lorsque vous faites le tour du silo no 5, que vous marchez vers l’est en longeant les annexes 1 et 2, en dépassant l’élévateur en métal puis en atteignant le bout de l’annexe B1, vous arrivez à la pointe de la Pointe-du-Moulin.

Et à cet endroit, vous apercevez, à quelques mètres derrière une clôture Frost surmontée de barbelés, une imposante sculpture à fourches de l’artiste Robert Roussil. Une sculpture magnifique, témoin d’un brutalisme d’une autre époque, et pourtant négligée.

Personne, en effet, n’a accès à ce secteur. Personne ne peut apercevoir la sculpture depuis le Vieux-Port. Personne ne peut donc profiter de cette œuvre signée par un des importants artistes de Montréal (d’autres sculptures de Roussil sont disséminées dans la ville), sinon les quelques plaisanciers qui se faufilent entre la Pointe-du-Moulin et le quai Alexandra.

Or il est intéressant de noter que cette œuvre, en plus d’être le vestige d’une autre époque, est pionnière de la fameuse politique du 1% en vigueur à Québec. Commandée par le ministère des Transports en 1973, elle faisait partie du projet de l’autoroute Ville-Marie.

Elle a d’ailleurs été installée, initialement, sur le terrain de la Tour de contrôle routier de l’autoroute, sur la rue Viger Ouest. Mais la construction de l’OACI a obligé les autorités à la démanteler en 1997, puis à l’installer ailleurs.

Mais pourquoi là? Mystère. La Société du Vieux-Port, manifestement, ne semblait pas savoir où la mettre.

Prêtée par le MTQ, elle a ainsi été installée dans ce no man’s land il y a… 15 ans, puis laissée à elle-même, entourée de hautes herbes et de barbelés (voir photo ci-dessous)… alors que l’on déplore justement le manque d’œuvres d’art public en ville!

Le Vieux-Port est conscient du problème, ce qui est en soi rassurant. «Nous réfléchissons à différentes avenues pour mettre en valeur nos œuvres d’art dans nos prochains travaux de réaménagement, explique Julie Mailhot. Nous sommes conscients que la sculpture de Robert Roussil pourrait être mise en valeur d’une manière plus importante.»

Ça me rappelle ces histoires, pas si lointaines, d’entrepôts municipaux remplis d’œuvres oubliées. Des œuvres, comme celle de Roussil, qui pourraient pourtant bonifier l’expérience culturelle publique à très peu de frais.

Montréal n’est pas une ville riche. Ne devrait-on pas profiter le plus possible de ce que l’on possède déjà?

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