Le blogue de François Cardinal

Le blogue de François Cardinal - Auteur
  • François Cardinal

    François Cardinal est chroniqueur à La Presse, spécialisé dans les affaires municipales et urbaines. Il aime la ville, toutes les villes.
  • Lire la suite »

    Partage

    Lundi 18 juin 2012 | Mise en ligne à 9h31 | Commenter Commentaires (23)

    Normand Laprise: «Osons la cuisine de rue, autrement…»

    Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine, Normand Laprise, Grand Chef Relais & Châteaux, propriétaire des restaurants Toqué! et Brasserie T!, se prête au jeu. N’oubliez pas de signer votre commentaire.

    capMontréal forge, de plus en plus, sa renommée sur une gastronomie qui lui est propre. Tourisme Montréal lancera, en novembre 2012, MTL à TABLE — 10 jours gourmands pour attirer non seulement les touristes épicuriens, mais les Montréalais reconnus pour leur fin palais et leur joie de vivre qui s’exprime par de nombreux festivals, événements et spectacles de rue. C’est dans cet esprit que je propose de faire revivre, AUTREMENT la « bouffe » de rue qui a quitté nos quartiers il y a maintenant 50 ans pour la remplacer par une « cuisine » de rue.

    J’aime Montréal, j’en suis fier et j’aimerais que la gastronomie descende dans la rue. Oui, à la cuisine de rue de qualité, mais à la condition d’avoir une législation sérieuse et rigoureuse.

    Je ne préconise pas le retour des anciens camions à patates aux odeurs de graisse, insalubres et encombrants. Ni l’envahissement de roulottes au centre-ville à proximité de restaurants existants.

    Pensons plutôt à des camions qui pourraient être d’anciens véhicules de livraison complètement refaits avec cuisines de préparation, fraîchement peints, attrayants et propres, à l’image inventive de Montréal.

    Les endroits privilégiés seraient les parcs (Gamelin, Jeanne-Mance, Lafontaine, Mont-Royal et autres), les festivals, spectacles de rues et petits marchés locaux en haute saison.

    Les plats cuisinés proviendraient de restaurants existants qui ont déjà une réputation — une extension cohérente de leur cuisine (surtout pas de chaînes).

    J’imagine une cuisine faite de produits locaux d’une fraîcheur irréprochable, des plats savoureux que l’on mange sur le pouce. À la façon d’un traiteur, la cuisine du camion servirait à réanimer les plats déjà partiellement préparés pour ensuite dispenser des petits menus rapides aux festivaliers et promeneurs dans les parcs. (Quant à moi, je n’ai aucune intention personnelle, j’ai déjà le bonheur d’opérer la Brasserie T!, un genre de « wagon sans roues » bien ancré au cœur du Quartier des Spectacles!)

    Ces camions pourraient être gérés par une Association à l’exemple du BIXI, c’est-à-dire une gestion indépendante de la ville qui n’est pas spécialiste en restauration. L’Association aurait des standards à faire respecter, une réglementation sur le type de camions autorisés, la qualité de la cuisine, le contrôle de salubrité, le choix des lieux d’exploitation, le tout en concertation avec la ville qui recevrait les contributions reliées aux permis.

    Cette Association déterminerait le nombre de camions autorisés par catégorie, par exemple — tacos, sandwichs gourmets, grillades, soupes et autres délices et interdirait la proximité du camion à un restaurant de même catégorie. L’Association serait le point de chute pour les réservations de camions destinés aux événements et contrôlerait la disponibilité de ceux-ci.

    Pour les restaurateurs qui sont craintifs, je leur dis de se méfier davantage du nombre explosif de permis accordés à de nouveaux établissements. Je remarquais récemment dans mon quartier, quatre « petits nouveaux » sur le même coin de rue! Cette explosion de nouveaux restaurants (sujet sur lequel j’aimerais revenir) est beaucoup plus inquiétante que l’autorisation d’une vingtaine de camions de cuisine de rue qui se rendraient aux endroits désignés où les clients sont déjà sur place et en abondance.

    Il y a une demande de la part des Montréalais et certains restaurateurs sont déjà sur la ligne de départ.

    À l’aube du 375e anniversaire de Montréal en 2017, OSONS maintenant le retour de la cuisine de rue, version XXIe siècle à l’image du Montréal gastronomique et fantaisiste.

    Tags:


    • Oui, osons cette version XXIe siècle. Et créons de la concurrence pour les restaurants chers et très ordinaires qui ne sont que des pièges à touristes, lesquels pullulent dans le Vieux, par exemple.

      J. Bouthillier

    • Et pourquoi pas aussi un camion à patates, un stand à hot-dog ? Oui pour les tacos de luxe et autres paninis gourmets, mais l’un n’empêche pas l’autre. Oui à la bouffe de rue, mais svp de la diversité, et pour tous les goûts et surtout toutes les bourses. Et surtout pas de privilège aux restaurateurs déjà existants pour en faire une extension de leur établissement. D. Bernier

    • une autre bébelle pour les bixis branchouillés saveur du mois où on va investir une fortune pour le partir et qui va être démodée dans six mois

      albert bela

    • Monsieur Laprise oeuvre magnifiquement dans un domaine qui n’est pas le mien. Il fait profiter tous les Montréalais d’un intérêt profond et dynamique pour l’art culinaire. Je m’en voudrais donc de méprendre les positions de l’un des principaux artisan de la gastronomie montréalaise.

      Cela dit, monsieur Laprise relève une compétition intense découlant d’un nombre exponentiel de nouvelles adresses (s’y ajoutant possiblement la cuisine de rue). La restauration me semble être un domaine ingrat où jamais rien n’est assuré. Pour un restaurateur établi, naturel donc d’avoir des inquiétudes, naturel que de poser des questions.

      Mais justement, étant situé de l’autre côté de la clôture, je me pose la question suivante: qu’aurait-on commis en empêchant l’ouverture du Toqué rue St-Denis, ou d’un certain Pied de Cochon rue Duluth pour cause de saturation sectorielle? N’y aurait-t-il pas eu injustice encore plus ingrate? Comment peut-on juger a priori du succès d’un établissement qui n’a pas vu le jour, et donc d’en juger la légitimité?

      Je prend peut-être ici un pas en avance, mais il me semble que le fond du sujet s’y trouve justement.

      Francis Huneault

    • Désolé, mais ce que M Laprise propose, c’est une extension de SA business. En quelque sorte, son plan d’affaire et ce qui l’avantagerait. C’est prêcher pour sa paroisse.

      Je suis pour le retour de la bouffe de rue à Montréal, mais je laisserais les instances municipales décerné les permis aux commerçants qui respectent les règles et exigences de salubrité alimentaire. Donc, ouvert à tous, à moins de représenter un risque pour la santé publique, et non juste aux resto établis.

      Une extension dérivé de resto existant me semble une option qui offre moins. Ils pourraient bien sûre le faire, sans pour autant empêcher de nouveaux entrepreneurs dans ce domaine. Dominique DeMari

    • S’il y a un domaine où Montréal brille (pour de vrai et non dans ses illusions…) et se démarque comparé au reste de l’Amérique du nord c’est bien la gastronomie.

      Je ne sais pas si l’idée de Normand Laprise (que je considère comme un des meilleurs au monde) est LA bonne idée mais certainement qu’il faudrait trouver moyen de miser là dessus plus que ce que l’on fait présentement, avant que les autres nous rattrapent.

      P Brasseur.

    • Je suis 100% d’accord avec dibern et dominique.demari: On peut très bien avoir de la bouffe de rue plus “traditionelle”, style hot-dog comme à NY et en même temps avoir des trucs plus sophistiqués. C’est quoi l’histoire de décider d’avance ce qu’il y aura….ce qui m’amène à mon 2ème point: M. Laprise est en conflit d’intérêt…alors il faut en prendre et en laisser, pour bien doser mes propos! A. Tanguay

    • Merci M. Laprise! Un support venant du parrain de la gastronomie à Montréal ne pourra que fortifier les efforts faits en ce sens. Si Montréal n’embarque pas dans ce courant, elle se fera dépasser rapidement par d’autres métropoles gastronomiques. Si des savoureux camions de bouffe peuvent faire concurrence aux restos bien trop chers qu’offre les centres touristiques et des affaires, tant mieux! J’ai visité plusieurs villes où cette street food est légion, et non, ce n’est pas une affaire de “branchouillards”, ni de mode passagère. Les hommes/femmes d’affaire du centre ville y descendent manger un truc, différent chaque jour, pour quelques dollars seulement. Il y aura toujours une place pour les restos traditionnels, mais une diversification de l’offre ne pourra rendre la ville que plus attrayante et conviviale. Montréal est tout indiquée pour ce genre d’expérience.

      Ces camions permettent également de faire connaître rapidement, pour pas cher, des cuisines moins représentés et établies, penser bibimbap coréen, dim sums, saveurs indonésiennes, malaysiennes… Et peut-être même encourager des gens à essayer, par la suite, des “vrais” restos de ces cuisines qu’ils n’auraient pas osé essayer autrement. Et pourquoi pas un camion “Tourtière du Lac”, pour faire connaître aux touristes notre bouffe traditionnelle pour pas cher?

      Hourra pour la bouffe de rue!!

      L. Delmas

    • Diberm, ne pourrions-nous pas essayez d’être meilleur? Se distinguer, se rapprocher un peu de la notion francaise de gastronomie, et non de la merde nord-américaine

      Et si vous etes capable de vous payer un quart poitrine chez St-Hubert, vous etes capable de manger des Tacos Grumman’ et les autres trucs qui seront servis. C’est de la bouffe de rue, misère, lachez-moi avec votre portefeuille.

      Quant au commentaire évoquant le conflit d’intéret de M Laprise, alors que celui-ci énonce que cela ne l’intéresse pas, deux choses: avez-vous lu son billet, et deux, est-ce qu’on peut arreter de présumer que tout le monde est un entrepreneur en construction véreux qui ne pense qu’à l’argent? Il ne faut pas connaitre le milieu de la gastronomie pour penser que c’est une business purement mercantile.

      Merci M. Laprise, j’étais contre l’idée de la bouffe de rue car cela me semblait ramener Montréal au niveau des autre villes Nord-américaines, mais si on le fait comme il faut, j’embarque!

    • signé: Guy Gadbois

    • Je comprend du propos de M. Laprise deux choses:
      “oser” et “autrement”
      J’avoue que je suis bien d’accord. Des hot-dogs dans l’eau sale à New York c’est pas nécessairement la chose la plus intéressante.
      Montréal jouit déjà d’une réputation enviable pour les “foodies” du nord est. Je connais plusieurs américains qui se font des petits pèlerinages annuels pour… manger ici.
      Si on ajoute les festivals, l’été (autant que l’hiver) c’est un thème intéressant à développer que le “street food” montréalais,
      Récemment, lors de la conférence C2-MTL les participants ont pu gouter aux quelques bons exemples de “street food” montréalais, Muvbox, Grumman, etc. qui furent fort appréciés.

      JF Garneau

    • @guygadbois: Tant mieux s’il n’y a pas de conflit et je veux très bien qu’il s’implique, dans tous les cas. Mais quand on commence à faire partie de la “solution” et de sa mise en place, la ligne est mince…Personne n’a mentionné le mot “véreux” à ce je sache. On se calme. Il serait par contre inapproprié de ne pas mentionner et étudier, dans tous les cas, quels sont les intérêts potentiels des intervenants. Et ce, pour le bien-être et l’éthique de tous et toutes. Bonne journée. A. Tanguay

    • @guygadbois: J’oubliais: vous écrivez vouloir “embarquer”, “si on le fait comme il faut”. C’est quoi le faire “comme il faut”? Selon qui? Comment? Pourquoi? Et si votre “comme il faut” n’était pas celui de la masse? Vous n’embarquez pas? C’est en fait une question difficileà répondre mais à laquelle M.Laprise mérite dans doute de participer! A. Tanguay

    • Je n’aime pas le ton méprisant qu’a monsieur Laprise à propos des roulottes à patate. Ce dernier préfère refiler du réchauffé haut de gamme, qu’une bonne patate fraichement pelée et coupée, du fromage qui fait scouic-scouic et une sauce brune composée d’aromates et bien réduite, sans croute d’amidon ou de gélatine…

      Il y a quelquechose d’un peu choquant dans ce mépris de la cuisine “du peuple”. En effet, la plupart des gens ne peuvent pas se payer Toqué ou même sa “brasserie”… Ça m’étonnerais que monsieur et madame tout le monde puissent se payer un tartare de pétoncles aux fraises avec sa sauce au pernod sur l’heure du lunch. Ou un foie gras d’oie poelé aux morilles.

      Ah oui, un foie gras, vous servez ça dans une assiette en carton ?

      Ça me fait peur également que monsieur Laprise minimise à ce point l’impact du réchauffé, ce qu’il appelle le “réanimé”. Ça me fait peur pour la gastronomie Montréalaise et pour son institution. Va-t’il nous servir du réchauffé ?

      Pire, on accompagne ledit plat de qualité avec quoi ? Un pepsi? Une eau minérale ? Sur l’heure du lunch, du vin … hmmmm pas sur.

      Il faut dire que monsieur Laprise est un Baron de la gastronomie Montréalaise. Comme tout noble de la gastronomie, il veut défendre son fief. C’est pourquoi aussi qu’il propose que les popottes roulantes soient l’extension de restaurants existants.

      Bref, ce genre de brouillon corporatiste ne m’étonne pas. Certaines bonnes idées, comme l’esthétique desdites popottes, le souci de la qualité, voir même le souci du local.

      Mais ne tirez pas à bout portant sur le vendeur de crèpes, de poutine ou de roll-dogs, de grâce. Les hot dogs de Coney Island sont à veille de faire partie du patrimoine immatériel de l’UNESCO ! Tout comme les Döner Kebabs de Berlin ou les crèpes parisiennes. Ça fait partie de l’ame de la ville, de ce que le touriste ordinaire, qui n’a pas les moyens de se payer Toqué, retiendra de souvenir gustatif de Montréal.

      F. Picard

    • @guygadbois
      1) Je ne mange jamais chez St-Hubert, c’est trop cher pour du junk.
      2) J’ai mangé à qq reprises à la Brasserie T de M. Laprise. Meilleur burger à vie. Et seulement pour qq dollars de plus qu’une assiette chez St-Hubert.
      3) On mange quoi dans les rues à Paris (haut-lieu de la gastronomie) ? Des simples crêpes Monsieur ! Au Nutella, au jambon… Pas cher.
      4) Je parle de diversité autant dans le choix des plats que dans les prix.

    • oublié de signer. D. Bernier. Merci.

    • Le pire c’est que je comprend pas que Cardinal, qui devrait, normalement ,etre contre la surconsommation approuve ca, encore des déchets qui vont s’accumuler en ville, juste a voir le Mont Royal le lundi matin.

      Y. Béchard

    • Je veux un camion Schwartz, un camion pour les ciabattas de GIGI, un camion avec du poulet Portugais.

      Si vous écoutez Eat Street sur le food channel, vous verrez que seuls les meilleurs et les choses uniques survivront. La théorie de Darwin s’appliquera aussi à la bouffe de rue.

      Bien d’accord avec Mr Laprise mais s’il tente de faire un camion à poutine au foie gras pour 25$, il est mieux d’oublier ça tout de suite. La bouffe de rue fonctionne car c’est bon, unique et surtout pas cher …

      S. Barry

    • Le jovialisme de M. Laprise et autres “pro bouffe de rue on va faire autrement que les autres” m’émeut. Il y a tellement de “si” dans leur affaire qu’il est difficile de comprendre ou ils veulent en venir. Qu’on ne se leurre pas, les multi-nationales trouveront bien un moyen pour mettre la main la dessus et nous donner la ” liberté” de choisir ce qu’ils auront bien voulu nous servir. Libâââârté…

      Sylvain Pelletier

    • L’idee est bonne au depart, mais son plan, ou idee, commence deja a etre difficile a gere !
      Association de ci ou ca, camion comme ci comme ca, nombre de restos limites a un certain nombre pour une certaine zone … ca commence a faire bcp de trucs a surveiller pour aider les gens a manger sur le pouce …

      D Cormier

    • D’accord sur la base décrite sauf une, le laboratoire à nourritures. J’aimerais que beaucoup de personnes désirant ouvrir des restaurant à spécialités “ethnique” commence par la rue. Je crois que les essais et erreurs sans que ces gens américanise leurs cuisines, pourraient leur permettre de créer une clientèle qui suit de manière assez amusante pour ouvrir une antenne terrestre stable. Trop de restaurant ouvre et ferme à Montréal. Ceci pourrait permettre d’avoir moins d’investissement et ouvrir vers une certaine fidélisation plus amusante pour tout le monde. Donc mon ballon est plus un mélange d’établi et de junior dans toutes les directions pour continuer à montrer le côté Montréal ville ouverte.
      Sylvain Lafrenière

    • Non non et non aux stands à patates roulant de grâce! Non, ce n’est pas bon un hot-dog ou une poutine, peu importe comment elle est faite! Ce sont des aliments vides et riche en calories qui pulullent déjà un peu partout! Ils n’ont certainement pas besoin de davantage d’exposition. Notre popuation n’a jamais été aussi grosse et ce n’est pas en mangeant de la bonne nourriture qu’elle est devenue ainsi: c’est à force de considérer une poutine et un hot-dog comme étant un repas “acceptable”.

      Oui oui et oui aux stands offrant de la nourriture de qualité à prix raisonnable. Quelle est donc cette mentalité que la seule nourriture abordable soit des hot-dog????

      Pour ce qui de New-York, les stands à hot-dogs n’ont rien d’enviable. Ils sont insalubres au mieux et ils vous vendent un misérable hot-dog une fortune. Pour l’abordabilité, on repassera.

      R. Guillet

    • Wow!!! Bravo, excellente idée!! Je suis souvent très critique ici pour les idées malficelé, mais là je doit admettre, bravo!!!

      Je ne vois que du positif à cette idée bien pensée et qui pourrait devenir une signature de Montréal.

      Re-Wow!!!

      Bernard Théroux
      Hochelaga

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Twitter

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    mars 2014
    D L Ma Me J V S
    « fév   avr »
     1
    2345678
    9101112131415
    16171819202122
    23242526272829
    3031  
  • Archives

  • publicité