Quel avenir pour Montréal?

Archive du 9 juin 2012

Samedi 9 juin 2012 | Mise en ligne à 8h05 | Commenter Commentaires (23)

Montréal ne subventionne pas le BIXI. Point.

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Afin d’encourager un débat respectueux, seuls les commentaires signés sont publiés. Merci.

Mon dernier billet sur BIXI m’a valu beaucoup de commentaires. La plupart écorchaient le ministre Lessard pour ses propos ineptes sur les «béciks à pédales», mais un bon nombre remettaient en question mes affirmations, ou pour être plus précis, une affirmation.

J’avançais que le financement du BIXI ne vient pas du tout des coffres de la Ville. Contrairement à toutes les villes qui ont acquis le BIXI (sauf Toronto et New York), Montréal a en effet choisi de ne pas subventionner directement son réseau de vélos en libre-service.

Certains m’ont répondu que le prêt fait à BIXI par Montréal était en fait une façon détournée de financer le service. M Veillette (@mveill1) poussait même l’argument plus loin en le quantifiant : la Ville pourrait ainsi verser autour de 4,5 millions $ à BIXI.

J’ai posé la question aux gens de BIXI. Leur réponse se résume en trois points.

Je vous préviens, cela dit, je suis journaliste, non pas comptable. Ma compréhension des données et des comptes de BIXI est donc celle d’un homme de mots, non pas de chiffres… Vos réactions et commentaires sont donc les bienvenus.

- Pas de subventions à BIXI…

La Ville ne subventionne pas BIXI, au contraire. Il y a de bonnes chances qu’elle en tire un certain revenu, symbolique certes, mais néanmoins réel.

En effet, le prêt accordé par la Ville de Montréal comporte un taux d’intérêt de 2%. On ne connaît pas le taux d’emprunt de la Ville. Mais prenons comme hypothèse qu’il est à 1,75%, ce qui est fort prudent quand on sait que le coût d’emprunt de la STM était de 0,75 % en 2011.

Dans pareille hypothèse, donc, la Ville bénéficierait d’un revenu de 0,25% sur le prêt octroyé à BIXI. En 2012, cela lui permettrait donc de toucher 58 000 $. On est donc loin de la subvention indirecte…

On s’entend, si le taux d’emprunt augmente au-dessus de 2 %, la Ville pourrait perdre de l’argent, mais à court terme, il y a peu de risques que les taux d’intérêt augmentent. Et à l’inverse, si le taux d’emprunt de la Ville est sous la barre des 1,75 %, elle récoltera tout simplement plus d’intérêts.

- Un prêt remboursé chaque mois…

Au moment où le prêt a été accordé, le 2 juin 2011, il s’élevait à 37 millions $ pour un terme de 5 ans, remboursable à raison d’un montant de 250 000 $ par mois, à quoi il faut ajouter des intérêts de 2%.

J’évoquais hier 13 ans, mais cela n’est qu’un bête calcul fait à partie des paiements mensuels. Le premier terme est sur cinq ans, après quoi le prêt sera renégocié. Il pourrait donc être remboursé moins vite, mais aussi plus vite.

On peut donc jouer aux oiseaux de malheur. Mais on peut aussi voir la situation actuelle, c’est-à-dire que tous les paiements ont été faits. Le solde du prêt s’élève donc à 34,3 millions $.

Donc à ce jour, la Ville est gagnante dans la transaction (toujours avec l’hypothèse d’un coût d’emprunt de 1,75%).

- Des risques minimes pour la Ville…

Il y a un risque pour la Ville dans une telle aventure, mais il est faible. Dans l’hypothèse ou BIXI ne peut plus rembourser son prêt de 37 millions $, et ce jusqu’à la fin du terme de 60 mois et en tenant compte des intérêts composés, la perte en intérêt s’élèverait à 3,4 millions $.

À cela, répondront certains, il faut ajouter les risques liés aux garanties de prêt de 71 millions $ que la Ville a aussi accordées à BIXI. C’est plus ou moins vrai.

La majeure partie des garanties de prêts (60 millions $) servent de garantie sur l’affacturage des revenus de BIXI provenant des ventes à l’étranger. La balance (11 millions $) est utilisée pour la ligne de crédit d’opérations de BIXI ainsi que pour des lettres de garanties qui doivent être émises dans le cours normal de ses activités.

Or selon le comptable de BIXI, le coût de l’affacturage ainsi que le coût des garanties pour la ligne de crédit sont totalement à la charge de BIXI, et donc en aucun cas à la charge de la Ville. Le seul risque qu’encours la Ville, me dit-on, est que la ville de Londres ou New York ne paie pas pour les équipements qui lui ont été livrés et installés… ce qui est très peu probable, convenons-en.

Qu’en pensez-vous? Ces chiffres vous convainquent-ils, non pas que BIXI est une merveille (certains se réveillent pour le détester, si je comprends bien), mais à tout le moins que la Ville prend un risque plutôt raisonnable? Et qu’elle ne subventionne pas le BIXI?

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