Le blogue de François Cardinal

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  • François Cardinal

    François Cardinal est chroniqueur à La Presse, spécialisé dans les affaires municipales et urbaines. Il aime la ville, toutes les villes.
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    Lundi 28 mai 2012 | Mise en ligne à 6h30 | Commenter Commentaires (7)

    Donald Jean: «Montréal, plus riche d’une diversité plus productive»

    Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine, Donald Jean, président-directeur général de l’Agence de presse Médiamosaïque, se prête au jeu. N’oubliez pas de signer votre commentaire.

    DONALD_JEANMontréal sera plus riche dans les prochaines décennies, mais à condition que notre métropole exploite à bon escient le plein potentiel de la diversité qui la singularise des autres villes du Québec, du Canada et du monde.

    Car la productivité de cette diversité risque de ne pas être au rendez-vous si cette dernière n’est pas mise en condition pour développer un sentiment d’appartenance encore plus fort à cette société.

    Fort heureusement, dans le Montréal que je sillonne depuis plus d’une dizaine d’années, on ne veut plus être l’Arabe, le Noir, l’Autochtone, l’Asiatique, le Juif, le Latino, l’Italien de service. La grande tendance qui se dessine : on veut être Québécois, point barre. Grande concession!

    Toutefois, l’effort de s’identifier de moins en moins à travers nos petits drapeaux d’origine doit inévitablement être compensé par l’obtention des privilèges dus au statut d’être Québécois.

    En s’attirant les meilleurs cerveaux de la planète, oui, Montréal peut s’assurer de demeurer compétitive, mais la probabilité de perdre ces talents, faute de ne pas les identifier, les exposer, les encadrer, est tout aussi élevée. Car, il faut éviter de tuer à petit feu, qui sait, à Montréal, des modèles, des équivalents d’un Sergueï Brin (jeune immigrant d’origine russe qui a cofondé Google) ou d’un Mark Zuckerberg (fils d’immigrants qui devient le plus jeune milliardaire de la planète avec Facebook).

    Sans dédouaner les secteurs public, privé, les mécènes, de Montréal, il revient aux médias de multiplier les tribunes au profit de la diversité, non pas pour parler de discrimination ou d’intégration, mais pour opiner autour des enjeux qui passionnent tous les Québécois. Car, ce sont les médias qui façonnent les mentalités.

    Au niveau de notre Agence de presse Médiamosaïque, du Gala des «Lys de la Diversité du Québec» et du «Réseau Diversité Plus», prônant la transformation sociale, on cible d’abord et avant tout les médias, parce que l’appui de ces outils est indispensable pour fabriquer des hommes politiques, de grands chefs d’entreprise, de fortes personnalités culturelles, issus de la diversité.

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    • Mr. Jean,
      En tant que minorité ethnique je peux dire la chose suivante. D’un point de vu identitaire, Montréal n’est pas New York (pas encore, ça arrivera un jour à mon avis), ni Toronto (nous n’embrassons pas tous avec euphorie la pan-identité “Canadian” ni l’identité Québécoise d’ailleurs). Au cas où vous ne le saviez pas, les luttes identitaires Québécoises ont le plus affecté Montréal et ses communautés Anglophones et Allophones. Si aujourd’hui, ils sont tous bilingues et trilingues, ils ne ressentent pas pour autant l’identité Québécoise en eux. Tous les gens à qui je parlent se disent Montréalais d’abord et avant tout. Ce, Avant d’être Québécois et avant d’être Canadiens. De croire que Montréal peut s’identifier, historiquement et culturellement, avec la ville de Québec ou le Saguenay Lac St-Jean, c’est de la pure fantaisie. Montréal ne peut se reconnaître qu’en Montréal. Les franco-Montréalais se sentent peut-être plus Québécois, les anglos-Montréalais se sentent peut-être plus Canadien, les allophones sont peut-être plus attachés à leur mère patrie que partout ailleurs en Amérique du Nord mais ce sont des clivages laissés par les luttes identaires des décennies passées.

      En voulant se regrouper, se rassembler, s’identifier et se reconnaîtres, le nationalisme Québécois à forcémment tracé les lignes dans le sol. Moi je suis moi et toi tu est toi. Point final. Ce n’est pas très rassembleur et en même temps ce n’est pas trop à plaindre. À l’instar de Toronto ou les communautés ethniques cherches désespéremment à embrasser l’identité Canadienne si acueillante, ici à Montréal on reste attachés à nos racines. Ce n’est pas à Toronto que l’on retrouve des enfants d’immigrants de 3eme génération qui peuvent encore parler l’italien ou le Créole. En Amérique du Nord, on ne retrouve ça qu’à Montréal (véritable ville trilingue). Néamoins, l’identité Montréalaise est à la hausse et finira un jour par dominer.
      G. Gomez

    • plein d’éléments valables, constructifs, convaincants dans cette proposition et dans ce texte, mais également de curieux accents:

      “on ne veut plus être l’Arabe, le Noir, l’Autochtone, l’Asiatique, le Juif, le Latino, l’Italien de service. La grande tendance qui se dessine : on veut être Québécois, point barre. Grande concession!”

      peut-on nous expliquer en quoi il s’agit d’une “concession”?

      je n’ose croire que ce terme a été judicieusement choisi et retenu…

      en fait, si pour un immigrant le fait d’apprendre à se considérer comme Québécois(e) représente une telle souffrance et doit être vécu comme une coûteuse “concession”, alors en bon chrétien je proposerais qu’on s’évite ce genre de torture et qu’on n’émigre pas du tout…

      “concession”? stupéfiant!

      R.Mallet-Stevens

    • @simonon, je suis tout à fait d’accord avec vous, le mot concession m’horripile et compensé encore plus. Je comprends mal le sens de cette lettre, est-ce de troc que nous parlons?
      Comme Québécois conquis et colonisés, nous avons trop fait de concessions, et nous ne vous en demandons pas tant M. Jean, ni à vous, ni à personne. Je doute que M.Brin et Zuckerberg aient fait des concessions en échange de leurs talents.

      M.Leduc

    • @simonon et @marcelleduc,

      J’espère que vous allez comprendre que l’élasticité de notre langue peut, des fois, laisser des sous-entendus, des interprétations les plus farfelues ou faire dire aux gens ce qu’ils n’ont jamais eu dans la tête. J’ai utilisé le mot “concession” ici c’est dans le sens où ces minorités ont souvent été critiquées, à tort ou à raison, de préférer vivre dans ghettos au lieu de s’intégrer.
      Aujourd’hui, si bien d’entre elles acceptent de faire le saut, j’aimerais bien qu’on le voie positivement. Ce faisant, le vivre ensemble peut alors prendre un tout nouveau virage…

      En voulant participer et devenir Québécois, ou Montréalais, pour rejoindre notre ami Gab77, ces minorités concèdent de tasser leurs petits drapeaux d’origine pour embrasser le fleurdelisé. C’est simple, mais c’est fort et symbolique! J’aime voir ça, la St-Jean, quand les communautés se l’approprient, et l’on démontre, rien qu’en l’espace de cette célébration, l’exemple d’une grande collectivité qui assume sa diversité. Bref, il n’y a aucune sémantique énigmatique dans mon propos. Je dois tout de même féliciter @Simonon qui a tout de même relevé l’apport constructif de ma proposition, s’appesantir inutilement sur le détail en question n’a aucune espèce d’importance, à mon avis… Ceci étant dit, passons!

      Enfin, @marcelleduc, c’est trop facile de penser que Brin et Zuckerberg aient fait un quelconque échange, quand on sait très bien qu’il est devenu un automatisme chez la majorité des nouveaux arrivants de se sentir Américains dès leur arrivée aux USA, voire chez ceux qui s’intègrent pleinement ou qui sont de la 2e ou 3e génération. Allez savoir pourquoi? Ce n’est pas encore le cas chez nous, mais on y arrive.

      Voilà pourquoi, j’ai sagement conseillé aux médias québécois d’identifier, d’exposer voire d’encadrer des talents de la diversité qui fourmillent ici. Car, plus ils ont l’impression que leurs talents sont appréciés, plus ils éprouveront de la fierté à affirmer et même crier sur toutes les tribunes leur appartenance à notre collectivité. Ça illustre bien notre formule gagnant/gagnant.

      Donald Jean

    • cher monsieur Jean,

      ici comme souvent, le diable est dans les détails et ce terme (”concession”) m’a semblé au mieux ambiguë, au pire désagréable;

      vous précisez: “il est devenu un automatisme chez la majorité des nouveaux arrivants de se sentir Américains dès leur arrivée aux USA, voire chez ceux qui s’intègrent pleinement ou qui sont de la 2e ou 3e génération. Allez savoir pourquoi?” Une chose semblable se produit au Canada anglophone. Pourquoi, demandez-vous? Je serai bref et direct: un mélange de crainte et de fierté. Le Québec n’inspire ni l’une ni l’autre (ce qui est en bonne partie injuste);

      et je continue de croire que vos propositions sont constructives, valables et utiles.

      RMS

    • M Jean,
      Les Québécois sont encore dans leur épopée d’identification. De les traiter de racistes, d’ethnocentrqieus ou de personnes non-acueuillantes c’est mal les comprendre. Car si l’impression d’être oprimé, d’être colonisé, d’être persécuté, d’être méprisé, de n’avoir aucun contrôle sur son propre destin et de sentir perpetuellement d’être à une fausse manoeuvre de l’extinction sont des sentiments inexplicables, injustifiables, incompréhensibles ou anachronistes pour les anglophones de l’amérique du nord, ce sont des sentiments bien réelles avec lequelles les Québécois composent quotidiennement à différents degrés de sévérités. L’épopée Québécoise est toujours en cours, le temps de se définir, de se reconnaître est encore présent. Il est difficile d’intégrer les autres quand nous mêmes nous en sommes à nous poser la question “qui sommes nous?”. On peut remercier le colonialisme britannique et l’église catholique pour cet heureux résultat mais nous devons le respecter et être patient.
      Il y a cette friction à Montréal entre les immigrants qui veulent se faire aimer et adopter et les Québécois qui craignent l’effacement. Un immigrant en région, ça s’intègre bien mais l’immigration à Montréal c’est un gros monstre qui peut parfois faire peur.

      Personellement je propose que tous les immigrants apprennent le français, adoptent les valeurs libérales Nord-Américaines et foutent la paix aux Québécois. Qu’ils aillent à la fête de la St-Jean si ça leur chante (ils n’y que les Haîtiens et les Latinos de Montréal Nord ou Montréal-Est qui le font) mais qu’ils aient patience.

      Montréal est un endroit complex qu’il prend beaucoup de temps à comprendre et adopter. C’est comme ça depuis des siècles.

      G. Gomez

    • (en passant, je ne voulais pas dire que c’est vous qui traités les Québécois de racistes, d’ethnocentriques etc…, mais je sais que ce sont des idées courantes dans les milieux non-québécois)
      G. Gomez

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