Le blogue de François Cardinal

Archive, mai 2012

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Après les averses torrentielles, au tour d’une pluie de statistiques, froide et drue, de s’abattre sur Montréal.

Au cours des derniers jours, Statistique Canada et la CMM ont publié de nombreuses données qui sont bien plus dommageables pour la métropole que les inondations de mardi…

D’abord, l’agence fédérale confirme la poursuite de l’exode des jeunes familles vers la banlieue. Les plus fortes concentrations de jeunes de moins de 15 ans se retrouvent en effet loin de l’île, à Saint-Colomban, La Prairie, Blainville et Lavaltrie.

À ce rythme, c’est à se demander si les enfants deviendront une espèce en voie de disparition à Montréal…

Ensuite, la CMM a réalisé une compilation des trois enquêtes Origine-Destination (1998, 2003 et 2008) afin de dresser un portrait de l’évolution des déplacements dans le Grand-Montréal. Dans le lot, une seule bonne nouvelle : le transport en commun gagne en popularité (17,3 % à 21,5 % des déplacements en dix ans).

Pour le reste, rien de réjouissant pour l’avenir de la métropole.

En vrac :

- la distance moyenne parcourue est en hausse depuis 1998, ce qui confirme que les banlieusards s’installent toujours plus loin du centre;

- ce sont les déplacements pour le travail qui tirent la moyenne vers le haut, avec une distance moyenne parcourue d’environ 10 km;

- les déplacements qui se font vers l’île pour le travail, les achats et les loisirs diminuent de manière considérable, ce qui témoigne de l’autosuffisance croissante des banlieues;

- le transport actif, c’est-à-dire le vélo et la marche, accuse une légère baisse de popularité au moment où on le croyait en hausse (notons que ces statistiques s’arrêtent en 2008).

Il n’y a là rien de bien nouveau, direz-vous. Ce qui est vrai. Mais là est justement le problème : ce sont des tendances lourdes. Et peu importe les politiques, les stratégies et les plans d’action, elles ne semblent pas vouloir se résorber.

J’ai donc une question pour vous.

Étant donné que cette évolution des déplacements n’est pas différente de celle que l’on observe ailleurs en Amérique du Nord, perd-on notre temps à essayer de l’inverser? Ou doit-on continuer à espérer, quitte à intensifier les mesures pour attirer familles et banlieusards sur l’île?

Personnellement, je crois qu’il faut continuer d’espérer, car une région dont le centre se vide est une région dont le cœur cesse de battre. Il faut donc, à mon avis, bonifier les programmes d’accès à la propriété, multiplier les quartiers verts, contraindre les promoteurs à bâtir autre chose que des condos et investir massivement dans le transport en commun urbain.

Mais bon, certains pensent que c’est une perte de temps et d’argent. Vous en pensez quoi?

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Mardi 29 mai 2012 | Mise en ligne à 6h35 | Commenter Commentaires (28)

Une pub de char… avec pas d’char!

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Québec et le Grand-Montréal ont annoncé hier quelques mesures pour désengorger la région au cours des prochains mois, dont certaines en transport collectif. Il est question d’une hausse du service de bus, d’une trentaine de kilomètres de voies réservées et de l’ajout de places de stationnement autour des gares.

Parallèlement, en vue des travaux routiers, la STM (tout comme d’autres sociétés de la région) tente d’attirer plus de monde dans son réseau grâce à des passages gratuits et à des rabais lors d’abonnements annuels. Une autre voie privilégiée : des pubs plutôt efficaces, à la radio et dans les journaux, où l’on tente de combattre le feu avec le feu.

Je vous laisse commenter, mais personnellement, j’aime beaucoup l’emploi du contre-emploi…

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Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine, Donald Jean, président-directeur général de l’Agence de presse Médiamosaïque, se prête au jeu. N’oubliez pas de signer votre commentaire.

DONALD_JEANMontréal sera plus riche dans les prochaines décennies, mais à condition que notre métropole exploite à bon escient le plein potentiel de la diversité qui la singularise des autres villes du Québec, du Canada et du monde.

Car la productivité de cette diversité risque de ne pas être au rendez-vous si cette dernière n’est pas mise en condition pour développer un sentiment d’appartenance encore plus fort à cette société.

Fort heureusement, dans le Montréal que je sillonne depuis plus d’une dizaine d’années, on ne veut plus être l’Arabe, le Noir, l’Autochtone, l’Asiatique, le Juif, le Latino, l’Italien de service. La grande tendance qui se dessine : on veut être Québécois, point barre. Grande concession!

Toutefois, l’effort de s’identifier de moins en moins à travers nos petits drapeaux d’origine doit inévitablement être compensé par l’obtention des privilèges dus au statut d’être Québécois.

En s’attirant les meilleurs cerveaux de la planète, oui, Montréal peut s’assurer de demeurer compétitive, mais la probabilité de perdre ces talents, faute de ne pas les identifier, les exposer, les encadrer, est tout aussi élevée. Car, il faut éviter de tuer à petit feu, qui sait, à Montréal, des modèles, des équivalents d’un Sergueï Brin (jeune immigrant d’origine russe qui a cofondé Google) ou d’un Mark Zuckerberg (fils d’immigrants qui devient le plus jeune milliardaire de la planète avec Facebook).

Sans dédouaner les secteurs public, privé, les mécènes, de Montréal, il revient aux médias de multiplier les tribunes au profit de la diversité, non pas pour parler de discrimination ou d’intégration, mais pour opiner autour des enjeux qui passionnent tous les Québécois. Car, ce sont les médias qui façonnent les mentalités.

Au niveau de notre Agence de presse Médiamosaïque, du Gala des «Lys de la Diversité du Québec» et du «Réseau Diversité Plus», prônant la transformation sociale, on cible d’abord et avant tout les médias, parce que l’appui de ces outils est indispensable pour fabriquer des hommes politiques, de grands chefs d’entreprise, de fortes personnalités culturelles, issus de la diversité.

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