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Après les averses torrentielles, au tour d’une pluie de statistiques, froide et drue, de s’abattre sur Montréal.
Au cours des derniers jours, Statistique Canada et la CMM ont publié de nombreuses données qui sont bien plus dommageables pour la métropole que les inondations de mardi…
D’abord, l’agence fédérale confirme la poursuite de l’exode des jeunes familles vers la banlieue. Les plus fortes concentrations de jeunes de moins de 15 ans se retrouvent en effet loin de l’île, à Saint-Colomban, La Prairie, Blainville et Lavaltrie.
À ce rythme, c’est à se demander si les enfants deviendront une espèce en voie de disparition à Montréal…
Ensuite, la CMM a réalisé une compilation des trois enquêtes Origine-Destination (1998, 2003 et 2008) afin de dresser un portrait de l’évolution des déplacements dans le Grand-Montréal. Dans le lot, une seule bonne nouvelle : le transport en commun gagne en popularité (17,3 % à 21,5 % des déplacements en dix ans).
Pour le reste, rien de réjouissant pour l’avenir de la métropole.
En vrac :
- la distance moyenne parcourue est en hausse depuis 1998, ce qui confirme que les banlieusards s’installent toujours plus loin du centre;
- ce sont les déplacements pour le travail qui tirent la moyenne vers le haut, avec une distance moyenne parcourue d’environ 10 km;
- les déplacements qui se font vers l’île pour le travail, les achats et les loisirs diminuent de manière considérable, ce qui témoigne de l’autosuffisance croissante des banlieues;
- le transport actif, c’est-à-dire le vélo et la marche, accuse une légère baisse de popularité au moment où on le croyait en hausse (notons que ces statistiques s’arrêtent en 2008).
Il n’y a là rien de bien nouveau, direz-vous. Ce qui est vrai. Mais là est justement le problème : ce sont des tendances lourdes. Et peu importe les politiques, les stratégies et les plans d’action, elles ne semblent pas vouloir se résorber.
J’ai donc une question pour vous.
Étant donné que cette évolution des déplacements n’est pas différente de celle que l’on observe ailleurs en Amérique du Nord, perd-on notre temps à essayer de l’inverser? Ou doit-on continuer à espérer, quitte à intensifier les mesures pour attirer familles et banlieusards sur l’île?
Personnellement, je crois qu’il faut continuer d’espérer, car une région dont le centre se vide est une région dont le cœur cesse de battre. Il faut donc, à mon avis, bonifier les programmes d’accès à la propriété, multiplier les quartiers verts, contraindre les promoteurs à bâtir autre chose que des condos et investir massivement dans le transport en commun urbain.
Mais bon, certains pensent que c’est une perte de temps et d’argent. Vous en pensez quoi?
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