Le blogue de François Cardinal

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  • François Cardinal

    François Cardinal est chroniqueur à La Presse, spécialisé dans les affaires municipales et urbaines. Il aime la ville, toutes les villes.
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    Lundi 30 avril 2012 | Mise en ligne à 6h45 | Commenter Commentaires (12)

    Jean-Claude Poitras: «Il manque un symbole architectural emblématique»

    Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine, le designer Jean-Claude Poitras se prête au jeu. N’oubliez pas de signer votre commentaire.

    poitrasJ’aime trop Montréal pour être complaisant et flagorneur vis-à-vis d’elle.

    Une ballade dans notre Quartier des spectacles, fleuron de notre capitale culturelle et design, ainsi que de ses abords, dépeint la triste réalité d’une œuvre inachevée aux allures de ville bombardée avec ses terrains vagues (la démolition du Spectrum, une salle mythique, est une aberration dont plus personne ne parle).

    Ces immeubles placardés tout autour du Monument-National nous offrent une vision apocalyptique. Ces rues désertées devenues des « no man’s land » (une ballade sur Ste-Catherine entre St-Laurent et St-Denis vous en convaincra) et puis tant d’autres laideurs qui viennent porter ombrage à la place des Festivals relèvent de l’absurdité.

    En parcourant la rue St-Alexandre vous y découvrirez trois superbes églises entourées de parkings à ciel ouvert, imaginez une telle situation autour de Notre-Dame à Paris ou encerclant le Duomo de Milan… La beauté de l’architecture de notre patrimoine religieux mérite mieux que cela.

    Il faut cesser de saupoudrer les budgets çà et là à travers la cité et s’attaquer à l’idée de faire renaître un quartier dans son ensemble, sans compromis, avec audace et créativité, pour en faire une vitrine et une référence incontournables à mille lieues de l’hétéroclisme sauvage, typique de Montréal, où le meilleur côtoie inévitablement le pire.

    Il nous manque impérativement un symbole architectural emblématique pouvant nous permettre de nous démarquer sur la scène internationale à l’image du Musée Guggenheim à Bilbao ou de l’opéra de Sydney en Australie.

    Il faudrait bâtir un circuit nature, un chemin urbain, un parc linéaire comme un ruban au cœur de Montréal, parsemé d’œuvres d’art contemporaines qui retracerait d’hier à aujourd’hui la fondation de Montréal, son évolution, ses transformations et son histoire ancienne et récente, à travers ses quartiers au départ du Vieux-Montréal vers le centre-ville, avec un détour vers Griffintown, le canal Lachine et le Mont-Royal via Westmount suivi d’Outremont, du Mile-End, du Plateau et du Parc Lafontaine, avant de redescendre avec émotion jusqu’au fleuve en s’enroulant autour des rues St-Denis et St-Laurent. L’engouement pour le High Line Park de New York est un exemple inspirant qui se doit d’être analysé.

    Osons enfin déborder du cadre!

    « Inventer, c’est penser à côté ». Einstein

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    • Il a raison. Ça fait vraiment dur. Mais comme symbole architectural emblématique, plusieurs ne manqueront pas de souligner que c’est ce que le stade Olympique devait être. Sait-on jamais? Si un jour on avait un maire inspiré, à la tête d’un conseil municipal qui ne soit pas une hydre à dix-neuf têtes, et dont le parti n’aurait pas été financé par des firmes de corruption clé-en-main…C’est pas pour demain.
      Autre chose, avant de mettre trop d’argent sur les oeuvres d’art, il faudrait voir comment contrer cette plaie que sont les casseurs qui se greffent à toutes les manifestations, qu’elles soient de joie ou de colère.

      Denis Roussel

    • Montréal a un emblème architectural, c’est le stade olympique.

      J. Bouthillier

    • Un autre Montréal-basher : bombardée, apocalyptique … Vendre un projet en disant que ce qu’on a déjà est pourri, n’a pas marché pour le dernier qui a fait ça. Les Expos sont déménagés.

      On a plein de belles choses à Montréal. L’approche positive est se baser sur celles-ci et de grandir autour. Il y a au moins quatre paragraphes négatifs de trop dans son texte. Le reste pourrait être intéressant s’il avait utilisé ces quatre paragraphes pour les développer un peu.

      Je suis écoeuré de la mode du négativisme. En fait, ce n’est pas une mode. C’est juste une forme de paresse intellectuelle. Il y a une infime minorité de gens qui sont réellement négatifs. Les autres suivent. Ils font pareil.

      Pas obligé que l’emblème soit architectural. Ca peut être un espace comme le Vieux Port ou le Mont Royal. Quand je suis allé à Lyon, j’ai parcouru le parc de la Tête d’Or. C’est là qu’il faut aller la fin de semaine si on veut voir les Lyonnais.

      Calgary, c’était bien beau mais allez à Lyon Mr Cardinal. Ca ressemble à Montréal: une montagne, un vieux quartier, deux rivières avec des promenades et des marchés, un grand parc, des musées, un quartier piétonnier. Ils ont même un stade en ruine (romain pas olympique) ;-)

      Alain Lajoie

    • À moitié d’accord.
      Je suis tout à fait pour la qualité de l’architecture. C’est notre patrimoine et notre environnement bâti. En tant que société, c’est ce que nous laissons aux générations futures. Notre façon de s’approprier et aménager le territoire aussi. La qualité de l’architecture est sujette à la qualité de la commande architecturale, et c’est bien celle-ci que nos élus peuvent influencer. C,est bien cette qualité de la commande qui permet de la “grande” architecture.
      Mais je ne crois pas cependant que ce qu’il manque à Montréal pour se “démarquer sur la scène internationale” soit un symbole architectural emblématique.
      Il manque de cohésion dans la vision, certes. Il manque une vue d’ensemble clairement articulée pour l’aménagement de la ville. Il manque une politique de développement novatrice. Il manque une volonté politique. Il manque une maturité de la population quant à l’aménagement et l’architecture de qualité.
      Bilbao est un exemple isolé. L’opéra de Sydney, bien qu’oeuvre imminemment reconnaissable, a fait bien peu pour l’expérience urbaine dans ce secteur, l’esplanade publique qui l’entoure étant d’une platitude consommée.
      Je ne crois pas qu’une oeuvre de “starchitecte” est un différentiateur nécessaire. Montréal a besoin d’une culture de bâtiments signifiants, ancrés dans la réalité de la ville. Pas nécessairement d’objets sculptures déposés dans le tissu de la ville. Mais voilà, c’est bien personnel comme vision.
      D’ailleurs Montréal compte déjà plusieurs oeuvres architecturales “iconiques”, pour le meilleur et pour le pire.
      Montréal peut aussi compter sur plusieurs espaces en devenir. Quelles conclusions tirez-vous du high-line? Sans contredit une réussite dans le contexte très particulier de New York. D’ailleurs l’idée venait de Paris et de sa Promenade Plantée.
      Mais à Montréal, n’avons nous pas déjà ce merveilleux canal lachine qui, à l’instar de ce que M. Poitras suggère, permet de retracer l’histoire de la ville, dans un “ruban vert”? Et Le parc du Mont-Royal? Pas pareil que le high line, mais des actifs non-négligeables quand même.

      En termes d’aménagements urbains, de qualité de l’environnement bâti, je cite aussi Einstein: ‘La définition de la folie est de ‘faire la même chose encore et encore et d’espérer des résultats différents’”

      JF Garneau

    • @JF Garneau

      Analyse complète et judicieuse. Je seconde.

      @M. Poitras: ”Osons enfin déborder du cadre!”

      Une bien courte phrase avec pourtant tout l’essentiel de ce que nous devons faire. En cela, bravo et merci.

      Francis Huneault

    • En effet Saint-Catherine et St-Laurent, ça fait très dûr!
      Et on ne peut rien faire à cause du lobby des clubs érotiques qui empêche toute revitalisation du secteur, comme si la ville leur appartiendrait.
      Et le maire n’a pas de colonne.

      B Plante

    • La loi 101, depuis sons institution, a fait perdre des milliards de dollars à la métropole et elle est la principale cause de son déclin et des nombreux problèmes de circulation qui paralysent l’île de Montréal. Le gouvernement de Jean Charest en portera une grande partie du blâme en maintenant la charte telle qu’elle est actuellement établie. Comme le dit Stéphane Gendron, le maire de Huntingdon, c’est une loi discriminatoire qui encourage le racisme et la xénophobie et n’est pas digne d’un pays qui se targue de posséder une culture à la portée de tout le monde.
      Il y a là ce stade avec sa tour qui s’élève dans le ciel de la métropole. Qui donne une triste image de Montréal. Il y a 20 ans, c’était une grande fièvre qui envahissait la ville avec le retour des Expos au printemps alors que le stade vibrait des cris joyeux des 40 000 à 50 000 milles spectateurs dont de nombreux enfants venant assister au match d’ouverture. Plus rien de cela et, dans cette vaste soucoupe, c’est la mort qui s’installe pour toute la durée durant la belle saison. En bas, il y a cet arrondissement qu’on appelle amicalement HO-MA et plus haut, le jardin botanique, mais tout autour, plus aucune installation touristique en vue, que ce soit hôtel, restaurants, clubs de nuit, magasins, centres d’achats, théâtres, rien à la vue pour attirer les touristes et visiteurs, étrangers de moins en moins nombreux à s’y rendre, à cause des déplacements que cela nécessite.
      Ce sont ainsi des milliers d’emplois qui ont été perdus, des dizaines de milliers de résidents qui vont faire leurs achats ailleurs, qui vont travailler ailleurs et qui dépensent leur argent ailleurs, C’est l’économie de ces arrondissements entourant ces installations de renommée mondiale que sont le stade olympique et le jardin botanique qu’on a détruite. Ce sont ainsi des centaines de millions de dollars qui se perdent chaque année. Tout cela pour ne pas entendre rien d’autre que du français et ne voir sur les affiches rien d’autre que du français. Que du français universel. C’est pour cela qu’on préfère voir les grandes surfaces, les grands centres commerciaux se multiplier plutôt dans les banlieues extérieures de l’île? Il est vrai qu’il en faut pour servir les besoins de tous ces nouveaux résidents que le bon maire Tremblay veut multiplier dans l’île.
      Dans l’île il y a aussi des mairesses sans tête comme Manon Barbe qui mentionne ce qui suit :- « lorsqu’on me dit que l’étalement urbain dans la grande couronne de Montréal est inévitable, faute de place dans l’île de Montréal, je suis abasourdie, s’exclame-t-elle. Juste à Lasalle on a établi le potentiel de développement résidentiel à 9000 unités d’habitations, ce qui représente des investissements de 2.2 milliards de dollars ». Elle ne doit pas savoir lire en anglais pour dire cela. Sinon, elle saurait que tous les produits de consommation, tous les matériaux nécessaires à la construction de ces blocs de 12 Étages montrés en photo dans la Presse ne peuvent venir que de l’extérieur de l’île. Il n’y a plus de fermes dans l’île, plus de carrières fonctionnelles, les usines ont presque toutes disparues et Lasalle est voisine du pont Mercier. Tiens! J’ai travaillé dans le bureau de Dufresne Construction, la compagnie qui avait obtenu le contrat du doublage de ce pont en 1961. J’ai aussi été en charge du bureau installé dans un ancien couvent de l’île des sœurs quand on a construit l’estacade, au cours des années suivantes.
      Il n’y avait pas alors toutes ces tours qu’on y voit maintenant et il n’y a plus de ferme sur cette île.
      C’est à la gloire de Jean Duceppe dont le nom a été donné à un joli petit parc installé sur le site Angus, d’où on peut apercevoir la tour du stade olympique, que vous voulez, M. Charest, maintenir la ligne dure concernant l’affichage du français? Pour satisfaire aux critiques de Nicolas Girard, le député de Gouin et digne successeur d’André Boisclair dont il a été l’assistant dans un passé lointain? Allez voir où il y a des commerces aux environs de ce parc. C’est 5000 unités de logement qui sont installés sur ce site et on veut en ajouter 2000 autres dans les environs, sans ajout de commerces. Bravo pour le maire de Huntingdon, un maire qui sait vous tenir tête. De votre côté, auriez-vous tant peur du parti Québécois? Ou de François Legault de la CAQ, à la tête d’un parti qui ne fait que caqueter? C’est l’économie de la métropole qui est en jeu. Il faudrait peut-être cesser de braquer le reste de la province contre elle, cela alors qu’approche le 375ème anniversaire de la fondation de Montréal. . Rolland Lambert.

    • Comme symbole architectural emblématique, je propose un énorme cube rouge qui, si tout se passe bien, rappellera aux générations futures l’instant précis où la jeunesse estudiantine est parvenue à secouer le peuple montréalais de sa léthargie.

      R. Masson

    • @oclupak
      On va se faire accuser de plagiat:

      http://redballproject.com/

      Alain Lajoie

    • Ce n’est pas tant l’absence de symboles que leur mauvaise exploitation qui fait défaut. J’arrive de Barcelone, une ville créative et remplie de symboles, que l’on associe souvent à Montréal pour sa joie de vivre et sa créativité. J’ai visité le Palao Guell (Palais Guell), une maison mythique d’un riche industriel du début du 20e siècle remplie de créations architecturale, notamment de Antoni Gaudi. C’est beau, c’est riche, ça témoigne d’un style de vie de cette époque.

      Ici, la résidence de George Stephen, cofondateur et premier président du Canadien Pacifique (connue sous le nom de Mount Stephen Club) aurait la “capacité” d’attrait touristique en y ajoutant de la recherche historique, quelques rénovations, pour en faire un témoignage d’une certaine histoire de Montréal. Ce n’est pas le seul exemple. Le casino a quand même une architecture remarquable (je sens que je serai critiqué sur celle-là…).

      Je suis d’accord avec M. Poitras, ce serait bien d’avoir un symbole architectural bien à nous, et je ne suis pas sûr que le Stade Olympique puisse faire ce travail. De fait, pour moi, c’est à l’exposition universelle que pourrait revenir le symbole, s’il avait été bien exploité (la boule du pavillon des États-Unis), avec l’Ile-Ste-Hélène dans son ensemble. Mais comme bien d’autres choses, on a laissé aller à la décrépitude faute d’un plan touristique bien orchestré.

      Il est de plus en plus clair que nous pourrons devenir un symbole d’une industrie, celle des “jeux vidéos”, mais qui se préoccupe de bâtir aujourd’hui les symboles qui seront emblématiques demain de cette industrie et de la position de leader que nous y exerçons?
      Michel Lemay

    • Ça me semble à l’opposé de l’acuponcture urbaine ça.

      Et franchement, je ne pleure pas sur le Spectrum, ses fondations moisies, ses infiltrations d’eau, ses rats et son circuit électrique déficient (et oui, j’y ai déjà travaillé !). La salle tombait en ruine, on aura du neuf.

      Simon Chartrand

    • «La loi 101 [...] est la principale cause [...] des nombreux problèmes de circulation qui paralysent l’île de Montréal.»

      Que n’y avons-nous pas pensé avant! À GO on parle anglais et on tourne à droite au feu rouge.

      Gilbert Dion

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