Le blogue de François Cardinal

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  • François Cardinal

    François Cardinal est chroniqueur à La Presse, spécialisé dans les affaires municipales et urbaines. Il aime la ville, toutes les villes.
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    Vendredi 27 avril 2012 | Mise en ligne à 6h30 | Commenter Commentaires (41)

    Josh Freed : «Au-delà des chicanes, un respect mutuel au quotidien»

    De nouvelles tensions sont apparues à Montréal entre Francos et Anglos. Comment rapprocher ses communautés linguistiques dans un tel contexte? Quatre experts se prononcent.

    Aujourd’hui, Josh Freed, chroniqueur à The Gazette et à L’actualité, et auteur de plusieurs livres dont The Anglo Guide to Survival in Québec.

    freedJ’ai toujours vu Montréal comme une ville qui fonctionne bien en pratique, même si ce n’est pas toujours le cas en théorie.

    Oubliez donc les différents sondages qui montrent que les Anglos ne connaissent pas Marie-Mai ou que les Francophones ne connaissent pas l’humoriste Rick Mercer malgré son immense popularité au Canada.

    Oubliez le pourcentage de chaque groupe linguistique qui prévoit un mauvais sort à Montréal dans 50 ans… voire 500.

    Et oubliez les politiciens et les médias qui font une histoire avec chacune des petites confrontations ou divisions qui peuvent survenir entre les communautés linguistiques.

    Ce qui est important, c’est comment nous vivons ensemble au jour le jour – quelque chose que nous faisons mieux que n’importe quelle ville de la planète où de grands groupes linguistiques cohabitent.

    Montréal est une ville francophone mais aussi une ville bilingue dans son quotidien où une conversation peut changer d’une langue à l’autre trois fois en plein milieu d’une conversation.

    C’est une ville où il n’est pas rare qu’un Anglophone parle strictement en français à un Francophone, tandis que le Francophone ne lui parle pas qu’en anglais – les deux agissant par respect pour l’autre. Vous ne trouverez pas ce genre de conversation bizarre mais civilisé dans beaucoup d’autres pays.

    Quand mes amis visitent l’Angleterre ou les États-Unis, ils sont étonnés et impressionnés par le dualisme et le respect mutuel qu’ils voient partout dans notre ville. C’est un changement énorme par rapport à la situation qui prévalait il y a quelques décennies, alors que les Anglophones s’exprimaient largement en anglais et les Francophones, largement en français.

    Si j’avais voulu habiter une ville qui ne parle qu’une seule langue, j’aurais déménagé à Toronto, Los Angeles ou Edmonton, trois villes où j’ai vécu brièvement dans le passé.

    Mais je suis revenu pour vivre dans ma ville – Montréal – un endroit unique sur ce continent qui parle deux langues (au moins)… et qui peut être un modèle pour le monde entier.

    Alors, arrêtons de nous chicaner et retournons à ce que nous faisons le mieux : vivre bien ensemble… together.

    ***

    Lisez également les réflexions sur le sujet de…

    - Daniel Weinstock

    - Simon Brault

    - Jack Jedwab

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    • Pourquoi revenir autant sur le sujet. Il me semble que les chicanes se font bien plus avec les Ontariens et la Rose Sauvage qui a lancé son venin récemment. Ils sont trop loin pour comprendre le fait français au Québec.

      Alain Lajoie

    • amen.

    • «….un respect mutuel au quotidien».
      Foutaise!
      Freed devrait plutôt parler d’indifférence l’un envers l’autre.
      GTremblay
      Montréal

    • On ne vit pas la même réalité on dirait… J’ai presque toujours vécu à Montréal, dans des quartiers francophones, sauf quelques années à ville St-Laurent. Pourtant, je constate, comme bien du monde, l’anglicisation de Montréal à vitesse grand V ici aussi, dans Ahuntsic.

      Des anglophones utilisant couramment le français, vous voulez rire j’espère? Il y en a, c’est sûr. La majorité,cependant, continue d’utiliser l’anglais – même s’ils peuvent connaître le français par ailleurs. Je le sais, parce que je travaille dans un commerce. La majorité des clients anglophones parle anglais. Oh, si on fait semblant de ne pas comprendre – ce que je m’amuse parfois à faire – le français finit par sortir…

      Quand je travaillais à ville St-Laurent, je travaillais près de la moitié de mon temps en anglais. Je travaille maintenant plus à l’est, près de Villeray, et j’ai encore affaire à des clients qui s’adressent à moi en anglais – moins souvent. Les deux solitudes existent bel et bien encore, et on le sent rapidement quand on se rend au centre-ville, ou que l’on franchit le boulevard St-Laurent. Il y a deux mondes qui se côtoient mais qui ne se fréquentent pas. J’ai travaillé dans l’ouest et dans l’est, je peux en témoigner.

      Si ça va bien, c’est uniquement parce que les francophones plient… Quand un anglophone s’adresse à eux en anglais, ils passent immédiatement à l’anglais. Comme j’habite maintenant dans l’ouest du quartier Ahuntsic, je côtoie des immigrants parlant l’anglais. Là encore, les bons Québécois acceptent placidement de passer à l’anglais… Même que j’en vois, dans un resto chinois que je fréquente, s’adresser à la caissière directement en anglais, alors qu’elle parle le français – même si elle se fait tirer l’oreille pour le faire.

      Nous sommes comme un vieux couple où il n’y a pas de chicane tout simplement parce que l’un des deux est habitué de faire presque toutes les concessions. Évidemment, ça va bien dans ce temps-là, sauf que…

      Sauf que beaucoup de francophones comme moi ont leur voyage de ce bilinguisme supposé qui impose trop souvent l’anglais comme langue d’usage et le français en option – genre, quand l’anglo n’a vraiment pas le choix d’utiliser la langue de leur pauvre interlocuteur qui ne sait pas le « language »… Ils sont tannés de ces écoles anglophones qui reçoivent plus que leur part de subventions, de ces hôpitaux qui ne sont souvent pas capables de dispenser des soins dans leur langue alors qu’ils paient pour – je le sais, mais mère est suivie au Royal Victoria – et qui ont dû leur payer un hôpital universitaire pour former des médecins qui vont aller pratiquer aux États-Unis ou en Ontario une fois leurs études terminées pour faire la piasse, parce qu’ils n’ont pas envie de travailler dans un contexte où il y a des francophones.

      Bref, votre bilinguisme correspond dans les faits à une anglicisation de plus en plus palpable. Le français là-dedans n’est que la langue des minoritaires – nous – alors que nous formons la majorité.

      Merci bien pour votre beau tableau idyllique d’une ville où les deux langues ont le même statut et où les anglophones et les francophones vivent dans l’harmonie et le respect mutuel. Non monsieur. Les francophones ferment leur gueulent et les anglophones ne les respectent pas, ne connaissent pas grand chose à leur culture et font comme si Montréal était une ville anglophone. Pas tous,je veux bien. Certainement la majorité par contre.

      Stéphane Thibodeau

    • C’est bien beau tout ça, mais il y a toujours une langue qui prend le dessus au bout du compte et Montréal s’angliscise tranquillement…

    • J’aime bien Josh Freed, un type très drôle, et qui évoque avec brio beaucoup d’autres aspects de la vie montréalaise, mais je suis grosso modo d’accord avec Stéphane Thibodeau. Je dois avouer, M Cardinal, que je reste en peu perplexe devant l’énergie que vous consacrez à ce sujet. Un vaste mouvement d’émancipation nationale et sociale a sécoué le Québec il y a une qu, pour exiger que la vie dans son métropole se déroule dans une langue commune, le français. Et beaucoup d’autres changements en profondeur, des droits des travailleurs au bouleversement de la condition féminine.

      Montréal est une ville cosmopolite où il y a bien plus que 2 langues; j’entends une bonne dizaine en me promenant dans mon quartier, près du marché Jean-Talon. (Je ne suis pas une “pure laine” et le français et l’anglais comptent parmi les langues que je parle depuis l’enfance). Mais il faut LUTTER pour le respect et l’essor du français langue commune et de l’essor de la culture québécoise – une culture qui n’est pas l’apanage des seuls “pures laines”.

      Comme stridulation (Stéphane Thibodeau) je trouve la description et l’analyse du comportement linguistique des francophones énoncé ici (par Josh Freed et vous) un peu courte – il y encore trop de francophones qui parlent anglais à tous les “autres” – y compris des commerçants d’origine vietnamienne, pourtant francophones. Politesse, repli sur soi ou exclusion? Souvent, ce comportement est très loin de la gentillesse.

      Maria Soriano

    • J’ai coupé une phrase: a secoué le Québec il y a une quarantaine d’années.

      Et secouer, bien entendu. À quand la prévisualisation? – je vois très mal dans la petite boîte.

      Maria Soriano

    • @ Maria Soriano

      L’énergie que je consacre à ce thème reflète l’importance que j’y accorde personnellement, d’abord. Mais c’est aussi une réaction aux écrits récents, parfois très véhéments, de certains Anglophones. Je vous invite par exemple à lire la chronique de Don MacPherson sur le sujet (http://bit.ly/IYegzV), à lire les textes de Robert Libman, Jack Jedwab et autres dans la Gazette. Vous avez là le ferment d’une colère qui n’a rien de réjouissant.

      François Cardinal

    • “Si j’avais voulu habiter une ville qui ne parle qu’une seule langue, j’aurais déménagé à Toronto, Los Angeles ou Edmonton, trois villes où j’ai vécu brièvement dans le passé.”

      “…Montréal – un endroit unique sur ce continent qui parle deux langues”

      Los Angeles ne parle qu’une seule langue? Pas vraiment d’accord, et non plus NY, Dallas, SF, Miami, Toronto, etc.
      Montreal est loin d’être unique dans son aspect multi-linguiste ou sa diversité culturelle.

    • @François Cardinal
      “le ferment d’une colère qui n’a rien de réjouissant.”

      D’après votre photo, je vous donne une quinzaine d’années que moi et je peux vous assurer que j’ai vu cette colère remonter à la surface régulièrement. La marmotte sort pour voir son ombre à tous les 3-4 ans et parfois elle sort de son trou pour plus longtemps.

      C’est une constante dans la réalité montréalaise. Il y en a toujours un pour jeter de l’huile sur le feu. Ca chiale un peu et ça retourne s’asseoir dans son Lazy-Boy jusqu’à la prochaine controverse. Les jumelages, les fêtes de quartiers, les études et autres commissions d’enquête ne changeront pas grand chose.

      Nous sommes tous différents. Nous avons tous une tendance à nous regrouper selon un ou plusieurs critères. Tout ça cause des tensions “normales”.

      Un bon signe pour dire que ça va mieux : il n’y a plus d’émeutes depuis longtemps à Pointe St-Charles lors de la fête de la Reine.

      Alain Lajoie

    • Moi ce qui m’achale, ce qui me derange vraiment… c’est cette facheuse habitude que certains francophones ont de toujours se positionner en victime… bordel… arretez!… De grace… arretez de vous plaindre que les Anglos qui vous abordent en Anglais sont des gros mechants qui essayent de detruire le Francais. Arretez de de chialer qu’ils vous traitent comme des coloniser.

      Si un Anglophone vous aborde en anglais et que vous lui repondez en anglais… c’est pas sa faute a LUI… c’est votre faute a VOUS, c’est vous qui choisissez de communiquer avec lui dans sa langue.. lui ne fait que choisir ce qui est plus facile pour lui… il s’en sacre de votre langue, il s’en sacre que vous vous sentiez coloniser, il vous parle anglais parce que c’est FACILE… POINT.

      Arretez de parler comme si les anglais etaient responsable de l’anglicisation du Quebec. Ben oui… le Quebec s’est angliciser un peu depuis dix ans…ben oui, les anglais y parlent en anglais! Ben oui… y’a PLEIN de francophone qui parle anglais partout, a la job, a l’ecole, dans la rue… c’est la faute des FRANCOPHONES qui CHOISISSENT de parler anglais.

      Les seule responsable de l’anglicisation du Quebec… c’est les FRANCPHONES. Assumez-vous bordel!

    • Rex007can: «lui ne fait que choisir ce qui est plus facile pour lui… il s’en sacre de votre langue, il s’en sacre que vous vous sentiez coloniser, il vous parle anglais parce que c’est FACILE… POINT.»

      Justement vous ne pensez pas que les anglophones seraient mieux intégrés si ils ne choisissaient pas la facilité? Personnellement, je suis trilingue, Moi je la connais la communauté anglophone de Montréal, j’ai habité dans un des quartiers les plus anglophones de l’arrondissement et j’ai travaillé downtown pendant 10 ans. Ce que j’ai pu voir c’est que 20% des anglophones sont vraiment bilingues, 40% connaissent quelques mots de français mais ne veulent pas le parler et 40% ne connaissent même pas la signification du mot Bonjour…

      La plus grande raison pour laquelle la majorité des anglophones que j’ai rencontrés m’ont donné pour ne pas connaître le français? It’s to hard to learn and they dont have to! C’est simple, ils trouvent le français trop dur à apprendre et c’est inutile de l’apprendre parce qu,ils peuvent vivre en anglais sans problème à Montréal.

      Lorsque j’ai lu le sondage dans l’actualité, je n’étais pas du tout surpris des résultats car je les avais constaté moi-même sur le terrain. Vraiment, la communauté anglophone de Montréal a du chemin à faire côté respect du territoire et de ses citoyens et intégration linguistique. Cette mauvaise volonté creuse le fossé entre les francophones et les anglophones.

      Ce n’est pas de la victimisation que de dénoncer les faits tels qu’ils sont. Les acquis des anglophones sont de plus en plus grands et ceux des francophones diminuent. Il y a une conscientisation à faire et je doute que cet état de conscience doit se faire uniquement de notre côté.

      We’re billingual.. What about them?

    • @rex007can

      Vous n’avez pas tort, nous sommes responsables de notre sort, nous avons pris une décision et deux fois plutôt qu’une.

    • mab37 :

      Et la communauté anglophone n’a pas choisi de contester chaque aspect de la loi 101 à toutes les années? La communauté anglophone n’a pas choisi d’utiliser des écoles passerelles pour faire étudier leurs enfants uniquement en anglais? Il y a une limite à l’auto-flagellation quand même. Nous sommes le peuple le plus billingue en Amérique du Nord et celui qui traite le mieux sa minorité linguistique. Vous devriez voir comment sont traités les franco-Ontariens et surtout les franco-Manitobains… Une vraie honte!

    • @rex007can

      Si vous relisez mon intervention, j’évoque justement la responsabilité des francophones dans l’anglicisation de Montréal. Nous nous laissons faire, nous acceptons de passer à l’anglais plutôt que de nous imposer, nous avons peurs de passer pour de méchants racistes… Aye, prendre sa place, c’est pas dans nos habitudes. Nous nous comportons encore en peuple soumis qui n’ose pas s’affirmer. Nous choisissons la facilité nous aussi.

      Voilà, des anglos qui choisissent la facilité et qui ne font pas l’effort d’apprendre ou de parler l’anglais dans une province dont la langue officielle n’est pourtant pas le « bilingue » – lire, l’anglais de facto – mais le français; des francos qui se laissent faire passivement, comme des tatas, et qui sont tout fiers même de montrer qu’ils savent parler anglais. J’ai même vu un patron francos s’adresser à son employé anglo en anglais… Plus colonisé que ça, tu meurs. Même quand ils sont les patrons, ils n’osent même pas imposer leur langue…

      Pas croyable autant de bêtise.

      Stéphane Thibodeau

    • Je ne suis pas aussi coloré que rex007can, mais je lis avec intérêt les textes publiés cette semaine, et je partage son opinion.
      Monsieur Brault hier, avec son texte (un peu dense, avec ses “vecteurs” linguistiques) exprimait quand même une opinion que je partage : “faisons” au lieu de “pointer”.
      Je trouve que le texte de Monsieur Freed complète bien cette pensée, dans un contexte de tolérance et de cohabitation au quotidien.
      Il s’en trouve plusieurs qui, du milieu culturel, “font” et s’imposent sur la scène nationale autant qu’internationale. Même chose dans le milieu des affaires. Ils “font” en français, et dans d’autres langues, mais leur identité s’affirme par qui ils sont et ce qu’ils sont, comment ils s’affirment et ce qu’ils produisent… des arts et de la culture ou du milieu des affaires.
      Montréal pourrait célébrer cette unicité an amérique si elle voulait.
      Mais pendant que plusieurs québécois, de quelque origine, célèbrent le fait français par qui ils sont et ce qu’ils font, d’autres préfèrent mesurer la hauteur des lettres en anglais sur des affiches, préfèrent compter le nombre de fois oû on leur répondra hello-bonjour plutôt que bonjour-hello, ou encore s’assurer de trouver combien de membres de la haute direction de telle ou telle entreprise sont anglophones, et en profiter pour faire tout un plat en première page du journal de Montréal, ou sur les ondes des lignes ouvertes du midi.
      Pour certains, Montréal ne doit faire aucune place à l’anglais. Et que tant qu’on parlera anglais, nous n’aurons pas “gagné”. Pour ceux-là, nous seront toujours en “guerre”. Une lutte à finir.
      Pour moi, qui habite un quartier traditionnellement “anglais” depuis près de 30 ans, je me réjouis de voir la jeunesse anglophone qui passe d’une langue à l’autre avec facilité et qui sont francophiles et bilingues, dans le respect de leur propre langue. En fait, dans certains milieux c’est “cool” de parler français. Fait aussi intéressant, les étudiants du LCC dans mon quartier s’expriment mieux en français que plusieurs francophones du même âge.
      C’est drôle aussi parce que moi, je me fais répondre en français, à 95% dans les commerces de mon quartier. Quand on me répond en anglais, soit que je réponde en anglais, par courtoisie (puisque ça existe encore dans mon monde à moi) ou je continue en français, sans égard à la situation. Bof, si ils ne parlent pas français, c’est bien leur faute et leur perte. Des fois je note de ne plus retourner à ce commerce. Point.
      C’est ridicule et facile d’entretenir la haine et la peur.

    • @Stéphane Thibodeau:

      En lisant votre billet, je comprends pourquoi un commentaire sur deux dénonce “l’anglicisation” de Montréal. Votre point de vue a le mérite d’être très clair. Ce que vous dites, c’est que l’anglais gagne du terrain parce que les anglo-montréalais parlent encore anglais. J’ai une question toutefois, faudrait-il qu’ils garde l’anglais pour leur salon seulement?

      Là où vous vous trompez, c’est qu’on ne peut pas considérer que l’on s’anglicise parce qu’un groupe parle sa langue maternelle en public. Ils sont libres de le faire en fait. Comme d’ailleurs les francophones (la très forte majorité des Québécois) sont libres de parler français.

      L’anglicisation est un concept qui réfère au volet collectif de la société, non pas au volet individuel. On peut bien acheter des courgettes ou magasiner un condo dans la langue que l’on veut. L’important c’est que le français soit protégé en éducation, en culture, dans le monde du travail et dans les institutions qui gèrent nos avoir et notre société. Ce qui est manifestement le cas.

      Qu’un anglophone n’est pas envie d’apprendre le français, ce n’est certainement pas les francophones qui en subissent les conséquences. La majorité l’a déjà compris et c’est ça qui est important.

      Francis Huneault

    • Du respect ?? Désolé, mais nous ne vivons pas sur la même planète. Ce que je vois, moi, ce sont des anglophones qui refusent obstinément de s’adapter à la langue nationale des Québécois. Ils exigent l’anglais partout, ils méprisent notre langue. Ils ignorent nos valeurs, ignorent nos modèles, ignorent notre histoire.

      Ils ont des institutions sur-financées (les trois universités anglos vont chercher 29% du financement, soit près de 4-5 fois plus que leur poids démographique) et ils continuent de nous regarder de haut en exigeant NOTRE bilinguisme pour qu’EUX puissent s’en passer.

      Il n’y a pas de respect mutuel parce que les anglophones continuent de se considérer comme une majorité CANADIENNE par-dessus leur statut de minorité QUÉBÉCOISE.

      La seule manière d’avoir le respect, c’est de protéger le français et la seule façon de le faire, c’est de couper dans les institutions anglophones sur-financées.

    • @boom25

      Je suis bien d’Accord avec vous, la responsabilité que je nous inculpe, c’Est de ne pas avoir pris les moyens de se prendre en main. Ainsi ces derniers gardent le gros bout du bâton, un peu comme le disaient baal666 et d’autres intervenants.

    • J’habite dans le West Island (tout près de Dorval). Mon mari est un anglophone parfaitement bilingue. Moi je suis presque trilingue. Je vais sûrement me faire traiter de traître, de fédéraliste, de n’importe quoi à cause de ça. Je suis habituée.

      Une chose que je sais c’est que, de plus en plus, les anglophones soit me parlent en français dès la première phrase ou changent dès qu’ils voient que je suis francophone. J’ai encore un accent, me dit mon mari.

      C’est de plus en plus rare que les gens ne font pas au moins l’effort d’essayer et je ne reçois plus de commentaires agressifs comme vers 1970-1980.

      Juste les anglophones hors Québec… il y en a de très ouverts. J’ai chatté avec une dame de Calgary pendant une heure hier, elle me posait des questions sur la grève étudiante. Évidemment je ne l’ai pas abordée en la traitant de maudite redneck! D’autres ont la tête farcie de faussetés et sont plutôt… déplaisants. Le problème est surtout là.

      Je parie que les gens qui pensent que Montréal s’anglicise n’ont aucun contact avec la communauté anglophone. Ni avec des immigrants. Ce sont les gens du 450 qui ont le plus peur!

      Les anglophones qui sont encore ici le sont parce qu’ils le veulent. Tout n’est pas parfait, mais il y a du gros progrès.

      Maintenant si l’extrême droite blueneck du PQ pouvait arrêter de provoquer les anglos et de les faire ch*, peut-être qu’on pourrait se parler. J’aimerais qu’on se base sur la situation réelle avant de faire des déclarations. Mais malheureusement, Mme Marois a besoin des votes de son extrême-droite pour se faire élire… son discours était bien plus posé au début.

      Et puis la plupart des immigrants qui restent au Québec envoient leurs enfants à l’école française. Pas moi qui le dit, mais les statistiques.

      Certains éditorialistes de journaux anglophones sont extrêmement antifrancophones et pourrissent l’atmosphère. J’adore Josh Freed!

      Parfois la plus grande menace au français ce sont les …. francophones qui écrivent et parlent tout croche!

      Pour ce qui est des institutions anglophone surfinancées, ils ont des donateurs qui versent des millions aux hôpitaux. La tradition francophone est beaucoup plus jeune. Sinon, montrez-nous des chiffres. Et rien ne vous empêche de les utiliser, on est tenu de vous servir en français, de toute façon. On peut faire ses travaux en français à McGill.
      A. Binette

    • Et les gens qui ne parlent pas français s’excusent souvent d’un air piteux et me disent «j’ai essayé, je voudrais, mais je ne suis pas capable».

      Ça vaut un sourire, non?

      AB

    • L’anglicisation de Montréal ne vient pas des anglophones de souches qui sont pour la plupart bilingues mais bel et bien d’une bonne partie des immigrants allophones qui ne désirent pas s’intégrer à la culture francophone. C’est gens nous disent carrément qu’ils ont immigrés au Canada, que ce pays est un pays d’Amérique du nord, qu’il est anglophone et qu’ils parlent donc la langue du pays l’anglais, pour eux le Québec n’est que province au Canada et qu’ils n’ont pas et surtout ne veulent pas s’intégrer à une culture et une langue minoritaire au Canada et en Amérique du nord le français.

      C’est ça la réalité de Montréal et du Québec. Tant et aussi longtemps que le Québec ne sera pas un pays une grande parti de ses immigrants ne s’intégreront pas à la culture francophone du Québec préférant s’intégrer à la langue et à la culture de la majorité l’anglais et vous savez quoi être à leur place je ferais probablement la même chose qu’eux.

      On a beau dire on a beau faire si les Québécois continuent de vouloir demeurer une simple province Canadienne la culture et la langue française sont bel et bien condamnées à disparaître.

      Il n’y a pas que Montréal qui s’anglicise ses villes de banlieues aussi et cette anglicisation continuera son expansion. C’est le prix à payer pour avoir refusés d’avoir notre propre pays.

      Have a nice day!

    • @francisk

      Misère, vous illustrez bien la mentalité bien québécoise dont je parlais…

      Ce que vous ne semblez pas comprendre, c’est que oui, on s’anglicise quand on se fait imposer l’anglais comme langue d’usage commune. Comment? Que pensez-vous que font les immigrants quand ils constatent que l’on peut parler anglais partout, travailler en anglais, recevoir tous les services en anglais? Pourquoi apprendre la langue d’une minorité?

      L’immigrant qui peut acheter et vous vendre des courgettes en anglais, qu’a-t-il à faire du français? En occupant de plus en plus l’espace public, l’anglais relègue justement le français à un usage privé entre francophones.

      Je vais vous poser une question, et vous ne me répondrez pas , comme c’est le cas chaque fois que je le fais à des gens qui me tiennent des raisonnements comme les vôtres: imaginez-vous qu’un francophone puisse vivre en français en Ontario? Parler partout sa langue? On trouve la situation pourtant normale: pourquoi donc au Québec serait-ce considéré comme anormal que le français ne soit pas la langue commune d’usage alors que l’anglais est pourtant la seule langue d’usage commune dans le ROC, même où il y a d’importantes communautés francophones? Pourquoi ce qui est bon pour minou ne serait, tout d’un coup, plus bon pour minou?

      Rhétorique de soumis. Dans le reste du Canada, on n’éprouve aucun complexe à imposer l’anglais comme langue d’usage commune. C’est juste normal, naturel, et personne ne crie à l’ethnocentrisme et au racisme. Étrangement, quand certains évoquent la possibilité de faire du français la langue commune, puisqu’elle est la langue officielle du Québec, oh horreur !!! Quelle fermeture !!! Pis nos bons québécois gobent cette rhétorique destinée à nous faire prendre notre trou, rien d’autre.

      Si les immigrants choisissent aussi massivement l’anglais, c’est qu’ils ont compris que la langue anglaise était la véritable langue dominante, la véritable langue d’usage, et ce ne sont pas les Québécois comme vous qui vont les détromper…

      Stéphane Thibodeau

    • @belette-lachinoise

      Vous portez simplement des lunettes roses…

      Je suis né et j’ai passé pratiquement toute ma vie dans le 514. ;0) J’ai vécu dans l’ouest et dans l’est de la ville. J’ai vu l’évolution du français. Dans les années 70, c’était les vieilles maudites anglaises de chez Eaton qui nous regardaient d’un air méprisant quand on s’adressait à elles en français. Il y avait partout des affiches en anglais, ou des affiches en anglais avec la traduction française dessous. Les immigrants allaient pratiquement tous à l’école anglaise. Mes voisins italiens ne parlaient pas français et nous méprisaient totalement. Nous n’avions aucun contact avec eux.

      Puis le PQ est venu, et la loi 101. Certains anglos ne l’ont pas pris, et son partis. Des compagnies ont déménagé – souvenez-vous de la Sun Life. Les immigrants ont pris en maugréant le chemin des écoles françaises. Montréal a commencé enfin à ressembler à une ville francophone.

      Puis, on a commencé à alléger la loi 101. De plus en plus d’immigrants payaient pour envoyer leurs enfants dans une école privée non subventionnée, afin d’avoir accès aux écoles publiques anglophones. J’en croisais deux pour aller à mon travail. La grosse majorité des étudiants étaient d’origine asiatique ou pakistanaise. Tous des enfants qui auraient dû normalement fréquenter l’école française.

      L’anglais a repris, peu à peu, de plus en plus de place. Dans mon quartier d’enfance, Ahuntsic, on entendait parler anglais là où, auparavant, il n’y avait que des francophones. On a commencé à voir fleurir des commerces tenus par des immigrants parlant anglais. À mon travail, je devais de plus en plus souvent passer à l’anglais. Encore là, des clients issus de l’immigration, ne semblant même pas se rendre compte qu’ils vivaient parmi des francophones…

      Non madame, ce n’est pas une inquiétude de 450, mais de 514. De gens qui vivent à Montréal et qui ont constaté, après une période de progrès, que l’anglais reprenait le dessus un peu partout, même dans des quartiers traditionnellement francophones. Sur le Plateau par exemple.

      Si les jeunes anglophones québécois sont plus ouverts, les immigrants qui se tournent vers l’anglais, eux, n’en ont absolument rien à foutre de la présence de francophones à Montréal. La démographie aidant, ils seront bientôt majoritaires. Montréal deviendra de plus en plus bilingue, c’est-à-dire de moins en moins francophone. La langue des affaires, la langue du commerce, deviendra l’anglais. Le français sera de plus en plus une langue « ethnique », comme le grec, l’italien, l’arabe, et les autres langues que certains parlent entre eux.

      Stéphane Thibodeau

    • Il y a chez beaucoup de gens, dont francisk, l’idée que les langues sont en quelque sorte de simples outils de communication. Qu’elles sont donc interchangeables. Parler anglais ou français, quelle importance, pourvu que l’on se comprenne ! Malheureusement, l’existence des « deux solitudes », toujours bien palpable, démontre bien que ce n’est pas le cas. On peut bien parler la langue de l’autre, ça ne veut pas dire que l’on puisse vivre ensemble. Pourquoi donc?

      Parce que la langue ne sert pas qu’à communiquer. Elle véhicule avec elle une façon de penser, une vision du monde, une culture, bref. La culture, c’est un espace de références communes qui permet aux gens de développer des connivences qui sont beaucoup plus difficiles à établir avec des gens qui ne partagent pas ces références.

      Mettez un anglo devant une émission de la Ptite vie. Même s’il parle parfaitement français, il y a neuf chance sur dix que ça n’évoque à peu près rien pour lui. Vous, vous rirez, lui risque d’être largué. Peut-être rirait-il de quelques blagues, mais il ne comprendrait sans doute pas ce qui fait autant rire. Parce que nous, nous baignons dans cette culture, que nous en connaissons intimement les références, que nous pouvons partager un rire complice.

      Le multiculturalisme est un échec, car il échoue à créer cette sorte de complicité entre les gens. Il n’y a plus de « nous », mais de multiples « eux ». Oh, ces gens peuvent bien partager un espace commun, s’intéresser à la culture de l’autre, mais chacun retourne auprès de ceux avec qui il peut partager une véritable identité commune. C’est la réalité que décrit Neil Bissoondath dans « Le marché aux illusions ». C’est l’illusion d’un « nous » qui n’existe pas en fait, qui n’est en réalité que la juxtaposition de gens qui se côtoient, peuvent se fréquenter parfois, mais ne vivent pas vraiment ensemble et ne partagent pas grand chose au fond, à part un territoire.

      Ils peuvent bien parler la langue de l’autre, mais il n’y a pas vraiment d’espace commun où ils pourraient se retrouver. Se sentir en terrain familier.

      On me citera des exemples de villes qui partagent plusieurs langues, plusieurs identités, mais elles sont exactement l’illustration de mon propos. Les Flamands ne fréquentent pas les Wallons; les hispanophones vivent entre eux dans les villes américaines ; les Suisses vivent chacun dans leurs cantons où leur groupe ethnique et leur langue prédominent. Il y a des contacts, mais ils demeurent du même niveau que ceux que l’on peut avoir avec des étrangers. Il n’y a pas de « nous ».

      Pour unir les gens, il faut un espace, une culture et une langue communs. Ce n’est pas parce que l’on occupe le même espace que l’on peut avoir l’impression de vivre ensembles; ce n’est pas parce que l’on peut communiquer que l’on peut vraiment se comprendre.

      Stéphane Thibodeau

    • @belette-lachinoise
      Merci pour cet excellent billet qui reflète l’ouverture d’esprit des gens bilingues,et la frustration aveugle des Québecois de langue française unilingues….

    • Les deux solitudes… Cette situation imaginée par certains les arrange bien. Ils peuvent continuer de râler contre les Anglos et, faisant d’une pierre deux coups, en appeler au vote ethnique, le mot ethnique étant camouflé sous le vocable nationaliste.

      Je suis convaincue que tous, nous choisissons notre façon de vivre à Montréal. Nous ne la subissons pas. Mes proches et moi partageons notre temps avec des gens de plusieurs nationalités incluant des anglophones de souche. Les échanges se font très majoritairement en français, le plus naturellement du monde. Ceux qui croient que c’est impossible ne connaissent pas Montréal ou bien s’enferment et se complaisent dans leur ghetto.

    • @ Josh Freed

      Merci de ce texte et de ceux que je viens de découvrir il y a quelques jours à peine dans www.lactualite.com . Vraiment remarquable comme réflexion et quel humour! :)

    • @robe_du_1er_mai

      Je vous rappellerai que l’expression « deux solitudes » pour décrire la relation entre les francophones et les anglophones au Canada vient d’un livre écrit par un auteur… anglophone.

      Chaque fois que l’on décrit une situation générale, des gens débarquent pour vous sortir des cas particuliers qui démontreraient le contraire, en vous accusant de généraliser… Ils ne se rendent pas compte qu’ils se livrent exactement au même exercice : ils généralisent à partir de leur expérience particulière.

      Comme je l’écrivais, il y a bien sûr des gens ouverts dans les deux communautés, et des immigrants qui choisissent le français – c’était souvent une langue qu’ils utilisaient déjà avant leur arrivée au Québec, d’ailleurs. Seulement, c’est malhonnête de ne voir que cette partie du tableau. On appelle ça avoir une vision biaisée des choses.

      Dans un récent numéro de l’Actualité, on découvrait un tout autre tableau que celui que vous décrivez.

      http://www.lactualite.com/societe/anglo-quebecois-quel-paradoxe

      Donc, il faut faire attention: cette francisation que vous décrivez ne change rien au tableau des deux solitudes. Quand on se penche maintenant sur la question de la langue d’usage, c’est là que le bat blesse sérieusement: on remarquera, à l’une des questions du sondage, que la majorité des anglophones n’utilisent à peu près pas le français, même s’ils le parlent. Une minorité l’utilise couramment. Une réalité impensable pour un francophone vivant dans le ROC.

      La moitié des anglophones n’ont jamais eu une seule conversation significative de leur vie avec un francophone !

      63% des anglophones ne croient pas que le français soit important à Montréal…

      http://www.lactualite.com/societe/que-veulent-les-anglo-quebecois

      Bref, comme vous le voyez, on est très loin du tableau que vous brossez. Appel aux prochains intervenants: de grâce, épargnez-nous le couplet « je connais un anglo qui ». J’en connais aussi. J’ai un oncle anglophone – qui m’a appris mes premiers rudiments d’anglais à 4 ans d’ailleurs – qui parle parfaitement le français, et qui était marié à ma tante francophone. La majorité de ses amis étaient des francophones d’ailleurs. J’ai eu un collègue anglophone qui était aussi dans ce cas.

      Je connais un tas d’immigrants parfaitement intégrés à la communauté francophone. J’ai eu des amis, une copine dans ce cas… Sauf que ces cas particuliers ne changent rien au tableau d’ensemble : Montréal s’anglicise.

      Pourquoi? Parce que l’anglais est toujours perçu comme la langue d’usage commune. On veut bien apprendre le français, mais ça demeure une langue que l’on n’utilise pas vraiment dans la vie courante. On l’emploiera pour s’adresser à un francophone dans un magasin, mais pas au travail, par exemple,et très rarement dans la vie de tous les jours.

      Même la langue des services publiques devient l’anglais: les trois quart des immigrants demandent à ce que le gouvernement communique avec eux en anglais…

      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/184080/quebec-s-adresse-en-anglais-aux-trois-quarts-des-immigrants-allophones

      Cette statistique est plus que révélatrice d’un gros problème. Parce que c’est bien beau apprendre le français, mais si l’anglais est la langue d’usage commune, le français aura le même statut à Montréal que l’espagnol si nous continuons dans cette voie: beaucoup de gens vont la parler, mais une majorité de gens ne l’utiliseront pas, ou presque pas. On aura des belles affiches en français, mais on utilisera partout l’anglais, et le français sera relégué aux courtes conversations de politesse…

      J’exagère? Il n’y a déjà plus que 52% de francophones à Montréal. Ce chiffre dit tout, quand on sait qu’une bonne proportion du 48% restant est soit anglophone, soit allophone avec une nette préférence pour l’anglais, comme je viens de l’évoquer. Quand bien même une majorité de ces gens connaissent le français, c’est bien insuffisant pour permettre la survivance du français comme langue commune d’usage. Si nous continuons dans cette voie, elle deviendra une langue ethnique, parlée par une ethnie francophone importante, mais qui n’aura pas le statut de langue dominante, qui appartiendra à l’anglais.

      Stéphane Thibodeau

    • Il m’arrive de plus en plus fréquemment de me faire aborder en anglais dans les commerces du centre-ville de Montréal. Dans ces cas-là, je persiste toujours à poursuivre la conversation en français même si, souvent, mon interlocuteur ne semble y comprendre que dalle. Presque toujours dans ces situations, je sens un raidissement désapprobateur. Je suis peut-être parano, mais je sens qu’on me reproche mon entêtement, je crois lire dans l’esprit de celui qui me fait face: «Bon, un autre radical, un autre fucking quebecker xénophobe et fermé». Est-ce que les Anglos vivent des situations similaires? Très franchement, et en toute objectivité, je n’arrive pas du tout à imaginer l’inverse: un Anglo perçu comme têtu et buté dans un commerce franco parce qu’il tient à s’exprimer dans sa langue maternelle. Dans les commerces francophones, les Anglos se font servir facilement et sans problème en anglais, il me semble. Rarement prendra-t-on cette volonté de s’exprimer en anglais pour du radicalisme ou de l’entêtement, est-ce que je me trompe?

    • Bonjour robe du 1er mai (et bon premier mai bientôt) Oui, Josh Freed est super. Un humour très fin aussi, et il parle même du vélo urbain et de Bicycle Bob Silverman! http://tinyurl.com/Josh-Velo

      Notons que son billet est antérieur à Bixi, et il aimerait voir le Vélib parisien ici. Mais encore là, il y a une petite touche deux solitudes car, s’il fait avec justesse l’éloge de Bicycle Bob, il ne dit mot sur Claire Morrisette, même si la piste dont il parle porte son nom et le MaB est autant le fruit de ses idées novatrices – et souvent bien pratiques, comme Cyclo Nord-Sud et CommunAuto – que la fougue de Bob.

      Maria Soriano

    • @astyanax

      Je vis la même expérience. J’ai même eu droit à un « retourne donc en France si t’es pas content » de la part d’un immigrant, alors que je suis un Québécois de souche… Exiger d’être servi en français, non mais ! Où se croit-on???

      Quand je travaillais à ville St-Laurent, c’était la collection des airs bêtes quand je m’adressais aux employés des commerces autour de mon travail en français. J’ai osé me plaindre à un gérant… qui ne parlait pas plus français que son employée, et qui me regardait comme un fou. lol Il ne comprenait même pas pourquoi j’étais en colère.

      Mon frère, lui, s’est fait engueuler par une cliente… Pas parce qu’il refusait de la servir en anglais, mais parce qu’il ne le parlait pas assez bien à son goût ! Un autre s’est offusqué que je lui adresse la parole en français, avant que ses copains ne lui expliquent qu’il y avait des gens qui parlaient français au Québec.Un nouvel arrivant qui découvrait la chose…

      Des anecdotes du genre, j’en ai des dizaines. Il est vrai que ça demeure anecdotique, mais demandez à n’importe quel francophone vivant à Montréal, et il vous en racontera de semblable. Le respect mutuel dont parle monsieur Freed, c’est sa propre expérience d’anglophone… Les anglophones sont respectés, eux, les francophones qui insistent pour que l’on parle leur langue sont vus au mieux, comme des casse-pieds, au pire, comme des xénophobes ethnocentriques ou des imbéciles incapables d’apprendre l’anglais – même si le taux de bilinguisme des francophones de Montréal est sans doute très élevé.

      Il y a un clair manque de respect de la réalité francophone par beaucoup d’immigrants et d’anglos, désolé.

      Stéphane Thibodeau

    • @Stéphane Bilodeau

      J’ai déjà répondu à votre question avant même que vous l’ayez posée. Ce que j’avance, c’est que parler français est un droit pour vous qui est protégé par la loi. Déjà, je ne vois pas ce qu’on peut faire de plus à part une police culturelle (est-ce vraiment souhaitable)? Pour ce qui est de la langue d’usage, vous ne m’avez pas répondu d’ailleurs. Faudrait-il confiner l’anglais au domaine privé seulement? En somme, je vous demande de me réponde, faudrait-il empêcher à quiconque parler une autre langue que le français? Les Russes ont fait ça en Ukraine durant URSS.

      Ensuite, en tant que consommateur ou vendeur, vous êtes bien libre de répondre dans la langue que vous voulez. N’en résulterait qu’une difficulté à se comprendre. Vous demandez pourquoi un immigrant se forcerait à parler français pour tenir son dépanneur? Eh bien ça me semble simple, pour garder ses clients voyons.

      Comme je le disais, les anglophones sont une minorité au Québec et s’ils décidaient de se refermer sur eux-même, ce n’est pas nous qui en payerions les conséquences.

      Une culture émancipée n’a pas besoin de restreindre les autres pour vivre. Une culture émancipée est attirante et fait parler d’elle. C’est le cas du Québec d’ailleurs.

      Francis Huneault

    • Je trouve ça drôle qu’on me dise que j’ai des lunettes roses.

      Parce que ce que je relate, ce n’est pas quelque chose que j’imagine, mais bien ce que je vis TOUS LES JOURS. Mais comme ça dérange, c’est plus facile de nier que c’est ce que j’ai VU. On appelle ça de la dissonance cognitive.

      When reality and ideology are in conflict, jettison reality. C’est comme ça que les idéologues bouchés du PCC fonctionnent. Et les bluenecks du PQ aussi.

      A.B.

    • @francisk

      Ah, l’argument de la culture émancipée… ( soupirs )

      Croyez-vous vraiment que les gens se disent « ah ben gaddonc, ils sont beaux, ils sont fins pis ils ont une belle culture, donc on va parler leur langue « ? Z’êtes naïf ou quoi?

      Les gens s’en fichent de « l’émancipation » d’une culture, ils choisissent avant tout la langue qui va leur permettre de vivre. S’ils peuvent travailler et recevoir tous les services dans une langue, et que c’est celle parlée par le groupe dominant, c’est celle-là qu’ils vont choisir, point.

      Les anglophones n’ont rien d’une minorité au Québec: ils font partie d’une majorité d’un pays où le groupe dominant est anglophone, dans un continent où la langue dominante est l’anglais. La culture québécoise aura beau être aussi émancipée qu’elle voudra, les immigrants vont choisir l’anglais. Pis la démographie aidant, l’anglais va tasser peu à peu le français et le marginaliser. C’est ce qui est en train de se produire sur l’ile de Montréal.

      L’idée n’est pas qu’il y ait une police de la langue, mais que le français devienne la langue commune, point. La langue de travail, la langue des services. Ce qui n’enlève rien à la communauté anglophone, qui a plus que sa part de services dans sa langue. Viendrez pas me faire brailler sur cette supposée minorité menacée ici, franchement… Faut pousser, mais faut pousser égal deux minutes. Comparez avec la situation des francophones hors Québec: ce n’est même pas comparable. Même que l’on pourrait parler carrément d’injustice, quand on regarde les subventions que reçoivent les hôpitaux et les écoles anglaises par exemple, compte tenu de leur population.

      Les Québécois sont une petite minorité qui essaie de survivre, vous semblez l’oublier, et qui n,a pas envie de finir comme la Louisiane. Si vous, vous en sacrez, souffrez que d’autres s’inquiètent de voir l’anglais devenir peu à peu la langue dominante dans la plus grande ville québécoise. Tellement dominante qu’elle est en train de devenir la langue de travail pour nombre de francophones.

      Stéphane Thibodeau

    • @belette-lachinoise

      Ben oui, parce que c’est votre réalité, ça décrit l’ensemble de ce qui se passe au Québec. Je vous ai pourtant mis des liens vers un sondage assez poussé de l’Actualité, que vous ne traiterez pas d’être un journal indépendantiste je l’espère… Vous n’avez trouvé rien à répondre aux faits qui y sont décrits. Parce qu’ils parlent d’eux-mêmes. Sauf qu’il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

      Peut-être est-ce vous qui êtes bouchée, vous y avez pensé?

      Stéphane Thibodeau

    • On se fait aborder en anglais, parfois, même au Complexe Desjardins. Je suis d’accord avec Stéphane que c’est un problème grandissant.

      M. Soriano

    • Vous avez entièrement raison, M Freed, ça pourrait être pire. Mais ca pourrais être mieux aussi. On ne deviens pas un exemple pour le monde en restant “assis sur ses laurier”, pourquoi s’arrêter en si bon chemin!

      Je suis d’accord que la suite des évènements commande plus des actions positives que coercitives, passer du baton à la proverbial carotte.

      Nicolas Robitaille

    • @Stéphane Thibodeau: ”Les Québécois sont une petite minorité qui essaie de survivre, vous semblez l’oublier, et qui n,a pas envie de finir comme la Louisiane”

      C’est vous qui semblez oublier quelque chose: la loi 101. Elle oblige les immigrants à fréquenter l’école en français. Toute entreprise de plus de 50 employés doit faire ses activités en français et fournir des outils de travail (logiciel, équipements, etc) en français. L’affichage doit se faire en français et l’office de la langue française y veille.

      Il y a le CRTC aussi. Cet organisme oblige tous les médias francophones à proposer du contenu francophone à heure de grande écoute. Non seulement cela, mais en plus, le CRTC oblige les chaînes télé à produire du contenu québécois.

      Donc, que proposez-vous de plus? Je comprend votre point de vue, mais on fait quoi? On oblige tout le monde, on tord des bras? Je vois la belle ambiance d’ici.

      Francis Huneault

    • @francisk

      La loi 101 est devenue une vraie passoire. De plus en plus d’immigrants parviennent à éviter d’envoyer leurs enfants à l’école francophone en utilisant l’astuce des écoles passerelles. Beaucoup de jeunes immigrants, par ailleurs, arrivent ici assez vieux pour éviter l’école française.

      Quant aux entreprises, beaucoup ont des dérogations, même des entreprises francophones, comme Bombardier… Je travaillais juste en face de chez Bombardier, leurs ingénieurs venaient acheter leur alcool chez nous. Tous unilingues anglophones…

      Qu’est-ce que je propose? Déjà, ce serait bien d’appliquer pour vrai la loi 101 et boucher les trous. Plus de possibilité de recourir à des écoles passerelles, plus de dérogations. La loi 101 s’appliquerait aussi au CEGEP.

      J’étendrais la loi aux entreprises de 50 employés et moins, parce que c’est souvent dans ce genre d’entreprises que les immigrants se trouvent du travail… et ne sont pas du tout en contact avec la langue française. Bien sûr, il pourrait y avoir des exemptions, mais il faudrait en faire la demande et apporter des justifications solides à cette demande de dérogation.

      Le gouvernement ne serait plus tenu, par ailleurs, d’offrir des services en anglais à ceux qui ne sont pas citoyens canadiens et qui n’ont pas pour langue maternelle l’anglais. Désolé, fin de la récréation: la langue officielle au Québec est le français, point. Seule la communauté anglophone aurait droit à des services en anglais. C’est quand même un monde ça que des gens dont ce n’est même pas la langue veuillent qu’on les serve dans une autre langue que celle qui est officielle. Gros manque de respect ici.

      Autre gros manque de respect: que l’on ne puisse recevoir des soins en français dans les hôpitaux anglophones, alors que nous payons pour ces soins. Désolé, mais elles reçoivent déjà plus que leur part de subventions: à elles d’offrir des cours de francisation à ses infirmières et médecins. Je vais finir par arracher la tête au médecin de Royal Vic qui traite ma mère, et qui n’est même pas capable de prononcer un mot de français. On finance son salaire et il ne se croit même pas tenu de nous offrir des soins dans notre langue… Pis une bonne proportion d’infirmières ne parlent pas non plus le français là-bas.

      Toutes ces mesures me semblent tomber sous le sens pourtant, mais elles ne sont pas appliquées. On trouve normal au Québec ce qui ne le serait pas ailleurs, chez nos voisins par exemple… J’aimerais bien que l’on m’explique pourquoi en Ontario, c’est ok, et pourquoi au Québec, c’est nazi. Parce qu’il n’y a pas de francophones en Ontario? Ils sont 4,8% de la population ontarienne, pas beaucoup moins que la communauté anglophone au Québec – 8%.

      Il est temps que nous prenions simplement notre place. Il est anormal que la langue maternelle de 8% de la population prenne autant de place au Québec. Complètement anormal.

      Stéphane Thibodeau

    • So who said that Montreal needs to be ONLY french. Cant we all get along ?
      Is it so hard for either of us to speak french or english to each other.I don’t understand the hate that I hear and read from the french social networks. Montreal and quebec was not built ONLY by french speaking people we all did it together.
      I also have friends that visit from outside of Quebec and they love the flexibility we have to be able to switch back and forth. I don’t see Montreal being ANGLICIZED not at all. I do see a lot of intolerance by simple minded people refusing to speak each others language,though and its wrong; wrong and stupid. We have a fantastic milieu here, especially in Montreal, something that cant be found elsewhere. Don’t let the PQ ruin this province . Lets reach out and embrace each others language and charm.

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