Le blogue de François Cardinal

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  • François Cardinal

    François Cardinal est chroniqueur à La Presse, spécialisé dans les affaires municipales et urbaines. Il aime la ville, toutes les villes.
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    Mercredi 25 avril 2012 | Mise en ligne à 6h30 | Commenter Commentaires (8)

    Jack Jedwab: «Jumeler chaque école anglaise avec une école francophone»

    De nouvelles tensions sont apparues à Montréal entre Francos et Anglos. Comment rapprocher ses communautés linguistiques dans un tel contexte? Quatre experts se prononcent.

    Aujourd’hui, Jack Jedwab, directeur exécutif de l’Association d’études canadiennes.

    PX085_240C_9Historiquement, Montréal se caractérisait par un degré important de concentration résidentielle avec les anglophones massivement implantés dans l’Ouest de la ville, et les francophones dans l’Est.

    Jusqu’aux années 1970, on peut parler d’une frontière linguistique, bien que les francophones étaient plus présents dans l’Ouest que les anglophones dans l’Est. Les francophones et anglophones étant peu bilingues à cette époque, il y avait considérablement moins d’interactions entre Francophones et Anglophones.

    Dans les années 1970, j’ai travaillé à temps partiel dans un quartier francophone et ceci m’a permis d’améliorer mon français parlé, mes cours à l’école secondaire anglaise étant nettement insuffisants à cet égard.

    Même si la concentration résidentielle est moindre et qu’il y a eu une augmentation importante du niveau de bilinguisme chez les Montréalais, nos jeunes ont trop peu d’occasions de mettre en pratique leur langue seconde. Des programmes qui visent l’interaction entre les élèves des écoles de langue anglaise et de langue française sont nécessaires afin d’apaiser les insécurités de part et d’autre.

    Chaque école anglaise devrait être jumelée avec une école francophone de Montréal ou ailleurs au Québec. Avec des outils technologies comme Skype, les élèves anglophones et francophones pourraient communiquer directement.

    Dans les rues de Montréal, les relations entre anglophones et francophones ne sont pas aussi mauvaises que certains individus veulent nous le faire croire. Un sondage récent de la firme Léger Marketing (pour The Gazette et l’Association des études canadiennes) révèle que 60 % des anglophones pensent que « les relations entre les Québécois francophones et anglophones se sont améliorées depuis les cinq dernières années ». Quelque 45 % des francophones sont du même avis tandis que 38 % sont en désaccord.

    Le même sondage démontre que des francophones qui ont le plus d’amis anglophones voient d’ailleurs plus favorablement les relations entre les deux groupes et sont plus à l’aise avec les anglophones. Au-delà des beaux discours qui portent sur l’importance du rapprochement entre Québécois de diverses origines, investir dans les programmes d’échanges nous permettrait d’envoyer un message à la population que nous préférons le dialogue à la chicane.

    ***

    Lisez également les réflexions sur le sujet de…

    Daniel Weinstock

    Simon Brault

    - Josh Freed

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    • “nos jeunes ont trop peu d’occasions de mettre en pratique leur langue seconde”
      Je me demande dans quel monde vit ce monsieur. La CSDM fait de très gros efforts pour que ça se passe en français dans les écoles. Les jeunes retournent à l’anglais très souvent lorsqu’il sont entre eux. Et la plupart du temps, “leur langue seconde” est autre chose que l’anglais.

      “nous préférons le dialogue à la chicane”
      A la maternelle, il suivent un programme “Vers le pacifique” (dans le sens de “paix”). Le message est très clair.

      Qu’ils les laissent se concentrer à l’école sur le plan de réussite en Français. L’anglais est très présent dans leurs loisirs.

      Alain Lajoie

    • Je suis d’accord que le rapprochement doit commencer à l’école. Et ce serait une excellente idée que de jumeler écoles anglaises avec écoles françaises, une excellente idée !
      Je constate aussi qu’avoir des amis anglophones (en tant que francophone) améliore la perception que nous avons des divergences entre les deux communautés mais ce que je constate surtout (pour l’avoir mentionné aussi dans mon commentaire sur l’article de Monsieur Weinstock hier), c’est que ce sont souvent les arts qui engendrent cette amitié bilingue. La musique, les arts visuels, la poésie, le théâtre. Pensons au Festival Fringe qui a lieu en juin à Montréal… Festival qui, d’année en année, présente d’excellents spectacles anglophones et francophones. Les spectacles francophones de ce festivals y étaient beaucoup moins admis il n’y a de cela pas si longtemps encore. Le bilinguisme culturel de ce festival a pris sa place parce que les artistes créateurs des deux communautés linguistiques se sont mêlés, ont collaboré. C’est merveilleux !

    • Cela me semble une bonne idée. Par contre, étant donné le fort taux d’immigration, cette mesure serait somme toute mineure. N’oublier pas qu’il y a plus d’un immigrants pour chaque deux naissances au Québec (88 000 naissances, 53 000 immigrants). Il faut que les adultes arrivent à se parler également…

    • C’est par des projets communs scientifiques, artistiques ou littéraires que les enseignants et les élèves des écolesde Montréal pourraient le mieux se rapprocher.

      Un projet commun demande un échange des idées, le choix des choses à accomplir, une répartition des tâches, un cheminement suivi, des remises en question logistiques ou autres, une mise en place de la pièce de théâtre, du concert ou de l’exposition scientifique, etc.

      Vers le milieu de l’année, les participants ne sont plus des “étranges étrangers”les uns pour les autres mais des partenaires parfois amusants, parfois énervants… des “comme nous autres” finalement.

      Monsieur Jack Jedwab a raison de dire que: «Au-delà des beaux discours qui portent sur l’importance du rapprochement entre Québécois de diverses origines, investir dans les programmes d’échanges nous permettrait d’envoyer un message à la population que nous préférons le dialogue à la chicane.»

      A+, monsieur Jedwab :)

    • Je rajoute ceci:

      les enfants montréalais sont habitués de se côtoyer les uns les autres en dehors des heures de classe que ce soit au parc, aux camps de jour, au cinéma ou au restaurant. Ils ne se perçoivent pas comme “d’étranges étrangers”.

      Qu’en est-il des enseignants?

      Pour les connaître un peu je crois que la plupart de ceux qui ont CHOISI de venir enseigner à Montréal ont l’esprit ouvert et sont prêts à travailler en partenariat avec ceux des écoles de l’autre commission scolaire.

      Ceux qui ont ATTERRI à Montréal faute de travail dans leur région –ils sont nombreux– ou bien ils se rebifferont à se mélanger aux “étranges” ou bien ils seront enthousiastes à l’idée de profiter autant que leurs élèves de ce bouillon de culture.

      Ce qui me fait écrire le paragraphe précédent c’est que j’ai été témoin privilégiée de voir en paroles et en actions ce genre de personnes (profs, policiers, pompiers, fonctionnaires) qui n’aiment pas Montréal et, a fortiori, les Montréalais mais travaillent à Montréal… Ils sont pénibles et on aurait le goût de les retourner chez eux à coup de pieds dans le derrière. On n’a pas besoin d’eux.

      Y Labonté

    • A l’époque de la Nouvelle France, c’est comme ca qu’on a réussit a conquérir l’Amérique, on apprenait les langues amérindiennes,c’est Champlain je crois, qui avait laisser son fils ici dans une tribu amérindienne, quand il est revenu, son fils parlait deux ou trois langues, ce que les anglos de la Nouvelle Angleterre faisaient pas. En 2012, on a peur d’apprendre une autre langue, on va s’assimiler parait-il. Un étudiant qui sort du Secondaire 5 devrait parler deux langues, le francais et l’anglais ou l’espagnol.

    • Quand j’étais ado, j’ai participé à un échange étudiant.
      Entre le Québec et l’Ontario.
      Aprèes un mois, je savais que l’anglais était à ma portée. Je n’en dirais pas tant de l’Ontarien et des Ontariens en général.
      Les Québécois qui n’étaient pas bilingues ont appris à le devenir assez rapidement car ils étaient ouverts d’esprit et, surtout, ils étaient motivés.
      Aucun Anglo n’a jamais tenté de maîtriser le français. Ils avaient bien appris quelques expressions québécoises et cela leur suffisait – car ils n’avaient «pas besoin» du françcais pour vivre.
      Les journaux m’informent que les Montréalais anglophones peuvent se passer du français.
      Le souhait de M. Jedwab est un voeu pieux.
      La culture anglophone est prédominante dans les média, et les Anglos le savent.

      Les Montréalais francophones sont assez ouverts. Il est temps que les Anglos cessent de se braquer. Je ne parle pas d’une élite, mais de la majorité.

      Au moins, M. Jedwab présente un projet. Ça fait un.

      Et son projet est irréaliste.

      Dans la situation actuelle, la bonne volonté de la majorité anglophone relève de l’utopie.

      Leur corps est au Québec mais leur coeur est dans le ROC, pour la plupart.

    • Le Québec est français. Cessons de faire la promotion du bilinguisme, la première étape vers notre anglicisation. Connaissez-vous un peuple bilingue ? Pas moi. Ce contre il faut lutter, c’est l’incapacité d’intégration des anglophones à la langue nationale des Québécois. Et la meilleure façon de mettre fin à ce repli sur soi des anglophones est de mettre fin au sur-financement de leurs institutions.

      Doit-on rappeler que la minorité anglophone historique forme 5,6% de la population mais reçoit 14% du financement pour ses cégeps, 29% pour ses universités et 43% du financement pour son méga-hôpital ?

      Mettons fin au sur-financement des institutions de langue anglaise. Nous avons fini de faire rire de nous.

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