Le blogue de François Cardinal

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  • François Cardinal

    François Cardinal est chroniqueur à La Presse, spécialisé dans les affaires municipales et urbaines. Il aime la ville, toutes les villes.
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    Lundi 23 avril 2012 | Mise en ligne à 17h17 | Commenter Commentaires (18)

    Comment rapprocher les deux grandes communautés linguistiques?

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    Afin d’encourager un débat respectueux, seuls les commentaires signés sont publiés. Merci.

    De nouvelles tensions linguistiques sont apparues entre Francos et Anglos. Les premiers s’élèvent contre ce qu’ils considèrent être une utilisation accrue de l’anglais dans la métropole, alors que les seconds se trouvent injustement montrés du doigt.

    Écoles passerelles, langue de travail, sondage accusateur, recours croissant à l’anglais dans les commerces et institutions, les raisons de ces récents accrochages sont nombreuses, de part et d’autre. Si bien que la relation entre les deux communautés, hélas, est clairement mise à mal depuis quelque temps.

    Il suffit de lire The Gazette ou de visiter les réseaux sociaux à l’occasion pour constater la frustration de certains Anglos-Montréalais qui n’hésitent plus à parler d’une volonté d’assimilation, comme l’a fait le chroniqueur Don Macpherson.

    Un mot-clic a même été inventé sur Twitter, en guise d’autodérision : #BadAnglo. Les anglophones rivalisent ainsi d’originalité pour dénicher les «Bad Anglos» : ceux qui commandent un «steamie» et non un «steamé», par exemple, ceux qui ne sont pas capables de distinguer Julie Snyder et Véronique Cloutier…

    Parallèlement, certains Francos ont décidé eux aussi d’exprimer leurs frustrations. Les Jeunes patriotes du Québec, par exemple, ont organisé une manifestation devant un dépanneur de Verdun tenu par un propriétaire unilingue anglophone.

    D’autres ont fait savoir leur mécontentement suite aux dérives perçues dans l’affichage au centre-ville et dans les milieux de travail, que ce soit le CHUM, CGI, Bombardier ou la Caisse de dépôt.

    Or Montréal est riche de ses deux communautés linguistiques, qui définissent ensemble son identité. Il n’y a donc rien de réjouissant à voir se creuser un tel écart entre Francos et Anglos, deux communautés que les années ont pourtant rapprochées.

    Pour faire œuvre utile, le blogue «Quel avenir pour Montréal» lance donc demain une réflexion en quatre temps sur les défis de cette cohabitation.

    Josh Freed, Jack Jedwab, Simon Brault et Daniel Weinstock se pencheront à tour de rôle sur la question en répondant à une question d’importance : comment peut-on rapprocher les deux principales communautés linguistiques de Montréal?

    Mardi : Daniel Weinstock

    Mercredi: Jack Jedwab

    Jeudi: Simon Brault

    Vendredi: Josh Freed

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    • Malheureusement, si les anglophones de Montréal étaient aussi bilingue que leur compatriotes francophones, nous n’en serions pas là. Il est très frustrant de se rendre compte que lorsqu’il est question d’ouverture sur le monde et de rapprochement des communautés, le bilinguisme n’est bon que pour les francophones du Québec.

      Je déteste entendre que les Québécois sont fermés sur le monde alors qu’ils sont le peuple le plus bilingue en Amérique du Nord. Ironique d’entendre autant de mépris de la communauté anglophone à Montréal et surtout dans le ROC alors que leur connaissance du français est quazi inexistante.

      Venant d’un homme qui parle trois langues et qui demeure à Montréal depuis plus de 10 ans, je crois savoir de quoi je parle…

      Pierre-Luc Tremblay

    • De mon point de vue de franco, c’est d’assurer la pérénité du français qui est la clef. C’est aussi simple que ça. C’est tout a fait faisable en assurant la pérénité de la communauté anglophone.

      Que ce soit par l’indépendance du Québec ou d’une autre façon (I’m listening…), quand l’anglais en général ne sera plus une menace, ça va être beaucoup plus facile de s’entendre avec nos anglos.

      Le problème arrive quand les anglos prennent personnel la résistance à l’anglais. C’est possible de garder une minorités linguistiques. Il y a des arabes en Israel, et des juifs en Iran, tous bien intégrés dans leurs pays. Puisque ca fait un bon quarante ans qu’on as pas fait exploser nis arrêter arbitrairement personne, on devrait être capable nous aussi, non?

      Mais bon, c’est tentant, comme Don MacPherson le fait allègrement, de personnaliser le débats.

      Nicolas Robitaille

    • Le francais etant la langue officiel au Quebec,compose de 5750000 de francos comme vous dites,et d environ 600000 anglo,600000 allophones,il serait normal a mon avis que ces gens s integrent de facon normal a la majorite francophone sans se sentir persecutes dans l honneur et l enthousiasme………Alain Legault

    • Aucune idée! Enfin, ce n’est pas tout-à-fait vrai.

      je pars de la constatation que le climat entre les deux communautés n’a jamais été meilleur que vers la fin des années ‘70, ce qui est pour le moins aberrant. Suite à la loi 101 les Anglos se sauvaient en pagaille à Toronto, les autres hurlaient à la torture, pas une semaine où The Gazette ne sortait un cas pathétique de pôvres anglos qui ne pouvaient faire tout ce qu’ils voulaient tout le temps, sanglots à l’appui et levée des armes prévisible.

      Bon, en fin de compte il ne s’est rien passé à part la fuite des capitaux et quelques maisons du West-Island vendues pour des pinottes. En fait il me semble que de ce moment est né un nouveau respect entre les Anglos qui sont restés et les Francos. C’est pourquoi j’évoque cette époque.

      Je crois que la meilleure chose qui puisse arriver est un nouveau choc du type de la loi 101, pas pour traumatiser qui que ce soit mais bien pour que l’heure juste soit enfin donnée. En fait il est inévitable que Montréal devienne de plus en plus français si l’on se fie à ce que j’entends de la génération sur les bancs d’école actuellement. Et de plus en plus anglais si l’on regarde les statistiques ou simplement si on entre dans n’importe quel magasin de la Catherine à l’ouest de St-Laurent. En tout cas l’affrontement est inévitable si on ne pose pas des balises strictes et justes le plus vite possible… après une saine réflexion évidemment.

      Toute mesure sera un choc mais faut-il attendre la violence pour agir ?

      Quant à moi, je vis à Greenfield Park depuis quelques années. Même mes amis Anglos le notent: il est difficile de trouver un magasin où on s’adresse aux clients en français d’abord et plusieurs en sont peinés. Faut savoir que Greenfield Park est majoritairement francophone depuis peu et que bon nombre des nouveaux arrivants sont Chinois, Afghans, Pakis… Je ne puis quand même pas leur reprocher leur manque de perspective dès leur arrivée! D’ailleurs ils apprennent vite et sont pour la plupart charmants.

      Chaque fois je parle français d’abord et, selon les efforts de la personne qui me sert, je me tourne vers l’anglais au besoin mais ça ne dure que quelques semaines. La langue du commerce est celle du client et ils le savent.

      À mon épicerie toutes les boîtes sont presque toujours placées côté anglais. Je finis par en avoir mal aux poignets à force de les tourner. Il y a encore plusieurs panneaux STOP un peu partout. Beaucoup de petits irritants mais rien de plus: nous n’en sommes plus au quasi-apartheid des années soixante, loin de là.

      C’est toujours un peu ennuyant de voir des Anglos se vexer devant les conclusions un peu lourdes au sujet de l’évolution de la langue. Comme toujours ils se croient personnellement visés alors que le problème est structurel. Éventuellement ils se considéreront victimes si des mesures sont prises. C’est pourtant à ce prix que nous pourrons avoir un rapport plus sain.

      Je n’ai rien à foutre de défendre une langue, ce sont les gens qui méritent d’être défendus. Il est évident que chacun doit pourvoir ressentir son droit de s’exprimer dans sa langue tout autant qu’il respire et je dois bien constater que nous en sommes de plus en plus loin pour les Francos. Ceci pour les droits individuels.

      Mais si je ne puis entrer dans un magasin et m’exprimer en français sans que le vendeur me réponde “So, I’m a Bad Anglo ?”, ben y a des chances que je lui fasse avaler mon parapluie grand ouvert, quel que soit son sourire.

      Je suis persuadé que toutes les mésententes de cette dernière décennie viennent de trop de politesse et jusqu’à l’à-plat-ventrisme. Ce n’est pas une question de devenir rustre mais bien d’énoncer des normes claires pour qu’enfin chacun sache à quoi s’en tenir.

      Jean-François Trottier

    • Je pesne que, premièrement, on devrait les obliger à respecter la loi.

      Plus le gouvernement est laxiste, plus les Anglophones considèrent leurs actes comme légitimes. Et plus cela renforce leur sentiment d’impunité et leur arrogance vis-à-vis du fait français dans la métropole.

      Quand des patients ne peuvent obtenir des services en français dans les hôpitaux subventionnés par l’État – C’est arrivé à ma mère en pleine hémorraghie au Royal Vic : trois spécialistes, aucun francophone.

      Quand des ambulanciers sont expulsés d’un hôpital public parce que leurs sandwiches ne sont pas kashers…

      Il ne s’agit plus de la francophone de chez Eaton obligée d’accueillir les clients en français.

      On parle ici des services assurés par l’État!

      Or qu’en est-il quand il s’agit d’aller magasiner ? Est-ce que la loi n’a plus cours?

      Si les relations entre les deux solitudes sont en train de se détiorer à Montréal, c’est simplement que les Francophones commencent à en avoir assez de cette suffisance et de cette arrogance de la part des Anglophones. Ils sont bien conscient qu’ils constituent la base électorale du PLQ et de Charest et que ce gouvernement n’osera jamais contester leur mépris de la loi.

      Alors, si l’on veut rapprocher les deux solitudes montréalaises, que l’on rappelle d’abord aux Anglos qu’ils vivent au Québec et qu’ils doivent se soumettre aux lois, quitte à les contester en cour.

      Les francophones ne les apprécieront que davantage.

    • Jacques Lambert

    • Si toute critique cessait d’être automatiquement perçue comme du “-bashing” et ce, d’une part comme de l’autre, peut-être y aurait-il espoir. Je suis mi-britannique, mi-québécoise francophone de souche; les deux communautés me lorgnent d’un air suspect. Cette phobie de l’autre et de la menace paranoïaque qu’il représente empêche tout dialogue constructif, malheureusement. On préfère passer notre temps à gratter ses bobos et à pointer l’autre en chignant : “C’est lui qui a commencé !” C’est tragique. D. Giroux

    • Il faut tout simplement accepter et assumer le caractère bilingue de Montréal, que ce soit du point de vue historique ou contemporain.

      Et ce n’est pas seulement les Montréalais francophones qui doivent assumer le passé et le présent anglophones de leur ville; Québec a déjà été anglophone à 51 %, son histoire et son développement ont profondément été marqués par sa communauté anglophone (la plus vieille du Québec – on célébrait déjà la Saint-Patrick à Québec en 1751), mais on persiste toujours à la désigner berceau de l’Amérique française et Montréal, la deuxième métropole «francophone» au monde (!). Et que dire des Cantons-de-l’est!

      Oui, nous avons été conquis, mais nous ne pouvons continuer de nier les réalités anglophones de notre province.

      B. Falardeau

    • Quand les boomers anglos auront levé les pattes, soit de façon finale, soit pour aller vivre auprès de leurs enfants qui sont déjà partis du Québec, la communauté anglophone sera formée par ceux qui sont arrivés ici en tant qu’allophones. Ça va être une vraie tour de Babel et pas mal plus difficile à gérer.

      Étant une boomer francophone (originaire des Cantons de l’Est en plus), j’suis tannée de voir quitter mes amis. Pieutez le français à Montréal de force, écoeurez les p’tites “bizness” avec un proprio solo anglo, sortez les p’tits soldats de la police de la langue et avant longtemps, Montréal aura une qualité insulaire qui fait fuir les affaires.

      J. Lincourt

    • Je suis une Montréalaise de 19 ans originaire d’une communauté immigrante et j’habite au centre-nord de l’île (pas loin du boulevard Saint-Laurent). Je peux dire que depuis ma tendre enfance, de part ma situation particulière de fille d’allophones, ma jambe gauche a toujours pataugé en français et ma jambe droite en anglais. Quand je veux lire un bon roman, je me dirige vers l’est francophone à Ahuntsic et quand je veux magasiner, je passe vers l’ouest anglophone dans Saint-Laurent. On peut donc dire que j’ai reçu un double héritage : d’un côté, une culture littéraire tournée vers la langue de Molière et de l’autre, une véritable fascination pour les centres commerciaux héritiers des enfants de Shakespeare.

      Dans ma vie quotidienne, je me sens très bien dans ce monde de dualisme et de contradictions. C’est ça Montréal, une métropole de paradoxes, une ville où – philosophiquement parlant – la thèse et l’antithèse engendrent, après conflit, la synthèse, le consensus, la complétude entre le yin et le yang. Je ne pourrais pas imaginer ma ville complètement francophone, comme je ne pourrais pas l’imaginer totalement anglophone. Sinon, je ne pourrais l’appeler Montréal.

      Tout ce débat, ces tensions linguistiques constantes m’appellent donc au plus haut point. Ce que je constate en premier lieu dans cette histoire, c’est l’inconscient collectif des deux communautés qui peut se faire facilement excité par une poignée d’individus ignorants et assoiffés de pouvoir. Ces derniers, militants idéologiques ou politiciens, ne cessent pas de jouer avec l’histoire du Québec et du Canada tel un vulgaire hochet pour provoquer des pulsions agressives et des distorsions cognitives chez la majorité de la société qui ne souhaite que la paix. J’ai suivi des cours de psychologie et je peux vous garantir qu’il extrêmement facile de déclencher le ressentiment et la haine envers l’Autre lorsqu’on invoque les Plaines d’Abraham, la Rébellion ou la Crise d’Octobre.

      Deuxièmement, je constate que la politique linguistique du Québec des 50 dernières années a peut-être réussi à renforcer le fait à Montréal mais a, en même temps, par son caractère extrêmement idéologisé par le mouvement souverainiste, produit un effet pervers chez les anglophones. Ces derniers, en voyant la langue française dorénavant comme un « symbole » de l’option indépendantiste, s’en « protègent » en refusant de parler la langue des « ennemis politiques » et en continuant à ne parler que la langue des frères du Rest of Canada.

      Troisièmement, le fait que l’histoire, la politique et les médias ont longtemps conditionné la communauté francophone à ne voir que le côté négatif des anglophones a, selon moi, contribué à isoler encore plus les Québécois de la réalité nord-américaine, voire même canadienne. Les artistes qui n’utilisent que le français ne peuvent malheureusement se faire connaître qu’au Québec ou en France alors qu’un artiste qui utilise également l’anglais acquiert un public beaucoup plus large et une renommée plus grande encore puisqu’il se situe au diapason de ses 325 millions de confrères en Amérique, voire du monde entier.

      Ces trois points, je les ai tiré de mon expérience personnelle. Par exemple, je connaissais beaucoup d’amis qui ont comme moi fréquenté l’école secondaire francophone et parlent très bien le français mais qui, paradoxalement, préféraient se parler entre eux en anglais. Lorsque je les rends visite dans leurs cégeps anglophones, au contraire, ils s’adressent à moi en français (comme beaucoup de leurs congénères de classe à la cafétéria, en passant). Loin d’y voir un geste ostentatoire, je vois cela comme une expression sans complexe de leur identité montréalaise, une identitié qui rejette le monolinguisme imposé et proclame haut et fort leur ouverture au monde.

      Contrairement à ce que les porte-voix officiels de la langue proclament, Montréal ne s’assimile pas mais se mélange de plus en plus. Un nombre grandissant de francophones s’installent à l’Ouest tandis que de plus en plus d’anglophones s’installent à l’Est. Ma génération est bilingue et fière de l’être et n’hésitera pas à aller fesser les « jeunes » Patriotes ainsi que les « harperistes » unilingues anglophones. Ces robots de la vieille génération ne nous représentent en aucun cas et je leur défends de déverser leur fiel en notre nom. – Françoise Garabed

    • La première étape est de réaliser que la minorité anglophone du Québec est sur-financée et est la plus choyée au monde. Ses universités accaparent 29,3% du financement alors que son poids démographique historique est de 5,6%. Ses cégeps accaparent 14% pour ce même 5,6%. Son méga-hôpital prend 43% de nos ressources toujours pour la même population.

      Ce qui fait de Montréal une ville originale, ce sont les Québécois qui y habitent. Sans eux, Montréal ne serait qu’une Cleveland ou une Colombus. C’est NOUS l’originalité et nous avons le droit d’exister.

      Pour inciter la minorité anglophone à cesser de vivre repliée sur elle-même, il faut lui apprendre à devenir humble. Il faut la financer selon son poids démographique, ce qui constitue la seule vraie justice.

      Le jour où sa McGill ne recevra plus 1,2 milliards de dollars par année, mais 250 millions de dollars, cette communauté comprendra enfin qu’elle est une minorité et qu’elle a le devoir de s’intégrer à la majorité francophone.

      Tant que nous continuerons à surfinancer ses institutions, nous ne pourrons rien faire.

      L. Préfontaine

    • Une des chroniqueuses de La Presse (je ne sais plus si c’est Ouimet, Elkouri Ou Petrowski) a déjà écrit que les Montréalais considèrent leur dualité linguistique non pas comme une immense richesse, mais plutôt comme une croix à porter. La solution réside donc dans un changement de mentalité. Trouvez-vous que les jeunes comme Sammy Sugar constituent une réussite ou un échec? De votre réponse dépend l’avenir de Montréal. Certains se désolent de leur richesse, que voulez-vous …

    • Oups: signé Wendy Allen.

    • J’espère de tout coeur que cette réflexion en quatre temps pourra désamorcer la tension montée en épingle par la peur que certains entretiennent. Le discourt de droite, comme Marine Le Pen aime bien le cultiver, table sur la déchéance ”provoquée” par L’AUTRE. Cette peur de l’autre n’est rien de plus qu’un complexe d’infériorité, un manque de confiance criant, une peur de l’avenir dévastatrice.

      Un tel repli basé sur l’identité nationale, linguistique ou raciale est selon moi l’un des grands désaveux que l’on puisse faire à la modernité car il paralyse l’espoir et assèche cette énergie indissociable au progrès.

      Que l’on crève cet abcès avant qu’il ne devienne un problème.

      Francis Huneault

    • Je suis montréalais de naissance (début 1980s), plutôt influencé par les quartiers Ahuntsic, Villeray et St-Michel si vous voulez savoir…

      Jackie Robinson donne p-ê une meilleure idée de l’incroyable ouverture d’esprit des montréalais des 1950s, mais je crois qu’il ne faut pas oublier l’époque ou l’on se faisait répondre “speak white” pour avoir demandé du service en anglais qui a marqué la génération de mes parents : ça fait partie de l’histoire de la ville.

      Mais ça ne fait, heureusement, pas partie de mon vécu depuis l’”exode” des anglos fermés après le référendum de 1995. Or, l’assertion que Montréal n’est qu’une ville bilingue est un “mindset”, une prémisse, qui occulte le fait que la majorité des montréalais (du moins de ma génération) sommes AU MOINS trilingues.

      Montréal a été fondée pour être le carrefour où l’on peut rencontrer, entre autres, indiens et chinois. Certains, de part et d’autres, peuvent la rêver comme appartenant à la couronne anglaise ou française, peuvent perpétuer sa “dualité”. À mon appréciation, il y a au moins une autre grande communauté linguistique, de langue latine, issue du mélange du patois des immigrants italomontréalais, portugais, lationaméricains et des québécois ayant voyagé en Amérique latine.

      Peut-être que d’agréer faire aussi partie d’Amérique latine, de développer le latin “montréalais” comme deuxième langue internationale, serait une sortie de crise linguistique qui permettrait d’être le carrefour entre la francophonie, l’anglophonie et l’Amérique latine que nous avons le potentiel d’être.

      Guillaume Blouin-Beaudoin

    • Par exemple, l’équipe éditoriale de La Gazette devrait publier souvent des éditoriaux francophones traduits vers l’anglais, sans filtre, et vice-versa. Nous devrions exiger un niveau élevé de connaissance du français et de l’anglais pour presque tous les emplois d’importance. CBC et Radio-Canada devrait faire des segments conjoints avec sous-titres. Des trucs comme ça.

      Le porte-étendard du bilinguisme doit cesser d’être un “francophone qui parle anglais”. Il faut aussi que ce débat cesse d’être uniquement mené par les francos, il est plus que temps que les anglos ne perçoivent plus l’apprentissage d’une langue seconde comme une corvée!! Cette langue seconde doit être perçue pour ce que c’est, un avantage dans la vie et une clé additionnelle pour comprendre le monde!

      Les anglos payent pas mal pour la bigoterie du ROC, mais c’est aussi à eux de rappeler, parfois, tout ce beau monde à l’ordre sur les langues officielles de ce pays. Ils seront plus écoutés que les franco-québécois.

      Gabriel Durany

    • Comparé aux décennies précédentes ou avait droit a Alliance Québec et B Johnson, aux angryphones, a Galganov, aux partitionnistes…je trouve que les deux communautés se sont bien rapprochées depuis. Les extrémistes nostalgiques de la domination anglophone pré-1970 ont disparus et ne reste que certains nouveaux-arrivants qui, des fois, assument que l’Amérique du Nord au grand complet est anglophone. C’est souvent de l’ignorance et pas de la malfaisance. Leurs enfants s’intègrent parfaitement et deviennent trilingues, quadrilingues. Henri P

    • #francegitane: on est d’accord, on est de la même génération; vous avez tout dit, pas mal mieux que je ne l’aurais fait en plus.
      Alex C Samak

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