Le blogue de François Cardinal

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  • François Cardinal

    François Cardinal est chroniqueur à La Presse, spécialisé dans les affaires municipales et urbaines. Il aime la ville, toutes les villes.
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    Jeudi 19 avril 2012 | Mise en ligne à 6h30 | Commenter Commentaires (11)

    Griffintown: Montréal est toujours incapable de rattraper son retard…

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    Afin d’encourager un débat respectueux, seuls les commentaires signés sont publiés. Merci.

    L’administration Tremblay a annoncé, hier, la création d’un comité ad hoc visant à «définir le statut» de trois des plus importants éléments patrimoniaux de Griffintown : le Horse Palace, la New City Gas et l’édifice Rodier.

    Bonne nouvelle. Mais Bon Dieu, pourquoi avoir attendu si longtemps?

    Pourquoi a-t-on l’impression, dans le dossier Griffintown, que la Ville est incapable de rattraper le devant de la parade? Pourquoi ne fait-elle que parer au plus urgent à la toute dernière seconde?

    Cela fait des mois que l’arrondissement du Sud-Ouest et les défenseurs du patrimoine sonnent l’alarme afin de préserver l’une des dernières écuries urbaines en Amérique du Nord (elle date de 1862). Des mois que Dinu Bumbaru se promène d’un événement à l’autre pour sensibiliser les décideurs. Des mois que le professeur David Hanna répète qu’il est temps d’agir pour éviter que l’histoire ne disparaisse sous le pic des démolisseurs…

    Déjà que la Ville a tardé à mandater l’Office de consultation publique, on aurait pu croire qu’elle se serait ressaisie, puis qu’elle aurait concocté un plan avant que les grues soient trop nombreuses.

    Non! Elle a plutôt attendu, les bras croisés, que l’opposition révèle que le nouveau propriétaire du paddock, le promoteur BCG, est sur le point d’entamer les démarches pour ériger un projet immobilier sur le terrain adjacent aux écuries, ce qui rendrait toute préservation difficile.

    Et elle a attendu, avant de faire un tout petit pas en avant, que Phyllis Lambert, qui a bien d’autres chats à fouetter, se présente au conseil municipal pour implorer les élus de préserver ces écuries urbaines.

    «Pourquoi, a-t-elle lancé, dois-je venir ici, moi, une femme de 85 ans, me mettre à genoux devant vous pour qu’on sauvegarde cette ville?»

    Pourquoi, en effet?


    • La photo qui accompagne cet article vaut mille mots…mais je me permettrai d’en ajouter quelques uns. Le premier: aberrant. J’habite aux limites de la Petite Bourgogne et Griffintown (Georges-Vanier, sud de Notre-Dame) et fais du vélo sur la magnifique piste du canal de Lachine; il m’arrive aussi très souvent d’emprunter les rues avoisinantes et de passer devant ce dépotoir qu’est devenu le Horse Palace – grâce à l’incurie des propriétaires spéculateurs. Bon, esthétiquement, c’est horrible. Mais, encore pire, c’est l’odeur infecte d’urine et d’excréments chevalins – précieusement conservés depuis un siècle – qui s’en dégage, et qui est perceptible à nos narines à 150 mètres à la ronde.
      J’ai bien l’impression que toutes ces bonnes personnes qui déchirent leur chemise sur la place publique pour sauvegarder cette horreur pustulente et malodorante devraient consulter un médecin pour se faire débloquer les narines. L’édifice Rodier, la New City Gas, je veux bien. Mais le Horse Palace, de grâce mesdames-messieurs qui partez de vos confortables et cossus Westmount, Outremont et autres Ville-Marie-Ouest, un peu de bon sens, s’il vous plaît!
      Guy Geoffrion

    • Pour ceux qui n’ont pas encore compris que conservation veut aussi dire RESTAURATION, et bien je vous l’annonce. Vouloir conserver un témoin du passé (encore en fonction, je le souligne) n’est pas un acte inutile, bien au contraire. Le patrimoine ne se détermine pas en fonction de l’esthétique, il se détermine en fonction de la signification.

      Montréal a été fondé lorsqu’il n’y avait pas de voiture dans les rues. Le Horse Palace en témoigne. Il me semble que c’est pas si compliqué.

      Francis Huneault

    • M. Geoffrion

      Je suis totalement d’accord avec vous: M. Cardinal erre complètement au sujet du Horse Palace.

      Le résultat de ces protestations seront aussi néfastes que celles visant à “protéger” le Cléopâtre dont le résultat sera un terrain vague plutôt qu’un édifice LEED qui aurait préservé les façades de ces édifices abandonnés. À trop vouloir “protéger” le Horse Palace, ça finira en terrains vagues, plutôt qu’en habitations au Centre-Ville. C’est ça qu’on veut des nouveaux habitants au Centre-Ville!

      On dit toujours que la Ville perd ses habitants, mais quand on veut transformer la Ville en un lieu habitable, en se débarrassant de trucs infectes comme le HP, la horde habituelle de la Gauche-Caviar sort d’Outremont ou de St-Lambert pour venir empêcher la Ville de se développer. Il ne s’agit pas ici de construire une horreur tel le Dix-30, que les gens de St-Lambert apprécient, mais de transformer un quartier en ruines en un lieu habitable.

      Dans Griffintown comme dans Petite Bourgogne, il y a d’autres batailles plus importantes que la conservation du Horse Palace, cet immonde taudis d’où émane une miasme médiévale, rats pestiférés et coquerelles de toutes tailles.

      Les écuries pour les calèches devraient être réaménagées, selon des normes modernes, dans le Vieux Port, dans la partie encore industrielle près de la Molson. Les chevaux et leur cocher n’auraient plus à parcourir une si longue distance dans le trafic dont les dangereuses traversées de la rue Peel, de la rue McGill et de la future rue University.

      Luc Giguère
      Côte Saint-Paul
      Montréal

    • Préserver cette horreur, mon Dieu mais pourquoi?

      Un autre éditorialiste qui nous montre à quelle point La Presse est déconnectée de la réalité et des gens “ordinaires”.

      P Brasseur

    • À Guy Geoffrion.

      Ce n’est pas à l’incurie des propriétaires de ces terrains qu’il faut jeter le blâme, mais à l’incurie de la ville. Ces propriétaires n’ont d’autre choix que d’accepter les choix que la ville destine à ces terrains. La ville les sert du système de changements de zonage pour arriver à ses fins. C’est ce qu’elle fait partout en ville pour tous les terrains où elle vise à installer de nouveaux blocs de condos, de résidences, ou de logements, en publiant son intention de changer le zonage d’industriel ou de commercial à résidentiel. Une fois le changement de zonage effectué, le propriétaire, comme c’est le cas pour ces établissements, tout comme ce fut le cas, en ce qui concerne le quartier des spectacles, comme c’est encore le cas sur les terrains des anciennes usines Angus (là où ce système de changements de zonage la connu ses débuts), des usines de Norampac et combien d’autres endroits. En ce qui concerne Griffintown, ce sont les premiers projets qui laissaient plus de place au commerce qu’on aurait dû accepter. Mais il ne l’a pas été cela dû aux protestations des commerçants de la rue Sainte-Catherine qui craignaient que cela nuise à leurs commerces. C’est ainsi que l’on tient compte du bien des résidents du quartier. L’odeur, il yu a toujours moyen de la faire disparaître.
      Rolland Lambert

    • Si nous avions écouté tous ceux qui souhaite la démolition de tout bâtiment mal entretenu, à l’abandon ou dans un état exécrable de conservation et ce malgré leur valeur historique ou patrimoniale, le vieux-montréal aurait été rayé de la carte dans les années 70-80. Remplacé par ce qui était symbole du progrès à l’époque, des stationnements.

      Je crois que tout le monde doit voir le POTENTIEL de chaque témoin du patrimoine que Héritage Montréal défend et doit S’INFORMER de leur histoire et de leur valeur AVANT de prier pour leur démolition.

      Ainsi nous conserverons un peu de l’âme de chaque quartier au lieu de faire tabula rasa comme il se fait beaucoup trop souvent, encore aujourd’hui, à Montréal…

      Arnaud Paquin

    • Le développement de Griffintown, à grand coup de tours en verre sans saveur, démontre avec éloquence notre incapacité de voir ce qui nous entour avec autre chose que nos critères esthétiques tout droit sorti d’une boîte de céréale. Il y a aussi cette fâcheuse habitude d’opposer réflexion et développement, urbanité et accessibilité.

      Pourrait-on, s’il vous plaît, générer un débat qui parle du fond des choses? Une ville possédant une histoire comme celle de Montréal ne devrait pas être livrée à des promoteurs sans encadrement. Leur rôle est de construire pour vendre. Ce que Montréal a besoin c’est de se réédifier. Il ne s’agit pas de démoniser les promoteurs, mais ils en sont clairement incapables. Clairement.

      Comment peut-on espérer avoir une métropole à la hauteur de ce titre en confiant son avenir aux mauvaises personnes?

      Le Horse Palace est un exemple parmi une centaine d’autres. Il ne s’agit pas de savoir si on rase ou pas, il s’agit de savoir pourquoi. Ça, seule une étude rigoureuse nous en informe.

      Francis Huneault

    • @ lgiguere , 19 avril 2012, 10h37

      Vous dites: ” …Les écuries pour les calèches devraient être réaménagées, selon des normes modernes, dans le Vieux Port, dans la partie encore industrielle près de la Molson. Les chevaux et leur cocher n’auraient plus à parcourir une si longue distance dans le trafic dont les dangereuses traversées de la rue Peel, de la rue McGill et de la future rue University.”

      Vous avez raison, l’écurie doit-être déplacée dans le Vieux-Montréal.

      D’autre part, ceux qui affirment que le Horse Palace est historiquement situé en ses lieux actuels se trompent.

      Il y a effectivement eu des écuries dans ces environs pour les besoins de l’époque mais là où se trouve le Horse Palace, il y avait une fonderie … et non une écurie.

      Toutefois, la valeur patrimoniale de l’écurie relève de sa fonction, pas de sa localisastion et encore moins pour ses bâtiments.

      Dans les faits, le rôle des chevaux dans notre histoire est largement négligé. Les considérations que la Ville donne au Horse Palace est l’exemple le plus frappant.

      Le cheval a été un élément moteur de notre histoire et pourtant l’on ne lui fait pas tellement de place à Montréal.

      Le cheval peut reprendre sa place en le réintégrant davantage dans des activités économiques, culturelles, sportives et municipales.

      Le cheval peut servir pour l’entretien de notre montagne comme plusieurs grandes villes dans le monde le fait.

      Au lieu d’une unique statue équestre à Montréal, pourquoi pas d’autres ?

      Pourquoi ne pas réintégrer le sport équestre sur l’île Ste-Hélène ?

      Pourquoi ne pas permettre l’équitation à Montréal ?

      Pourquoi ne pas intégrer le cheval dans la planification urbaine de Montréal ?

      Les urbanistes de la ville qui ne se sont pas préoccupés des chevaux montrent tout simplement qu’ils ont oublié une composante importante de notre histoire et de notre présent.

      Louis Richard CD

    • @Louis Richard

      Bien d’accord pour la place des chevaux en ville, quand c’est nécessaire ou plus approprié que d’autres moyens de transport. Le SPVM patrouille le Mont-Royal à cheval et y tient de très belles écuries, où on peut d’ailleurs flatter les chevaux qui semblent appréciés la présence du public. Le SPVM utilise aussi les patrouilles à cheval en ville quand la “tension peut montée tel que sur Crescent certains soir de match”…

      Malheureusement, on oublie que l’engouement pour l’automobile au début du 20e siècle vient beaucoup du fait que l’utilisation du cheval en ville posait d’énormes problèmes d’hygiène publique.

      On pourrait aussi aménager des sentiers équestres sur La Montagne et dans les parcs Maisonneuve et Angrignon, tel qu’il y en a à Londres dans Hyde Park et à Paris dans Les Bois de Boulogne. Ça ajouterais au charme des calèches comme présence du cheval en ville et permettrait aux citadins une activité présentement réservé aux gens de la campagne.

      Donc, oui à la place du cheval, mais dans certaines conditions, dont celles de ne pas nuire aux habitants ou à l’hygiène public.

      Le Horse Palace ne rencontre aucun de ces critères, ni dans sa forme actuelle ni dans son emplacement. La ville a décidé, et avec raison, de transformer Griffintown en quartier d’habitation à haute densité, la présence d’écurie n’est pas compatible avec cette nouvelle vocation. S’il faut garder certains des plus beaux immeubles industriels et les transformer, il ne sera pas possible de garder toutes les formes d’industries qui s’y trouvaient avant. Certaines, encore active, devront tôt ou tard partir vers de nouvelles zones industrielles. Les écuries en font partie.

      Pour ceux et celles qui n’ont pas compris pourquoi ont doit construire en hauteur dans Griffintown, c’est que les terrains sont très coûteux et dans la plupart des cas, contaminés, ce qui les rend encore plus coûteux. Le seul moyen d’offrir des logements “abordables” est de construire en hauteur. Si vous voulez des maisons en rangée, il faudra allez à Lasalle ou à Lachine, et pour les bungalows, faire comme certains et habitez St-Lambert …

      Luc Giguère
      Côte Saint-Paul
      Montréal

    • Commençons donc par l’appeler pas son vrai nom, Faubourg-des-Récollets, ou lui trouver un nouveau nom francophone. Merci.

      R. Berthiaume

    • Le Horse Palace pue pas mal moins depuis le début des constructions au coin Murray-Ottawa et Ottawa-De la Montagne. Je sais pas, le bloc murray-Ottawa bloque le vent ? Le trou causé par l’interminable construction au coin Ottawa-De la montagne draine l’urine ?

      C’est beaucoup moins pire. Je me souviens qu’on sentais le HP de Peel avant. On ne le sent plus de Vélomakak…

      À chaque fois que je passe devant, je constate son état délabré, digne d’une favella. Y’a vraiment des chevaux qui restent là dedans ? Pauvres bêtes.

      On ne préserverais pas une favella, aussi historique qu’elle soit. Je ne vois pas l’intérêt de préserver le délabrement et la pauvreté. Je doute que dans son histoire, le HP ait incarné le raffinement, l’industrialisation le caractère équin des irlandais ou quelquonque valeur propre aux montréalais. Il incarne la pauvreté des conducteurs de calèche, au mieux.

      Les chevaux méritent une écurie moderne, bien chauffée, bien éclairée. Pas un taudis enclavé.

      ***

      Ce serait une erreur de constamment crier à l’histoire dans ce quartier. Certes, il y a des joyaux comme le poste de police du Centaur, l’édifice Rodier, la caserne de pompiers (quand les pompiers ne sont pas stationnés en double), la maison escamotable (bien mal entretenue), les ruines de St-Ann, la maison benoit Labre, l’édifice Kander.

      Mais le développement de ce quartier s’est fait de façon anarchique. Veut-on protéger l’anarchie urbaine ?

      Les gens ont apposé de la tôle ondulée où la brique tronait autrefois. On peut voir que la ville ressemblait à Belfast par endroit… puis, on a un beau building en tôle ondulée ou brique jaune. On finit par le style stalinien-technologique-90 de L’ETS !

      On a construit des cambuses semi-industrielles. On a délaissé des édifices remarquables se rénover en n’importe quoi.

      Il reste peu de batiments datant de l’ère irlandaise du quartier et ceux qui datent de cette époque sont défigurés par l’industrialisation cheapo.

      Il faut restaurer ce qui est restaurable et peut être beau. Démolir ce qui jure et n’a aucune valeur.

      Le HP ne peut pas être restauré et n’a guère de valeur…

      F. Picard

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