Le blogue de François Cardinal

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  • François Cardinal

    François Cardinal est chroniqueur à La Presse, spécialisé dans les affaires municipales et urbaines. Il aime la ville, toutes les villes.
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    Lundi 16 avril 2012 | Mise en ligne à 6h30 | Commenter Commentaires (2)

    Les Architectes FABG: «Pour que la ville rêvée devienne la ville réelle»

    Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine, Éric Gauthier, associé de la firme Les Architectes FABG*, se prête au jeu. N’oubliez pas de signer votre commentaire.

    fabgIl y a la ville que l’on rêve du dehors, celle qui existe sur papier et dans notre imaginaire.

    Il y a la ville réelle que l’on habite chacun à sa façon, en sacrifiant un peu de confort domestique à cet idéal.

    La ville que l’on rêve est une métropole, un lieu où convergent ceux qui laissent derrière eux un village trop petit, un milieu trop étroit. La métropole se nourrit de leur énergie, son dynamisme en dépend.

    La ville que l’on rêve se porte bien, le nom de Montréal rayonne et suscite l’intérêt. Nous recevons chaque jour une dizaine de demandes de jeunes architectes étrangers prêts à tout quitter pour recommencer leur vie ici, dans un monde qui leur semble meilleur que l’Europe dévastée par la crise ou l’Asie livrée au développement sauvage.

    La ville réelle est un assemblage de quartiers qui se porte moins bien dans la mesure où ceux qui y vivent acceptent plus difficilement les sacrifices qu’une métropole demande. Bars, restaurants et commerces dérangent, circulation et construction irritent la nouvelle classe de propriétaires éduqués qui a succédé aux locataires mobiles et dociles.

    Le récent mouvement de décentralisation du pouvoir au profit des administrations locales a sans doute attiré l’attention sur la ville réelle et l’intérêt immédiat de ses occupants.

    Après cette période de transition nécessaire à l’intégration des nouveaux territoires fusionnés il faut s’assurer que la métropole retrouve plus d’autorité pour planifier la rénovation de ses infrastructures en même temps que se poursuit l’inexorable processus de densification et de croissance à partir du centre historique.

    On a récemment vu émerger de nouvelles volontés de planification centralisée absolument nécessaires au dynamisme de Montréal comme le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) ou le relèvement des hauteurs constructibles au centre-ville. Ces initiatives illustrent l’importance de légiférer en amont pour le bien commun plutôt que d’être le témoin passif des tensions suscitées par le développement en laissant citoyens, groupes de pression et intérêts privés s’affronter par médias interposés.

    Souhaitons que la politique du laissez-faire soit en train de céder la place au désir de planifier et d’imaginer pour que la ville rêvée devienne la ville réelle.

    ***

    * On doit aux Architectes FABG, notamment, la toute récente transformation de la station-service de Mies Van Der Rohe située sur L’Île-des-Soeurs, les théâtres de Quat’Sous et de La Licorne, le Musée Stewart ainsi que l’École nationale de l’humour.

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    • “Ces initiatives illustrent l’importance de légiférer en amont pour le bien commun plutôt que d’être le témoin passif des tensions [...]”

      En effet, légiférer au préalable c’est prendre connaissance des besoins réels d’une population, des contraintes économiques d’une ville, de la richesse historique d’un quartier et d’en tisser un cadre complexe et idéalement souple.

      Ce processus est souvent décrié comme d’une lenteur immobilisante, mais à moins point de vue, une telle étude représente plutôt la mise en relief d’une vision. Une vision, n’est-ce pas ce que l’on attend des élus?

      Pour qu’une ville soit agréable à vivre, performante et inspirante, on ne peut faire autrement que de l’imaginer avant de creuser.

      Mettre en parallèle la ville que l’on s’imagine et la ville que l’on “subit” est un angle tout à fait pertinent pour comprendre l’importance de planifier. C’est une image que l’on devrait garder en tête pour un moment.

      Francis Huneault

    • Je crois qu’en mettant en parallèle la ville rêvé et la ville subit. On pourrait voir les éléments les plus faciles à mettre en place qui eux pourraient jouer un effet domino.

      Des fois je me demande comment se fait-il qu’on planifie aussi peu dans une ville qui compte autant de département universitaire en urbanisme. ..

      Non mais c’est vrai ils font quoi tout ses gradués, professeurs et étudiants???

      Bernard Théroux
      hochelaga

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