Le blogue de François Cardinal

Archive du 19 mars 2012

Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine, Jeannot Painchaud, président-directeur général et artistique du Cirque Éloize, se prête au jeu. N’oubliez pas de signer votre commentaire.

JeannotPainchaud_CirqueEloize_HiRes

Le cirque fait partie de ma vie depuis près de 30 ans. C’est en 1984 que je voyais la toute première représentation du Cirque du Soleil et que j’ai décidé de quitter ma région natale pour m’inscrire à l’École nationale de cirque, à Montréal.

Cette école créée en 1981 est devenue à mon sens la plus importante école de cirque au monde et j’ai le sentiment d’avoir grandi avec elle. Je me suis fait de mes nombreux voyages, de mes performances dans la rue ici et en Europe, vivant de l’argent accumulé dans mon chapeau.

Parallèlement, je revenais toujours à l’école, à Montréal, retrouver mon clan, ma famille circassienne. Fasciné par les gens de voyages, les nomades, c’est cet esprit clanique qui m’a toujours fasciné et qui caractérise selon moi les gens de cirque. L’esprit de communauté — propre à la troupe — qui est l’essence même des arts du cirque, m’a réellement inspiré toute ma vie.

J’ai toujours cherché des moyens de rassembler des gens d’horizons différents autour d’un projet, autour d’une même table. Cet esprit, il me vient aussi de mon enfance aux Îles de la Madeleine. L’insularité provoque un fort sentiment d’appartenance et d’esprit d’entraide. Les Québécois, en général, gagneraient beaucoup à développer davantage ce regard vers l’autre.

Dans les années 90, les gens de cirque ont pris la décision de s’unir autour du Regroupement national des arts du cirque. Le développement de la discipline s’est alors accéléré de manière très importante partout au Québec et notamment à Montréal.

Notre métropole est aujourd’hui devenue un vrai lieu de rassemblement pour tous les amoureux de cirque. Montréal a une école qui attire les meilleurs artistes, et le foisonnement de ses compagnies internationalement renommées, marque physiquement le paysage de Montréal à travers la TOHU, les chapiteaux du Cirque du Soleil ou la Gare Dalhousie, où nous sommes installés. Chaque été, la ville devient complètement cirque avec son propre festival!

Le cirque est une partie intégrante de la culture québécoise. Pourquoi, alors, ne pas le montrer dans notre mobilier urbain, dans notre image de marque? Notre spectacle iD a été présenté à Angoulême, célèbre pour son festival de BD. Cette ville affiche fièrement la bande dessinée sur ses murs. On la voit comme une valeur ajoutée à l’image de la ville. Qu’est-ce qui empêche Montréal d’en faire autant avec les arts du cirque?

Montréal est déjà une ville créative, forte de ses gens qui l’inspirent et de leurs idées qui la portent. Avec les défis qui sont les nôtres, Montréal gagnerait à s’inspirer de la créativité du milieu du cirque et de son esprit de coopération dans la réalisation de ses projets.

Le cirque a cette spécificité d’être un art non seulement universel, mais aussi intergénérationnel. Il s’exprime en tout temps, tout lieu et toute langue et tous peuvent s’y reconnaître. Ce sentiment d’appartenance et de fierté de voir sa culture se démarquer existe déjà en chacun des Québécois et nous réunit. C’est maintenant le vivre ensemble, essentiel dans la vie du cirque, qui peut nous inspirer dans la façon dont on aborde la ville.

Montréal, complètement cirque, une nouvelle façon d’exister.

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