Le blogue de François Cardinal

Archive du 17 mars 2012

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Discussion intéressante autour du réaménagement de la Place d’Armes, hier matin, entre René-Homier Roy et Richard Bergeron.

Alors que l’animateur de C’est bien meilleur le matin déplorait la disparition de l’ancien square, «plus vieillot et agréable», le chef de Projet Montréal disait lui trouver de plus en plus de mérites.

Après avoir admis qu’«il n’aurait pas fait quelque chose d’aussi froid et d’aussi vide», ce dernier a fait valoir le «luxe des matériaux» de la nouvelle place et «le formidable dégagement de la basilique» qu’elle permet désormais.

L’échange entre les deux hommes avait cela de bon qu’il faisait une grande place à l’ambivalence que peut, en effet, susciter la nouvelle Place d’Armes.

En théorie, le square est très réussi, mais en pratique, les avis sont partagés…

L’idée maîtresse du consortium Cardinal Hardy/Tecknika HBA était en effet d’être le plus fidèle possible au sens du lieu de la place, mais aussi au caractère historique du Vieux-Montréal. Pari indéniablement gagné!

Crédit: Cardinal Hardy/Tecknika HBA

Crédit: Cardinal Hardy/Tecknika HBA

Pour ce faire, les firmes ont axé le réaménagement autour d’une chose : la mémoire de la pierre. Et cela frappe tout de suite le passant qui foule le magnifique pavage de granite de la nouvelle place, tantôt neuf et étincelant, tantôt vieux et gorgé d’histoire.

Cela est d’autant plus évident que la place a été complètement épurée, comme elle le fût dans le passé. On a ainsi mis en valeur les bâtiments environnants et on a redonné au lieu son rôle de «théâtre de la vie civique montréalaise».

Mais en pratique, le réaménagement peut choquer. Ce fut le cas, par exemple, pour René Homier-Roy et Henry Aubin, chroniqueur à The Gazette.

En éliminant tout ce qui constituait l’ancienne place, du marchand de fleurs aux bancs publics en passant par les murets, les marches, les drapeaux et les arbres matures, on a transformé le square en parvis d’église, à mon avis.

Un parvis qui permet d’avoir une vue de la basilique à couper le souffle, mais qui perd du coup un peu de sa valeur intrinsèque.

La place est certainement plus vaste, plus accessible, plus ouverte. Mais elle est aussi plus impersonnelle, anonyme et froide. Quand on y était jadis, on s’y sentait regroupé et protégé. On s’y sent maintenant… un peu égaré.

J’ai bien hâte de voir, d’ailleurs, si la Place d’Armes sera aussi populaire auprès des dîneurs cet été. Elle sera certes toujours aussi animée grâce aux touristes, mais elle pourrait fort bien perdre de son attrait auprès des travailleurs et des résidents du Vieux, ce qui serait bien dommage.

Mais peut-être qu’après tout, la meilleure façon d’aborder la Place d’Armes aujourd’hui est d’oublier ses souvenirs d’hier, comme le suggère Richard Bergeron…

Et vous, trouvez-vous le réaménagement réussi? Préfériez-vous le vieux square, ou appréciez-vous davantage la nouvelle place moderne et épurée?

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