Quel avenir pour Montréal?

Archive, mars 2012

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Crédit: Skylink

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En transport, je ne suis pas un grand partisan des idées «champ gauche». De nature plutôt conservatrice en la matière, j’aime les modes de transport qui ont fait leur preuve, autobus, métro, tramway, moins ceux que l’on souhaite «essayer», monorail, «tramway aérien», etc.

Mais à ma grande surprise ce matin, le ministre des Transports du Québec est beaucoup plus ouvert aux solutions originales que moi. Le Devoir révèle en effet qu’en raison des problèmes de congestion de la métropole, actuels et surtout à venir, Pierre Moreau réfléchit à des moyens de transport inusités: services de navettes fluviales et télécabines…

Gros doute, mais bon, écoutons-le.

À son avis, le double problème de la congestion et du piètre état des finances publiques oblige le gouvernement à envisager «les moyens les plus efficaces et les plus économiques pour augmenter l’offre de service».

«On doit rendre le transport en commun sexy. Il faut qu’il soit facile à utiliser, confortable et fiable», a ajouté M. Moreau.

Le ministre voit donc dans la télécabine et le bateau-bus une façon d’agir vite, j’y vois plutôt une façon d’agir en catastrophe, après des années à repousser le problème. Mais bon, encore, une fois, écoutons ce qu’il a à proposer.

Il songe à l’instauration de navettes fluviales entre Longueuil et Montréal, comme il y en a à Boston ou entre Lévis et Québec. Le secteur visé est à l’est (le fleuve n’est pas assez profond à l’ouest), à la hauteur des rues Pie IX et Viau.

Pour ce qui est des télécabines, il en voit potentiellement une ligne dans l’axe du pont Mercier et un autre, à proximité du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine. Cette dernière relierait par exemple Longueuil, dans le coin de la marina, et les stations de métro avoisinant le Stade (on ne parle plus du lien proposé par Skylink, et rejeté par la Ville de Montréal, entre le Vieux-Port et Saint-Lambert).

«Il ne faut pas se fermer l’esprit à ce genre de chose», a ajouté le ministre, avec une ouverture d’esprit qui l’honore.

Mais je suis néanmoins sceptique. Peut-on réellement espérer que ces modes de transport deviennent autant de moyens de déplacer de grandes quantités de personnes? Ne travaillerait-on pas plutôt à la marge?

Autrement dit, est-ce que ça vaut la peine de mettre temps, argent et énergie dans des projets un peu fous en se croisant les doigts pour qu’ils changent la donne du transport à Montréal?

Ou devrait-on se consacrer à améliorer les moyens de transports existants (trains de banlieue, autobus, voies réservées) et à en développer d’autres plus sûrs à court terme (autobus, service rapide par bus)?

Je vous pose la question.

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S’il y avait un palmarès des places en palmarès, Montréal ferait bonne figure. Ce qui ne veut pas dire que Montréal fait bonne figure dans tous les palmarès…

(à relire deux fois avant de poursuivre…)

La métropole québécoise, en effet, se classe habituellement bien pour tout ce qui touche à la qualité de vie, au vélo, à la bouffe, aux terrasses, à la musique, à la branchitude, etc (sauf dans le ridicule classement du magazine Moneysens, dans lequel Red Deer, Oshawa et Repentigny font de l’ombre à Montréal, qui ne peut faire mieux qu’une 149e place!).

Mais en revanche, Montréal fait souvent piètre figure lorsqu’il est question d’économie : PIB par habitant, secteur manufacturier, taux de chômage, etc.

Un récent classement, publié lundi dans le Globe & Mail, en rajoute une couche en distribuant quelques mauvaises notes supplémentaires dans la grande catégorie «prospérité» en s’attardant, ironiquement, au dada du maire Gérald Tremblay… les grappes industrielles.

Pour ceux qui l’auraient oublié, M. Tremblay se faisait même appeler «M. Grappe» il y a quelques années, lorsqu’il était ministre de l’Industrie, tant le sujet lui tenait à cœur. Un sobriquet qu’il a perdu depuis… malheureusement, aurait-on envie de dire à la lecture du palmarès.

Car selon ce classement réalisé par la Toronto Board of Trade, la métropole est bien moyenne dans la plupart des catégories lorsque l’on compare ses grappes à celles des quatre principales villes du Canada et des sept des États-Unis : finances (12e), énergie (7e), transport (5e), technologie de l’information et des communications (11e) et, curieusement, culture et créativité (10e).

Même dans ses deux secteurs de prédilection, qu’elle met souvent de l’avant pour compenser ses pertes manufacturières, elle peine à faire ses classes : biomédical (4e) et aérospatial (4e).

Rares exceptions où elle rayonne : automobile (3e) et alimentation (2e).

C’est d’ailleurs sensiblement au même constat qu’est arrivé The Economist dans son plus récent Hot spots : Benchmarking global city competitiveness.

Au final, il est vrai, Montréal s’y classe au 22e rang sur 60, ce qui n’est pas si mal. Mais attention!, son rang est tiré par le haut par deux critères qui n’ont pas grand-chose à voir avec sa productivité. Elle est en effet 7e pour l’«efficacité de ses institutions» et elle est, surtout, grande première pour «l’environnement et les catastrophes naturelles» (sic!).

On peut évidemment se réjouir de ce dernier point, mais pour le sujet qui nous occupe, cela ne console pas beaucoup. Montréal est en effet 34e pour ses infrastructures (routes, réseau de télécom, etc.), 25e pour sa «maturité financière», 24e pour son «capital humain»… et 37e pour son «global appeal», c’est-à-dire son attrait auprès des grandes corporations.

Bref, même si on peut redire sur la qualité de tel ou tel sondage, il n’en reste pas moins que Montréal peine à faire ses classes sur la planète économique, mais continue de bien faire pour tout ce qui touche au quotidien des citoyens.

On se réjouit du dernier, ou on se désole du premier?

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Gérald Tremblay n’en peut plus de ces débordements que doit encadrer son service de sécurité, sa police, ses pompiers.

Le maire est bien heureux de compter sur autant de festivals et d’universités sur son île. Il est fier de la place qu’occupe sa ville dans l’économie du savoir, il se vante de la richesse culturelle de sa métropole.

Mais Bon Dieu!, ne lui parlez plus de tous ces dommages collatéraux que tout cela génère et qu’il n’a d’autres choix que de gérer… et de payer. Il n’en peut tout simplement plus! Et il le fera bientôt savoir au ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, qu’il invitera à assumer une partie de ces frais sous la forme d’une «prime à la métropole» de 35 millions $.

Après tout, fait-il remarquer, Québec profite des festivals par les entrées de taxes qu’ils génèrent. Et il est à l’origine de ces manifestations quotidiennes d’étudiants dans les rues de sa ville.

Qu’il paye, donc…

Curieux argumentaire, non? Surtout venant d’un maire de grande ville, d’un maire qui réclame une plus grande autonomie, d’un maire qui souhaite que sa municipalité soit traitée comme une véritable métropole…

Tant qu’à faire, envoyons les universités, les festivals et les manifestations en banlieue, eux aussi… Je suis certain que Laval et le DIX-30 se réjouiraient d’avoir à payer un peu plus cher pour la police… en échange d’un tel afflux de personnes.

Je plaisante, évidemment. Mais il y a néanmoins un fond de vérité dans cette boutade : les festivals et les universités, desquels proviennent les débordements, offrent bien plus de bénéfices que de dommages collatéraux.

Si Montréal veut les premiers, il doit assumer ces derniers, non?

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