
Crédit: Skylink
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En transport, je ne suis pas un grand partisan des idées «champ gauche». De nature plutôt conservatrice en la matière, j’aime les modes de transport qui ont fait leur preuve, autobus, métro, tramway, moins ceux que l’on souhaite «essayer», monorail, «tramway aérien», etc.
Mais à ma grande surprise ce matin, le ministre des Transports du Québec est beaucoup plus ouvert aux solutions originales que moi. Le Devoir révèle en effet qu’en raison des problèmes de congestion de la métropole, actuels et surtout à venir, Pierre Moreau réfléchit à des moyens de transport inusités: services de navettes fluviales et télécabines…
Gros doute, mais bon, écoutons-le.
À son avis, le double problème de la congestion et du piètre état des finances publiques oblige le gouvernement à envisager «les moyens les plus efficaces et les plus économiques pour augmenter l’offre de service».
«On doit rendre le transport en commun sexy. Il faut qu’il soit facile à utiliser, confortable et fiable», a ajouté M. Moreau.
Le ministre voit donc dans la télécabine et le bateau-bus une façon d’agir vite, j’y vois plutôt une façon d’agir en catastrophe, après des années à repousser le problème. Mais bon, encore, une fois, écoutons ce qu’il a à proposer.
Il songe à l’instauration de navettes fluviales entre Longueuil et Montréal, comme il y en a à Boston ou entre Lévis et Québec. Le secteur visé est à l’est (le fleuve n’est pas assez profond à l’ouest), à la hauteur des rues Pie IX et Viau.
Pour ce qui est des télécabines, il en voit potentiellement une ligne dans l’axe du pont Mercier et un autre, à proximité du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine. Cette dernière relierait par exemple Longueuil, dans le coin de la marina, et les stations de métro avoisinant le Stade (on ne parle plus du lien proposé par Skylink, et rejeté par la Ville de Montréal, entre le Vieux-Port et Saint-Lambert).
«Il ne faut pas se fermer l’esprit à ce genre de chose», a ajouté le ministre, avec une ouverture d’esprit qui l’honore.
Mais je suis néanmoins sceptique. Peut-on réellement espérer que ces modes de transport deviennent autant de moyens de déplacer de grandes quantités de personnes? Ne travaillerait-on pas plutôt à la marge?
Autrement dit, est-ce que ça vaut la peine de mettre temps, argent et énergie dans des projets un peu fous en se croisant les doigts pour qu’ils changent la donne du transport à Montréal?
Ou devrait-on se consacrer à améliorer les moyens de transports existants (trains de banlieue, autobus, voies réservées) et à en développer d’autres plus sûrs à court terme (autobus, service rapide par bus)?
Je vous pose la question.
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