Afin d’encourager un débat respectueux, seuls les commentaires signés sont publiés. Merci.
Luc Ferrandez se fait remarquer quand il est dans une pièce. Mais aussi, quand il n’y est pas…
Son absence du conseil municipal, hier après-midi, a ainsi été notée par ses collègues. Tout comme ses absences de la grande majorité des séances passées du conseil municipal.
Le flamboyant maire du Plateau, voyez-vous, n’est pas un grand partisan du «placotage» du conseil. Il se pointe parfois lors la courte période de questions des citoyens, comme il l’a fait hier à 19h, mais il s’éclipse aussitôt la parole redonnée aux élus habituellement.
Trop occupé, dit-on. Trop dévoué à son arrondissement. Trop accaparé par l’immense travail à abattre sur le Plateau.
«J’aime mieux travailler que parler», avait-il indiqué au Journal de Montréal lorsque celui-ci lui avait décerné la palme de l’absentéisme au conseil municipal, l’an dernier. De 2009 à 2011, sur les 72 séances tenues par le conseil, il n’avait assisté qu’à 27 d’entre elles, soit un peu plus du tiers.
«L’essentiel de mon travail est à la mairie d’arrondissement, prétextait-il. C’est là que je peux faire avancer mes dossiers, plutôt qu’à la séance du conseil.»
Eh ben…
Voilà un représentant du peuple qui prêche la proximité et la primauté du municipal… mais qui est incapable de faire acte de présence à la réunion des édiles municipaux pour représenter ses électeurs.
Paradoxal, vous dites? Inconséquent, plutôt.
Les séances du conseil municipal, on s’entend, ne sont pas une partie de plaisir. Elles s’étirent de longues heures (elles débutent à 14h le lundi pour se terminer le mardi soir, habituellement), ne sont pas toujours le théâtre d’échanges édifiants et renforcent parfois les préjugés quant à la trivialité de cet ordre gouvernemental.
N’empêche, c’est là que les décisions qui affectent plus d’un million de citadins sont officiellement débattues, là que les mesures adoptées par l’exécutif sont sanctionnées, là que le maire de la Ville doit justifier ses faits et gestes.
Sans conseil, il ne reste plus qu’un comité exécutif qui siège à huis clos et des commissions permanentes qui n’ont droit qu’à peu d’attention médiatique.
En multipliant les absences, et surtout en les justifiant de manière aussi désinvolte, Luc Ferrandez commet donc un crime de lèse-institution. Il démontre un manque de respect pour tout ce qui dépasse les frontières de son arrondissement. Et il envoie un message bien insidieux : les élus qui perdent leur temps au conseil ne s’occupent pas de leur arrondissement avec autant de dévouement que lui.
Disons-le, l’absence à répétition d’un élu est plus nuisible à l’image et au sérieux du conseil que celle, prenons un exemple au hasard, d’une simple cravate…
AJOUT: certains me trouvent trop dur avec Luc Ferrandez. Entendons-nous, il travaille de manière acharné dans son arrondissement, quoi qu’on pense de ses décisions. Il ne dilapide pas l’argent des contribuables. Et il ne fait rien de punissable. Seulement, l’énergie qu’il met localement ne le dispense pas de présence au conseil, comme le démontrent de nombreux autres élus qui travaillent fort dans leur arrondissement mais se pointent néanmoins au conseil.
Qu’en pensez-vous? Ces absences, vous les condamnez ou vous les comprenez?
Mise à jour: Luc Ferrandez réplique ici, lors du conseil d’arrondissement.
Lire les commentaires (50) | Commenter cet article





