Le blogue de François Cardinal

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  • François Cardinal

    François Cardinal est chroniqueur à La Presse, spécialisé dans les affaires municipales et urbaines. Il aime la ville, toutes les villes.
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    Vendredi 17 février 2012 | Mise en ligne à 6h30 | Commenter Commentaires (16)

    Kafka aimerait beaucoup le transport en commun, à Montréal…

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    Afin d’encourager un débat respectueux, seuls les commentaires signés sont publiés. Merci.

    On trouve de bien belles choses en fouillant…

    Pour un éditorial que je publie aujourd’hui, je suis retourné en arrière afin d’inscrire la crise que vit l’AMT dans un contexte plus large. J’ai constaté deux choses : la première est historique, la seconde, plus prosaïque…

    D’abord, on vit actuellement un moment charnière en transport, un peu comme l’ont été les fusions municipales pour la gouvernance.

    Simultanément, il y a :

    - le lancement du Train de l’Est (qui permettra au réseau d’atteindre son plein potentiel),

    - la crise de la gouvernance (démission du patron de l’AMT, sédimentation des paliers décisionnels),

    - la difficulté croissante de développer des projets de transport collectif (SRB Pie-IX, Train de l’Est, prolongements de métro),

    - la réflexion sur le financement du transport (péage, taxe, tarif…)

    - la multiplication des projets routiers d’envergure (Champlain, Turcot, Bonaventure).

    Tout ça, dans un contexte où la tendance du «tout-à-l’auto» s’estompe tranquillement, comme l’a démontré l’Enquête Origine-Destination.

    Clairement, les plaques tectoniques sont en mouvement.

    Ensuite, la volonté du gouvernement d’établir une structure tarifaire commune pour l’ensemble de la région de Montréal est un échec total.

    Il n’y a pas de grosse révélation là-dedans, mais ce qui étonne, c’est l’écart abyssal entre la promesse faite en 1982 (!) et la situation actuelle.

    Il y a 30 ans, on promettait en effet d’harmoniser les grilles de tarifs de la région pour faciliter la vie de tout le monde. Or aujourd’hui, un même usager à accès au rabais tarifaire dans un secteur mais pas dans l’autre, il paye plus cher certains trajets à l’aller qu’au retour, il peut parfois utiliser sa correspondance mais pas tout le temps et il a accès à plus de… 700 titres différents!

    Oui, oui, 700 titres différents, c’est l’AMT qui le dit!

    Voilà qui résume bien la désorganisation totale du transport collectif métropolitain, un enjeu «prioritaire» pour tous… que tous s’efforcent à paralyser en multipliant les paliers décisionnels, les sociétés de transport et les demandes en tout genre.

    Conclusion : un énorme ménage s’impose… et jamais le moment n’a été aussi propice pour que le gouvernement l’entreprenne.


    • Bien d’accord qu’un grand ménage de printemps est de mise, et le plus rapidement possible car les transports en commun à Montréal sont un véritable cauchemar (ou une farce, selon votre humeur).

      D’ailleurs le grand ménage devrait s’amorcer non seulement dans les transports, mais aussi dans les hôpitaux, le système scolaire, etc.

      P. Marando

    • @Mr Cardinal
      Vous étiez “entrepressé” de finit votre article (dernier paragraphe). Ou vous faisiez une fixations sur le mot “promesse”.

      Vous savez les promesses de politiciens. Ca reste dans notre tête longtemps mais elles font la même chose pour le politicien: elles restent dans sa tête.

      C’est bien le plan mais il faudait expliquer aux fonctionnaires que la version “courte” d’un plan de 110 pages devrait avoir 5 pages. Sinon, 52 pages, c’est une version “moyenne”.

      Alain Lajoie

    • on devrais de ja commencer a definir j’usqu’ou va la ville … j’usqu’a la riviere ? la deuxieme ? fusioner tout ca , de gres ou de force , et ensuite zoner et taxer en consequences , et bien que ca fasse longtemps que je ne suis plus etudiant , je rendrais le transport publique gratuit pour tout etudiant

      tom bombal mtl

    • “Conclusion : un énorme ménage s’impose… et jamais le moment n’a été aussi propice pour que le gouvernement l’entrepresse.”

      Mon Dieu, on est cuit… Je ne suis pas réfractaire à tout gouvernement comme ces imbéciles qui disent que les gouvernements sont tous pareilles, ils sont tous pourris.

      Mais dans le cas présent, les Libéraux ont prouvé hors de tout doute qu’ils ne feront jamais rien en faveur de Montréal, parce que le premier ministre haïs Montréal et que de toute façon électoralement c’est impopulaire.

      Donc si ce gouvernement accouche de quelque chose ce sera au détriment encore une fois des Montréalais.

      Voici pour le négativisme.

      Maintenant que faire?

      Je crois que d’imposer la carte à puce à la grandeur de la région Montréalaise s’impose. Comme votre choix de photo, je crois, le suggère…

      Si dans la région centre le tarif unique pour tout déplacement est souhaitable. Je crois qu’éloigner du centre un tarif selon la longueur du trajet serait le mieux donc de type « utilisateur payeur ».

      Mais ce n’est qu’une impression je serais curieux de voir les « best practice » dans les grandes villes ou le transport en commun dans le centre et dans la banlieue ce sont le mieux développer et amalgamé. Je fus très impressionné par la fluidité des transports en commun à San Francisco.

      Bernard Théroux
      Hochelaga

    • @ Alain Lajoie

      Coquille, en effet… Car ce ménage, faut qu’on «l’entreprenne», avec doigté plus qu’avec empressement.

      Merci

      François Cardinal

    • Juste par votre liste on voit que les gestionnaires ne connaissent (ou reconnaissent) même pas l’état de leur propre réseau. On veut étendre, étendre, étendre, et pendant ce temps la, le métro et les autobus débordent, (quand ils ne sont pas arrêtés, particulièrement le métro), les trains de banlieues approchent leur limite, les stations de métro tombent en ruine. Règle de base: Faut consolider avant d’aller en expansion.

      Georges Henri, qui prend le transport en commun malgré tout, mais ils font tout pour me décourager.

    • Bien d’accord avec P. Marando (citycat). c’est devenu une tautologie au Québec de répéter ad nauseam que dans tous les services publics sans exception on constate plus de chefs que d’Indiens.

      Simplement en ce qui concerne le transport en commun, depuis quand l’ineffable Gérald Tremblay a-t-il concocté son fameux «plan de transport» pour en fin de compte ne cesser de broder autour sans véritable résultat probant?

      Essayez simplement de prendre le métro et l’autobus aux heures de pointe est un exercice éprouvant au point tel qu’il est à se questionner si la prochaine étape ne sera pas l’embauche de «pousseurs de foule» comme au Japon…

      Et, pendant ce temps, on se pète les bretelles avec l’augmentation de l’achalandage alors que l’offre, quoi qu’on essaie de nous faire gober, ne suit effectivement pas la demande faute de gestion responsable et concertée entre toute cette pléthore d’intervenants de tout acabit qui refusent de faire face autant à la désuétude de leurs méthodes qu’aux équipements qu’ils ont à gérer étant d’abord et avant tout intéressés par leurs avantages personnels.

      Pierre Samuel
      Montréal

    • Je pense qu’il serait utile de rappeler que la saga autour du remplacement des voitures du métro s’est éterniser à cause de l’ingérence de Québec qui voulait favoriser Bombardier. N’eut été de Québec, nous les aurions nos voitures et les pannes seraient déjà un souvenir du passé. Nous pouvons reprocher bien des choses à Gérald Tremblay, mais pas ça.

      Un système de paiement uniforme par carte à puce simplifierait l’intégration de tous les systèmes. Une fois la carte à puce en main, il n’y a plus de limites à en configurer les droits d’accès sur mesure pour l’usager et de le facturer selon ses besoins. Je ne crois pas non plus qu’un tarif uniforme à l’échelle des trois couronnes soit une solution. Ça ferait augmenter grandement les coûts du transport en commun pour ceux qui ne se déplacent que sur l’île afin d’aider ceux qui habitent St-Jérôme. Contribuant à financer encore une fois l’étalement urbain. De toute façon, je ne connais pas de grande ville qui pratique une telle tarification. Tout le monde paie clairement selon la distance parcourrue. Il y a même des endroits qui facturent selon le nombre de stations de métro franchies, ce qui est simple avec une carte à puce.

      L’intégration des systèmes de tarification me semble la première étape à franchir.

      David Savard

    • Il était temps de dissoudre l’AMT

      M. Cardinal, vous dites…. « L’Agence métropolitaine de Montréal a rendu à la région de fiers et bons services au cours des 15 dernières années. Elle a permis de développer massivement le train de banlieue, tout en .échafaudant le début d’une vision régionale des transports en commun ».
      M. Cardinal, tout cela s’est fait à l’avantage des banlieues extérieures et non à celui de la métropole. C’est ce qui a permis aux villes de banlieue de multiplier la construction de parcs de logements autour des stations de chemin de fer, de densifier leur population, attirant particulièrement ceux qui songeaient à fonder des familles. Tout cela afin de permettre aux nouveaux propriétaires de pouvoir prendre le train pour aller travailler au centre-ville. C’est ainsi que dans plusieurs municipalités, il y a un manque sérieux de places dans les écoles, tandis qu’en ville on doit en fermer par manque d’élèves. C’est là, vous en conviendrez, une belle réussite.
      Mais, pendant ce temps-là, comme il faut empêcher l’étalement urbain, c’est ce prétexte qu’a choisi le maire Tremblay pour densifier la population sur l’île de Montréal. Comme il est aussi président de la CMM, il avait beau jeu pour axer les décisions qui se prennent concernant l’étalement urbain à son avantage, celui de l’île de Montréal. Tout comme celles prises par l’AMT, visant à diriger tous les déplacements par transport en commun vers le centre-ville. Mais, M. Cardinal, qu’en est-il des déplacements des usagers de l’île? Où se sont fait les prolongements de lignes de métro? Où a-t-on installé des lignes de tramway, des moyens de déplacement des travailleurs de la métropole autrement que par autobus? Cela pendant que se multiplie la construction de blocs de condos, qui s’étend à toute l’île à travers cette maladie qu’on a baptisé du nom de « Condomanie »? … « Reste à voir les modalités, dites-vous: « Québec en profitera-t-il pour rééquilibrer le rapport de force entre les transports en commun et le routier, pour donner à Montréal une place plus importante que celle qu’elle avait au sein de l’AMT, pour élargir le mandat de la nouvelle agence au transport des marchandises et au transport actif? »
      Je crois rêver en lisant votre éditorial, M. Cardinal, car nulle part je vois la mention du chemin de fer. Cela alors qu’on a fait disparaître la plupart des voies ferrées existant dans l’île, des cours de triage sur lesquelles on installe maintenant des blocs de logements… « Très peu d’établissements commerciaux, pourtant cruciaux pour servir les besoins de la population de l’île »….alors qu’à la grandeur de l’île on voit se multiplier les camions circulant dans les rues. Ils ont des ponts à traverser pour s’y rendre et on ne peut multiplier les ponts Champlain pour cela. Et dites-moi, M. Cardinal, par quels moyens peuvent-ils partir de la rive sud pour se rendre sur la rive nord de l’île et au-delà? En empruntant quelles voies? Cela vaut autant pour les déplacements des résidents de l’île et des rives sud et nord. Rolland Lambert –

    • @dcsavard

      “Ça ferait augmenter grandement les coûts du transport en commun pour ceux qui ne se déplacent que sur l’île afin d’aider ceux qui habitent St-Jérôme.”

      Voyez-vous quelque logique que ce soit au fait qu’il en coûte plus cher pour prendre le métro à la station Cartier et descendre à Henri-Bourassa et que pour monter dans l’autobus à Sainte-Anne-de-Bellevue, utiliser le métro de Lionel-Groulx à Honoré-Beaugrand, puis prendre un autre autobus pour se rendre jusqu’à la Pointe-de-l’ïle et ainsi traverser l’île au complet?

      Intégration de tous les systèmes d’abord, et ensuite tarification selon la distance parcourue. Ça me semble logique.

      R. Adams

    • Arrêtez de pénaliser les voitures, bande de chialeux! Occupez vous donc d’offrir un meilleur service de transport en commun plus attrayant. Il es nul votre métro. Ils sont nul vos bus et vos trains. Vous savez pas gérer vos budgets, vos projets dérapent et vous demandez ensuite à taxer les voitures comme de purs irresponsables. Surtout vos multiples agences de transports sont insupportables. Une vrai gauche lourdement bureaucratisé et inefficace.

      Pierre Tremblay

    • La Carte OPUS Étudiant donne le 12e mois gratuit; personne n’a réalisé que les étudiants vont aux études 9 mois par année ?

      Il faut renouveler cette même carte sur le site web avant le 15 du mois pour le mois suivant; on croirais que leur système n’est pas complètement informatisé et que derrière ce portail web il y a encore des employés qui fonctionnent par fax.

      Robert Gauthier

    • Comme complément à mon intervention précédente, j’ajouterai que l’intégration de tous les systèmes présenterait le potentiel de rendre plus fluides certains déplacements qui rendraient une automobile dispensable, à condition bien entendu que certains aménagements soient faits. Je pense aux connexions intermodales, par exemple. A-t-on déjà tenté de se rendre de Saint-Jérôme à Montréal en train hors des heures de pointe? Ou de Saint-Jérôme à Mont-Saint-Hilaire en train PENDANT les heures de pointe? Tout le réseau est établi pour converger vers Montréal aux heures de pointe, au détriment des voyageurs qui voudraient poursuivre leur chemin plus loin ou aller en sens contraire. Ceux-là DOIVENT prendre leur auto.

      Comparons-nous avec le réseau GO Train autour de Toronto, par exemple, où même hors-pointe un train circule une fois l’heure dans les deux directions, alors qu’un système d’autocars supplée à l’offre. Il devient donc possible de circuler d’Oshawa à Hamilton, via Toronto, à toute heure de la journée.

      Même le train de l’Est ne répondra pas aux besoins des Montréalais qui veulent aller travailler à Mascouche en utilisant le transport en commun.

      L’intégration permettrait au moins que l’on discute de cette possibilité.

    • Signature oubliée : R. Adams

    • J’applaudis les réalisations de l’AMT avec le train. Le train était moribond et maintenant il vit, et bien. De tous les moyens de transport en commun, le train est celui qui séduit le plus l’automobiliste. C’est nettement plus attrayant que les horribles autobus qui sont insupportables pour tout trajet dépassant 5 minutes.

      L’AMT a compris qu’il faut séduire l’automobiliste. On ne le sort pas de son confort et de sa flexibilité avec des autobus bondés, sales, non-climatisés, en retard, pris dans le trafic et qui bousculent les passagers. L’AMT a aidé des villes de banlieue, celles qui le voulaient du moins, à mieux densifier leur territoire. Elle avait une vision qui dépassait les rapports passagers/heure et passager/dollar.

      Simon Chartrand

    • En bref, lisant votre billet, je constate qu’on a 30 ans de retard en planification intégrée du transport en commun.
      Je me demande un peu comment il se fait que nous approchions, ici au Québec, ce genre de problématique comme si nous étions les premiers à la découvrir.
      Vous avez souvent parlé d’autres villes qui ont agi et créer des agences de gestion et développement du transport. Bon, c’est complexe, mais on est toujours pas les premiers à y penser.
      Il doit bien y avoir des experts qui peuvent nous guider. Mais le danger, on le voit, est dans une vision morcelée, et d’une gestion à la pièce où les choixs sont débattus, toujours à la pièce par des vox pops qui servent de baromètres aux décideurs (tramway, climatisation dans les autobus…etc) Sauf tout le respect que je dois aux “monday morning quarterbacks”, me semble que l’on mérite une étude sérieuse et coordonnée, menée par des gens qui en ont déjà fait et qui ont l’expertise pertinente.

      Tokyo, que j’ai eu l’occasion de visiter, a 40 millions de passagers qui utilisent les transports en commun chaque JOUR. 882 stations au total, dont 282 stations de métro, 30 opérateurs de trains différents, le tout, relativement bien intégré pour le réseau le plus dense au monde. Bon, il y a bien des situations plus complexes qui ont trouvé résolution.

      Quant à la référence à Kafka, pour ceux qui connaissent “The Onion” une publication de nouvelles humoristiques, voici le lien d’un reportage sur “l’aéroport international Franz Kafka à Prague”… ça me fait rire à tout coup: (c’est en anglais)

      http://www.youtube.com/watch?v=gEyFH-a-XoQ

      @PiBlay : ça va? Un peu moins de café peut-être? Votre commentaire éclairé fait vraiment avancer la conversation.

      JF Garneau

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