Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine, le titulaire de la Chaire de tourisme Transat de l’UQAM, Michel Archambault, se prête au jeu. N’oubliez pas de signer votre commentaire.
Depuis quelques années, Montréal a fait de la place aux cyclistes, bravo ! Pourquoi pas maintenant partager aussi l’espace avec les piétons ?
Franchissons une autre étape et privilégions l’appropriation de la ville par les piétons montréalais et les visiteurs. Dotons-nous de rues piétonnières et de haltes vertes.
Les exemples de bonnes pratiques sont nombreux pour nous inciter à agir. Pensons à Lyon, ville lumière jumelée à Montréal, à Vienne, un modèle de la piétonnisation en Europe, à Portland en Oregon dont on vante les aménagements pour cyclistes et piétons, ou à la célèbre intersection Seven Dials de Londres (où se vit le concept de shared spaces de Hans Moderman).
Dans tous les cas, les propriétaires de commerce sont de grands bénéficiaires !
La meilleure façon de connaître, d’apprécier, d’apprivoiser et de sentir l’âme d’une ville, c’est en la marchant. La meilleure façon d’humaniser une ville, c’est de créer des espaces de repos, de détente, de rencontre.
Le caractère festif et international de Montréal, son ambiance urbaine et son offre culturelle, la présence de marchés publics et de commerces typiques, les restaurants, les bistrots, les cafés en font une ville pour piétons toute désignée même en hiver (pensons à la Nuit blanche pendant Montréal en lumière). Encore faut-il s’en donner la chance.
Ainsi, prenons le Quartier des spectacles et sa Place des festivals, gagnant du prix Phoenix 2011 de la Society of American Travel Writers, où se sont investis plus d’une centaine de millions de dollars. Pourquoi ne pas avoir confirmé Sainte-Catherine, entre Bleury et St-Laurent, voie piétonnière?
Dès la fin des travaux et nonobstant l’intermède pour la tenue de certains grands festivals, on a ouvert la circulation automobile sur ce même tronçon ; pire encore, on permet le stationnement des deux côtés avec bornes payantes pour bonifier (sic) la vue peut-être. Voilà une belle occasion ratée, surtout avec l’ouverture de la Maison symphonique et l’Esplanade de la Place des Arts renouvelée.
Pourtant, le stationnement intérieur est bien présent dans ce secteur. Pourquoi privilégier quelque 50 places de stationnement sur du macadam au détriment d’une expérience enrichie et de l’esthétisme ?
Cessons de penser que l’automobile est synonyme d’achalandage commercial, le conducteur préoccupé par le trafic ne voit plus la ville ! Découvrir la ville pas à pas, c’est favoriser un nouvel urbanisme durable !
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