Quel avenir pour Montréal?

Quel avenir pour Montréal? - Auteur
  • François Cardinal

    François Cardinal est éditorialiste à La Presse. Journaliste depuis une dizaine d'années, il est également chroniqueur à la radio et auteur des essais Le Mythe du Québec vert et Perdus sans la nature.
  • Lire la suite »

    Lundi 6 février 2012 | Mise en ligne à 6h10 | Commenter Commentaires (16)

    Simon Brault: «Hausser le niveau du débat public pour mieux agir»

    Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine, le président de Culture Montréal, Simon Brault, se prête au jeu. N’oubliez pas de signer votre commentaire.

    PX142_24B0_9Montréal est une ville complexe à cause de son histoire, de sa géographie, de sa taille, de sa démographie et de son économie.

    Sa réalité politique et culturelle est à la fois celle de la métropole déclassée d’un pays qui penche résolument vers l’Ouest, de la métropole d’un Québec qui s’y reconnait trop peu et d’une métropole émergente branchée sur la planète, davantage par instinct de survie que par orgueil.

    Loin d’être une tare, cette complexité un est puissant moteur de création, d’innovation et de réinvention. Mais on a tendance à l’oublier.

    Les solutions simples et radicales, les grands projets pensés et négociés en secret et présentés comme découlant du « gros bon sens », les coups de gueule bien sentis contre les contestataires quel que soit leur propos, l’apologie des chefs de tribus, les crises d’allergie aux consultations populaires et la réduction du discours de certaines de nos institutions à des slogans aussi vides qu’interchangeables, sont autant de manifestations d’incompréhension rampante de la complexité montréalaise.

    De plus, on confond souvent ce qui est inutilement compliqué –par exemple notre aberrante gouvernance qui est une vraie tare – avec ce qui est complexe.

    Il est impératif de hausser le niveau du débat public pour qu’on puisse prendre les bonnes décisions et rectifier le tir en cours de projet lorsque nécessaire.

    Pour cela, il faut cesser de se lancer des ultimatums, de faire gicler à la moindre occasion la pluie de statistiques et de chiffres qui confondent ou de stigmatiser ceux qui posent des questions et avancent d’autres hypothèses que celles retenues par les promoteurs que Montréal a tellement peur de contrarier comme s’il était d’emblée exclu qu’ils peaufinent et améliorent leurs projets.

    Les imperfections et l’immobilisme sont pourtant solubles dans un débat public de haut niveau. Heureusement, de récents débats l’ont rappelé comme celui sur le Plan métropolitain d’aménagement et de développement sur lequel on fonde beaucoup d’espoir, ou celui qui a mené à l’adoption du Plan Montréal Métropole culture 2007-2017 dont les retombées sont déjà tangibles.

    La métropole mérite que ses experts, penseurs, artistes, journalistes et chroniqueurs nourrissent les débats que ses citoyens sont prêts à assumer pour que l’intelligence montréalaise soit pleinement mobilisée afin de construire une ville complexe comme la vie qui bat à toute force.


    • …@FC: Monsieur Brault dit, entre autres: «Les imperfections et l’immobilisme sont pourtant solubles dans un débat public de haut niveau. (…..) La métropole mérite que ses experts, penseurs, artistes, journalistes et chroniqueurs nourrissent les débats que ses citoyens sont prêts à assumer (…)»
      +++++++++

      Doit-on comprendre que le débat de «haut niveau» dont il est question ne va essentiellement concerner que ceux et celles qui ont accès à la parole publique, ceux et celles qui sont «organisés» pour participer efficacement à la consultation? Bref, des débats d’experts?

      Cela laisse de côté 99% de la population qui n’a ni le temps, ni les moyens de participer avec panache à des consultations structurées. Au final, cela n’est pas substantiellement différent du modèle par lequel le développement est conçu par les élus de concert avec ce que l’on pourrait appeler une «élite socio économique».

      Et de toute façon, Paris serait-il le Paris que nous connaissons aujourd’hui si la Ville Lumière avait eu à constamment passer sous les Fourches caudines des consultations et des contestations de tout acabit? Et de même, serait-il pensable aujourd’hui de construire des îles dans le fleuve? Et pourtant!

      J-F. Couture.

    • le problème avec montréal c est que plusieurs montréalais la croient boeuf alors qu elle est grenouille , en résumé montréal n a pas la taille ou les ressources de paris , londres ,new york , Béjin , c est une belle ville de taille moyenne où il faut bon vivre des fois quand la circulation te fait pas trop suer mais qui fondamentalement n est pas de taille à rivaliser avec les grosses villes de la planètes (québec n’en est pas une )

      albert bela

    • Pour permettre à plusieurs factions bien organiser de participer au débat il faut un leadership fort afin de remettre en contexte et en perspectives les intérêts de chacun dans le débat.

      Et c’est ce qui manque afin de permettre aux débats autour des enjeux de Montréal d’être productifs. Lorsqu’une administration ne réussi pas à exproprier un simple propriétaire de bar de danseuse en fin de carrière dans un coin névralgique de Montréal, le Café Cléopâtre.

      Lorsque l’administration n’a AUCUNE opinion sur l’emplacement du CHUM…

      N’importe qui peut dire n’importe quoi et tout opinion a la même valeur. On reviens toujours vers le même problème, un manque flagrant de vision et de leadership à la tête de cette ville.

      L es exemples du déménagement du casino ou du réaménagement de la rue Notre-Dame ou du CHUM démontre qu’ un rehaussement du travail des groupes de pression et des journaliste est souhaitable mais ceux-ci ont beau jeu de dire tout et son contraire devant une administration incohérente dans ses actions et son discours.

      Rappelez vous du fiasco que fut le Sommet de Montréal, bien sur tout le monde peu donner son point de vue mais sans leadership, ça donne ça. Une cacophonie et une administration digne de la maison qui rend fou dans les douze travaux d’Astérix.

      Bernard Théroux
      Hochelaga

    • Il faut sans doute hausser le niveau du débat. Il y a une différence entre un débat populaire et un débat populiste. Nous le constatons ici, il ne se passe pas une semaine sans quelqu’un ne vienne proposer bêtement la mise en tutelle de Montréal. Même si le commentaire est risible, il contribue à maintenir le débat au niveau des pâquerettes.

      Le niveau du débat peut être haussé sans pour autant délaisser la contribution populaire. Hausser le débat équivaut à mieux informer la population qui sera susceptible de mieux contribuer elle-même au débat.

      Aujourd’hui, nous finissons presque toujours avec des exercices qui se terminent dans la confusion la plus totale. C’est une vieille stratégie de marketing que de créer la confusion chez le client quand vous n’avez rien d’intelligent à proposer contre votre compétiteur. Cela permet de gagner du temps, de freiner le projet ou même de le faire avorter pour causer du tort à votre compétiteur sans qu’il n’y ait aucun avantage pour le client.

      Nos débats publics ressemblent trop souvent à ça.

      La contribution des experts est essentielle au débat intelligent. Par experts, j’entends de vrais experts, pas des humoristes ou des patrons d’humoristes.

      David Savard

    • Hausser le débat public? Je dirais plutôt orienter le débat public.

      Le manque d’imagination plombe nos administrations en les gardant dans un état semi-végétatif. À mon sens, si elles ne sont pas capables d’agir avec audace et leadership, elles devraient se retourner vers la population et servir en tant que catalyseur de changement.

      En effet, on peut toujours espérer plus de pertinence, plus de nuances, plus de finesse dans un débat. Toutefois, la perfection demeure théorique si elle n’est pas orientée par un but concret et commun. Et justement, ce qui est palpable dans le discourt populaire c’est l’absence de leadership et de direction en général (non seulement à Montréal, mais au Québec aussi).

      Pour s’en sortir, il est vrai que les politiciens devront se tourner vers les acteurs économiques ainsi que les intellectuels pour en retirer une orientation. Mais pour que la colle prenne, tout doit émaner de la population.

      Ce qu’il faut donc, c’est orienter. Ensuite écouter. Finalement décider et planifier.

      Francis Huneault

    • Le problème, en fait, c’est l’absence pratiquement complet de débats. Ce n’est pas dans notre culture que de débattre ou de discuter, car pour nous, c’est synonyme de chicane, et la chicane, on n’aime pas ça!

      Combien y a-t-il de tribune (radio, télé, web) où l’on fait place au débat? Bazzo avait son émission le vendredi soir à TéléQuébec (Il va y avoir du sport), qui malheureusement n’est plus. Ce qu’on a vu avec Éric Duhaime et J-F Lisée à TLMEP est exceptionnel (et c’était pourtant très bien puisque les partisans des deux camps considèrent avoir gagné!). Et pourtant, ça devrait se faire plus souvent et avec plus de profondeur.

      Comment voulez-vous améliorer quoi que ce soit lorsqu’il n’y a pas de place au débat?

      Éric Bourque

    • @Éric Bourque

      Un débat, ça ne vise pas à régler un problème. Un débat c’est l’exposition de positions divergentes.

      Peut importe le domaine de la discussion, vous remarquerez qu’il n’y a que des convaincus ou des gens qui n’en n’ont rien à faire. Donc, bien que le débat soit un processus primordial et qu’il faille à tout prix le préserver, je ne crois toutefois pas que c’est par le débat qu’on améliorera la condition de Montréal.

      L’amélioration de la Métropole passera à mon sens par l’éducation de la population, par l’écoute de ce qu’elle a à dire, mais aussi et surtout par des prises de décision.

      Francis Huneault

    • il y absence de débat car au fond on élit des gens pour le faire , des gens que l on paie à même les fonds publiques et qui plus souvent qu autrement ne font pas le travail pour lequel ils sont payés

      albert bela

    • Il est grand temps de hausser le débat avant de….hausser le ton !

      Si ce débat demeure au niveau actuel des pâquerettes…rien ne se fera, tout comme rien ne se fait depuis des décennies.

      Les Écolos seront toujours au rendez-vous pour tout annuler avant même d’avoir débuter quelque chose… (Ils m’énervent ceux là….. !!!)

      Les Polis-t’y-Chiens seront toujours trop présents, véhiculant une vue trop courte, simpliste et populiste à outrance, ne permettant pas de dégager d’autres avenues prometteuses que des ornières empêchent de voir !

      Les promoteurs et développeurs à outrance, ceux qui vendraient leur mère pour un 10$ seront toujours aux aguets, prêts à flairer la bonne affaire…et faire déraper le débat !

      Il faut un consensus juste et bien réparti entre les factions en cause, capable de s’écouter mutuellement et de bien dialoguer dans le respect des décideurs et de la capacité de payer de ceux qui paient.

      Mais comme rien n’est facile, c’est pour ça qu’il faut hausser le niveau du débat, pour éliminer les grains de sables qui empoisonnent les décideurs, qui minent les projets et qui anéantissent toute tentative de progrès possible et durable !

      Le Québec est le Québec et Montréal est Montréal, avec toute la beauté et la laideur que ces 2 entités transposent dans notre quotidien!!!

      Y en aura pas de facile !

      F. Dubuc

    • Je ne pense pas que les débats publiques soient utiles du tout! Ceux qui y participent sont ceux avec trop de temps libre, souvent les chialeux de toutes sortes voulant bloquer tout les projets. Ça donne une ville paralysée, incapable de faire quoi que ce soit (ex: turcot, notre-dame, ponts…).

      Il faudrait plutôt couper les débats publiques, et agir avec l’intérêt de la majorité silencieuse a coeur. Ceci nous permettrait peut-être d’aller de l’avant.

      T Rightman.

    • @goldwinger
      Vous voulez «hausser le niveau du débat», mais vous éliminez d’emblée écologistes, politiciens et promoteurs. Que reste-t-il? En effet, y en aura pas de facile!

      Gilbert Dion

    • @rightman : “Ceux qui y participent [au débat] sont ceux avec trop de temps libre, souvent les chialeux de toutes sortes”.

      Et bien si vous le dites. Mais en attendant, vous participez vous-même au débat.

      Francis Huneault

    • Hahahaha! Elle est bien bonne celle-là!

      rightman: «Il faudrait plutôt couper les débats publiques, et agir avec l’intérêt de la majorité silencieuse a coeur.»

      Et comment vous pouvez déterminer l’intérêt de la majorité si elle est silencieuse et que par surcroît vous évacuez tout débat public? Vous avez une boule de cristal? Vous connaissez personnellement ma tante Jojo?

      David Savard

    • gilbert.dion:

      Je ne veux pas les exclure du débat. Je voulais simplement expliquer que si les ‘uniques’ débats sont articulés par ces groupes d’une manière trop ‘vive’ et persistante, on n’avancera jamais !

      Il est claire qu’il faut les inclure mais en mode ‘modéré’ et réaliste, pour permettre à tous de s’y retrouver et de pouvoir manifestement permettre à tous de faire avancer le débat sans le restreindre…

      Depuis des lunes, les acteurs voulant faire passer leur message sont trop ’sous le Spotlight’ ne permettant pas à tous de dire ce qu’ils ont à dire où à démontrer. Les groupes ayant la plus forte visibilité ou pression sur les Médias ressortent gagnants tout le temps et c’est dommage.

      F. Dubuc

    • Je ne crois pas, contrairement à ce que M. Brault avance, que Montréal soit si différente, ou si uniquement plus complexe, que d’autres villes similaires dans le monde.
      D’autres parts, je suis entièrement d’accord qu’il faut absolument élever le niveau du débat public, lorsqu’il s’agit d’enjeux et de projets majeurs pour Montréal.
      Je crois fermement, par contre, que le résultat de tout débat ou de consultation est directement proportionnel à l’EFFORT investi par tous les participants pour s’informer des enjeux, et se faire une opinion, et d’avoir un esprit ouvert. Pas toujours évident. Le mot clé étant effort.
      On retrouve plus souvent qu’autrement des positions braquées supportées par les groupes d’intérêt, et une population qui se fait une opinion sur un clip de 32 secondes au téléjournal.
      Et là on part en guerre.

      @goldwinger : votre première intervention est une illustration parfaite de CQFD (ce qu’il fallait démontrer). Même si avec humour, c’est précisément l’hyperbole, les stéréotypes des rôles perpétués.
      Les groupes écologiques ont un point de vue essentiel à notre développement intelligent. Sont-ils capables de négocier la meilleure solution en contexte?
      Les politiciens (je me refuse à réutiliser vos mots) sont pour la plupart des gens honnêtes qui se lèvent le matin pour bien faire pour la communauté, et qui sacrifient beaucoup pour nous représenter tous. Sont-ils prêts à ne pas tomber dans le clip de 7 secondes, et d’insister pour parler aux électeurs en adultes?
      Les promoteurs et développeurs ne sont pas tous des truands prêts à vendre leur mère pour 10$. Ils sont le rouage essentiel au développement. Mais ils sont en affaires pour faire de l’argent, “get over it” comme disent les chinois. Sont-ils prêts à investir dans la qualité de leurs projets?

      Alors pour moi, élever le débat ça veut dire s’impliquer et se renseigner, chercher l’opinion des meilleurs et en discuter. Mais ça demande des efforts.

      JF Garneau

    • @rightman
      “agir avec l’intérêt de la majorité silencieuse a coeur.”
      Comme Charest. Ou comme l’empereur Palpatine tant qu’à y être.

      Alain Lajoie

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • Calendrier

    mai 2012
    D L Ma Me J V S
    « avr    
     12345
    6789101112
    13141516171819
    20212223242526
    2728293031  
  • Archives

  • publicité