Quel avenir pour Montréal?

Archive, février 2012

Mercredi 29 février 2012 | Mise en ligne à 9h29 | Commenter Commentaires (67)

Protéger le Square Viger? Rasons-le, plutôt.

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Je suis généralement d’accord avec l’organisme Héritage Montréal. Mais protéger le Square Viger? Sérieusement?

Dans sa liste des dix endroits menacés, dont je faisais mention la semaine dernière, on retrouvait un des trois îlots du Square Viger, celui qu’a conçu l’artiste Charles Daudelin. Il est «menacé» par un projet de reconfiguration majeure souhaité par la Ville, au même titre que le deuxième îlot, signé Claude Théberge.

Malgré tout le respect que l’on doit à ces peintres et sculpteurs de renom, disons-le : enfin!

Charles Daudelin et Claude Théberge ont marqué la scène artistique québécoise, ils ont laissé un riche héritage… mais le Square Viger, hélas, ne figure pas parmi leurs chefs-d’œuvre.

Distinguons, d’ailleurs, l’œuvre dont ils ont chacun doté leur section du Square… et le square comme tel. La fontaine Mastodo (Daudelin) et la sculpture Forces (Théberge) sont de fantastiques témoins de leur époque qu’il importe de traiter avec toute la déférence qu’ils méritent (le Mastodo doit d’ailleurs être déménagé aux Bassins du Havre).

Mais on ne peut en dire autant des espaces «publics» qui les entourent, qui sont sinistres et très peu accueillants.

Entendons-nous, il ne faut pas réaménager le Square parce qu’il est un coupe-gorge (ou du moins ce que Montréal possède qui s’y rapproche le plus). Ce problème social peut certainement se régler sans tout raser, comme on a pu le voir lors des très animés Outgames, qui avaient fait du Square leur épicentre.

Plutôt, il faut tout reconfigurer parce que les îlots ne s’intègrent nullement à leur environnement, parce qu’ils «bétonnisent» un coin de la ville qui mériterait mieux et parce qu’ils sont refermés sur eux-mêmes plutôt que d’être ouverts sur le quartier.

Rappelons qu’à la suite de la construction de l’autoroute Ville-Marie, le ministère des Transports avait confié l’aménagement des trois sections à trois artistes réputés (le troisième est Peter Gnass), qui l’ont complété en 1985.

Mais clairement, Daudelin et Théberge n’ont pu compter sur un grand encadrement à l’époque. Le Bureau d’art public de Montréal, d’ailleurs, n’a été créé qu’en 1989…

Cela saute au visage lorsqu’on arpente les différentes sections du site. Situé entre les rues Saint-Denis et Berri, l’Agora de Daudelin est en dépression, ce qui a pour effet d’écraser la place sous le niveau de la rue. Ajoutez à cela les «paralumes» qui couvrent une bonne partie du ciel, les nombreuses colonnes de béton qui enferment l’endroit, l’immense mur aveugle qui le traverse, les multiples coins sombres et vous vous retrouvez avec un espace qu’aucun piéton ne veut traverser…

Le Square Viger en 1904, alors qu’il servait de lieu de repos. Crédit : Musée McCord.

Le Square Viger en 1904, alors qu’il était un peu plus accueillant. Crédit : Musée McCord.

L’îlot Théberge, situé entre les rues Berri et Saint-Hubert, n’est guère mieux. Fortifiée par des grilles galvanisées hautes parfois de 10 pieds, dotée d’une porte digne d’un château fort, la place recèle aussi bon nombre de lieux sombres qui empêchent les citadins d’y pénétrer sans crainte.

D’ailleurs, l’inquiétude suscitée par les deux espaces précédents se confirment lorsqu’on marche sur le troisième et dernier îlot (entre les rues Saint-Hubert et Saint-André), réaménagé il y a quelques années. Situé en hauteur, on s’y sent soudainement beaucoup plus en sécurité. Et on peut aussi y admirer les bâtiments environnants, l’Union française et le Château Viger notamment, sans buter le regard sur des colonnes de béton, comme au début du XXe siècle.

Héritage Montréal répond qu’un bon programme d’animation, comme la Ville en promettait un, pourrait redonner vie au Square. Je n’y crois pas une seule seconde. Il faut plutôt, à mon avis, se réapproprier ces lieux, les repenser en fonction de leur environnement, les ouvrir au quartier et aux Montréalais.

Bref, il faut les raser.

Qu’en pensez-vous? On protège, en tout ou en partie? Ou on réaménage complètement?

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Mardi 28 février 2012 | Mise en ligne à 6h30 | Commenter Commentaires (51)

Navette vers l’aéroport: la fenêtre se referme…

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La fenêtre est-elle en train de se refermer pour la navette ferroviaire vers l’aéroport?

En 2010, à pareille date, tout était en place pour que le projet piloté par Aéroport de Montréal (ADM) quitte la gare. Le gouvernement Charest acceptait de verser 200 M $ à condition qu’Ottawa en fasse autant, ADM payait la balance et le projet rival de l’Agence métropolitaine de transport (AMT) semblait n’aller nulle part.

Un an plus tard, les obstacles se multiplient, le rapport commandé par Québec demeure secret… et plus personne ne parle.

Curieux…

On ne se faisait pas prier, en mars 2010, pour propager la bonne nouvelle, pour appuyer publiquement le projet d’ADM. Mais aujourd’hui, on se fait circonspect, pour ne pas dire fuyant.

Le cabinet du ministre Moreau n’a pas retourné mon appel, hier. ADM a répondu n’avoir «rien de nouveau» à dire. La Ville de Montréal m’a renvoyé à ADM. Et Transport Canada m’a renvoyé, à son tour, à une agence fédérale en assurant «travailler avec les partenaires pour relever les défis liés au transport en commun»…

Dur…

Mais il faut dire que les rumeurs n’ont rien de positives pour le projet d’ADM (j’aborde le sujet en éditorial, ici).

Pourquoi se fier aux rumeurs, me demanderez-vous? Tout simplement parce que les «partenaires» du projet refusent de rendre public le rapport de Price Waterhouse (commandé en 2006!) que demande le député péquiste Nicolas Girard depuis maintenant… un an!

Un rapport, selon ceux qui l’ont lu, assez accablant. Non seulement le coût serait-il prohibitif, mais l’affluence ne serait pas au rendez-vous pour rentabiliser la navette. D’où une désolidarisation du caucus libéral. Et, possiblement, un refus d’Ottawa d’embarquer dans pareille aventure.

Deux obstacles majeurs… que ne traîne pas le projet de l’AMT (appelé Train de l’Ouest), qui consiste en un train de banlieue desservant à la fois l’Ouest ET l’aéroport. Un projet qui coûterait 874 millions $, comparativement à 1,3 milliard $ pour deux projets distincts, soit une navette ET un développement du train de banlieue vers l’Ouest (qu’il faudrait faire de toute façon).

À la veille du prochain budget provincial, malgré ses défauts, le projet d’AMT semble soudainement plus intéressant. Vous ne trouvez pas?

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Lundi 27 février 2012 | Mise en ligne à 16h13 | Commenter Commentaires (31)

Comment immortaliser Gary Carter? En renommant… le Stade?

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Le maire Tremblay lance la réflexion : comment immortalisera-t-on Gary Carter? Que renommera-t-on en l’honneur de l’ancienne vedette des Expos?

«Tout est sur la table», a-t-il précisé lors de son point de presse : une rue, un parc, une place publique, un monument, un équipement sportif…

Les Montréalais sont invités à partager leurs idées sur le site de la Ville de Montréal, mais lançons d’emblée le débat, ici même sur ce blogue : on fait quoi, donc, pour honorer la mémoire du Kid, mort il y a une dizaine de jours des suites d’un cancer du cerveau?

Lors de la conférence de presse, tout à l’heure, certains ont évoqué le Stade olympique ou la station de métro Pie-IX, qui pourrait être, l’un ou l’autre, rebaptisé au nom de l’ancien receveur.

Cela rejoint d’ailleurs une idée lancée il y a près de deux ans par le Groupe de recherche sur les espaces festifs, rattaché à l’UQAM, dans un texte de mon collègue Karim Benessaieh.

Son directeur, le professeur de géographie Sylvain Lefebvre, proposait de revoir complètement l’image de marque du Parc olympique afin de le débarrasser de son étiquette de «fiasco».

«Toute grande opération urbaine passe par une brisure du branding, soulignait-il. Une fois l’image brisée, le projet (de revitalisation du Parc) pourrait devenir extrêmement mobilisateur. Le potentiel est là, il est inexploité. Il faut changer l’image, redonner la rue et le lieu aux citoyens, se lancer dans une opération de séduction pour casser cette image rébarbative.»

Gary Carter, le chouchou des belles années du Stade, est-il bien placé pour amorcer ce virage? Ou au contraire, est-il trop associé à «l’ancien Stade»? Peut-être même serait-ce une insulte d’accoler ainsi son nom à cet édifice mal-aimé…

Qu’en pensez-vous? On rebaptise le Stade, le Parc ou un de ses éléments au nom du joueur vedette? Ou privilégie-t-on autre chose, un boulevard, un square, une sculpture?

Tout est possible, aucune idée n’est trop farfelue…

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