Le blogue de François Cardinal

Archive, janvier 2012

Mardi 31 janvier 2012 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Commentaires (19)

Le salaire «indécent» du DG, suite et fin…

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Je reviens sur le salaire «indécent» du directeur général de Montréal, car le sujet ne cesse de me faire réfléchir depuis la semaine dernière.

Je soulignais mercredi dernier la contradiction de l’opposition qui déchirait sa chemise en raison du salaire «indécent» de 300 000 $ de Guy Hébert… mais qui était d’accord avec celui de 315 000 $ de son prédécesseur, Louis Roquet.

Plus j’y pense, plus je suis troublé.

Ce qui est «indécent» dans toute cette histoire, ce n’est pas, comme le voudrait l’opposition, le salaire en cause, mais bien… la réaction même de l’opposition.

En s’élevant contre le salaire de Guy Hébert après avoir accepté celui de son prédécesseur, pourtant plus élevé, l’opposition envoie en effet un bien curieux message aux fonctionnaires et hauts fonctionnaires de la Ville (Ville que l’opposition veut diriger, soit dit en passant).

En un mot: ceux qui viennent du privé méritent plus que ceux qui viennent du public.

En effet, on a offert 315 000$ à Roquet parce que c’était un «big shot» du secteur privé, qui avait fait ses preuves, en bonne partie, à la SAQ et au sein de Desjardins Capital de risques. Ce avec quoi l’opposition était d’accord.

Mais parce qu’on offre sensiblement le même traitement salarial à son successeur qui a le malheur de venir de la boîte, d’avoir fait ses classes uniquement dans la machine municipale, on se déchire la chemise.

Pas un mot sur les états de service de Guy Hébert, sur ses 31 années passées comme serviteur de l’État, sur les mandats difficiles qu’il a su entreprendre, sur ses succès. Pas un mot sur sa réforme réussie de la SHDM, une réussite d’autant plus remarquable qu’elle s’est faite en pleine tourmente.

Imaginez, pour la première fois en 30 ans, l’an dernier, le bras immobilier de la Ville a généré une entrée d’argent! Après avoir passé 29 ans à en demander.

Et si Hébert valait plus que Roquet? Facile à dire aujourd’hui, vous me direz, après les années mouvementées de Louis Roquet à la Ville. Mais la question se pose tout de même.

D’ailleurs, plus j’y pense aussi, plus je regrette mon commentaire sur le «montant élevé» accordé à Guy Hébert. C’est certes beaucoup d’argent, 300 000 $. Mais en même temps, cette somme n’est pas beaucoup plus élevée que celle de ses homologues, lesquels n’ont pas à gérer une ville de la taille et de la complexité de Montréal.

Je ne parle pas ici des bénéfices additionnels ou des possibles primes de départ négociées par les parties (que je ne connais pas). Souvent, c’est ce genre de détails qui peut, avec raison, nous faire grimper dans les rideaux. Je m’en tiens donc au salaire brut de 300 000 $ qui est versé à M. Hébert.

Vrai, le public n’est pas le privé. On ne doit pas retrouver dans la fonction publique les honoraires démesurés du secteur privé, car il y a dans le premier une implication au service de la collectivité, une part nécessaire de sacrifice pour le bien de l’État, ou de la cité dans le cas qui nous occupe.

Mais 300 000 $, justement, ne fait pas partie de ces salaires «démesurés», à mon avis. Encore moins de ses salaires «indécents»…

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Chaque lundi, un blogueur invité a pour mandat de nous dire de quoi Montréal a besoin. Cette semaine, l’ancienne député de l’ADQ Marie Grégoire se prête au jeu. N’oubliez pas de signer votre commentaire.

X00027_9e3J’ai envie de rêver Montréal à travers les yeux des milliers de touristes qui l’on visitée cette année, à travers les yeux de ceux et celles qui l’ont classée au sommet de plus de 30 palmarès internationaux.

J’ai envie de rêver Montréal avec l’énergie de Régine Chassagne et d’Arcade Fire, ces incroyables ambassadeurs qui positionnent la métropole comme haut lieu de la culture.

Sans l’idéaliser, j’ai envie de voir la ville pour ce qu’elle offre à travers ses réalisations et son potentiel. Montréal n’est pas une perdante. Si Québec la fait se sentir ainsi, c’est qu’elle souffre d’un complexe d’infériorité alimenté par la population qui aime la critiquer et par le gouvernement du Québec qui la tient pour acquise. Jean Charest a compris que la Capitale était plus rentable politiquement. Il est aussi plus facile d’offrir 200 millions $ pour un colisée que de régler le gâchis de la gouvernance des fusions et des défusions.

Sans perdre sa lucidité, on doit être à même de célébrer les bons coups. Au-delà de BIXI, le quartier des spectacles, le quartier international, l’industrie du jeu vidéo et celui de la mode sont autant d’aspects porteurs pour la métropole. Autant d’initiatives qui se sont fait voler la une par les scandales, les déchirements et la mollesse de l’administration actuelle.

Montréal doit faire son ménage, cesser les intrigues et se concentrer sur la mobilisation des acteurs pour se donner une culture de fierté qui saura générer l’innovation et stimuler sa créativité.

Barcelone ou Berlin se sont donné des objectifs ambitieux et ont orchestré un plan de manière à ce que le monde tourne ses yeux vers elles. Aujourd’hui, le monde a déjà les yeux rivés sur Montréal, imaginez ce que ce serait si tout le monde poussait dans le même sens.

Montréal a tout pour réussir, sauf peut-être une locomotive pour canaliser le talent et additionner les forces des petits comme des grands acteurs pour créer un climat de fierté. Tout, sauf peut-être une colle intangible qui fait que le tout est supérieur à la somme des parties.

Individuellement, nombreux sont les Montréalais qui s’illustrent. Il serait temps que cela se produise collectivement.

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Le fabricant d’électroménagers Mabe Canada mettra la clé dans la porte de son usine d’Hochelaga-Maisonneuve. Près de 740 emplois disparaîtront donc de Montréal.

À Québec, Pauline Marois a mis la faute sur le gouvernement Charest, qui n’est pas suffisamment proactif à son goût.

À Ottawa, le NPD a montré du doigt le gouvernement Harper, dont l’«inaction continue de coûter des emplois».

Et à Montréal? Peut-on aussi déplorer le laxisme de l’Administration Tremblay?

L’opposition n’a pas voulu jouer à ce petit jeu bassement partisan, ce qui est tout en son honneur. Représentant de Vision Montréal, le maire de l’arrondissement, Réal Ménard, a même publié un communiqué conjoint avec Gérald Tremblay.

Ensemble, ils invitent les «partenaires économiques concernés» à mettre rapidement en place un «comité de travail» afin d’évaluer toutes les options possibles. Une réaction de bonne guerre, comme dans le cas du transfert des employés d’Air Canada vers Toronto, mais une réaction trop tardive néanmoins.

La Ville aurait-elle pu faire plus? Bien malin qui pourrait le démontrer. On semble davantage assister à un énième départ d’entreprise lié à la fois à la valeur du dollar canadien, à l’existence du Buy American Act et à des facteurs inhérents à la mondialisation.

Mais l’administration doit-elle se croiser les bras pour autant et attendre que son tout récent plan de développement de l’Est porte ses fruits à long terme? Ou devrait-elle être beaucoup plus proactive face à une inquiétante tendance?

Les chiffres dévoilés le mois passé montrent en effet que Montréal a connu, de mai à novembre, six mois consécutifs de pertes d’emplois (-38 500). Ce qui a fait grimper son taux de chômage à 9,9 %, soit pas mal plus haut que les 7,8 % qu’affiche la province.

La question à mûrir : que pourrait bien faire l’administration pour renverser la vapeur, ou à tout le moins prévenir d’autres fermetures?

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