Afin d’encourager un débat respectueux, seuls les commentaires signés sont publiés. Merci.
Je reviens sur le salaire «indécent» du directeur général de Montréal, car le sujet ne cesse de me faire réfléchir depuis la semaine dernière.
Je soulignais mercredi dernier la contradiction de l’opposition qui déchirait sa chemise en raison du salaire «indécent» de 300 000 $ de Guy Hébert… mais qui était d’accord avec celui de 315 000 $ de son prédécesseur, Louis Roquet.
Plus j’y pense, plus je suis troublé.
Ce qui est «indécent» dans toute cette histoire, ce n’est pas, comme le voudrait l’opposition, le salaire en cause, mais bien… la réaction même de l’opposition.
En s’élevant contre le salaire de Guy Hébert après avoir accepté celui de son prédécesseur, pourtant plus élevé, l’opposition envoie en effet un bien curieux message aux fonctionnaires et hauts fonctionnaires de la Ville (Ville que l’opposition veut diriger, soit dit en passant).
En un mot: ceux qui viennent du privé méritent plus que ceux qui viennent du public.
En effet, on a offert 315 000$ à Roquet parce que c’était un «big shot» du secteur privé, qui avait fait ses preuves, en bonne partie, à la SAQ et au sein de Desjardins Capital de risques. Ce avec quoi l’opposition était d’accord.
Mais parce qu’on offre sensiblement le même traitement salarial à son successeur qui a le malheur de venir de la boîte, d’avoir fait ses classes uniquement dans la machine municipale, on se déchire la chemise.
Pas un mot sur les états de service de Guy Hébert, sur ses 31 années passées comme serviteur de l’État, sur les mandats difficiles qu’il a su entreprendre, sur ses succès. Pas un mot sur sa réforme réussie de la SHDM, une réussite d’autant plus remarquable qu’elle s’est faite en pleine tourmente.
Imaginez, pour la première fois en 30 ans, l’an dernier, le bras immobilier de la Ville a généré une entrée d’argent! Après avoir passé 29 ans à en demander.
Et si Hébert valait plus que Roquet? Facile à dire aujourd’hui, vous me direz, après les années mouvementées de Louis Roquet à la Ville. Mais la question se pose tout de même.
D’ailleurs, plus j’y pense aussi, plus je regrette mon commentaire sur le «montant élevé» accordé à Guy Hébert. C’est certes beaucoup d’argent, 300 000 $. Mais en même temps, cette somme n’est pas beaucoup plus élevée que celle de ses homologues, lesquels n’ont pas à gérer une ville de la taille et de la complexité de Montréal.
Je ne parle pas ici des bénéfices additionnels ou des possibles primes de départ négociées par les parties (que je ne connais pas). Souvent, c’est ce genre de détails qui peut, avec raison, nous faire grimper dans les rideaux. Je m’en tiens donc au salaire brut de 300 000 $ qui est versé à M. Hébert.
Vrai, le public n’est pas le privé. On ne doit pas retrouver dans la fonction publique les honoraires démesurés du secteur privé, car il y a dans le premier une implication au service de la collectivité, une part nécessaire de sacrifice pour le bien de l’État, ou de la cité dans le cas qui nous occupe.
Mais 300 000 $, justement, ne fait pas partie de ces salaires «démesurés», à mon avis. Encore moins de ses salaires «indécents»…
Lire les commentaires (19) | Commenter cet article

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 


J’ai envie de rêver Montréal à travers les yeux des milliers de touristes qui l’on visitée cette année, à travers les yeux de ceux et celles qui l’ont classée au sommet de plus de 30 palmarès internationaux.



