Le blogue de François Cardinal

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  • François Cardinal

    François Cardinal est chroniqueur à La Presse, spécialisé dans les affaires municipales et urbaines. Il aime la ville, toutes les villes.
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    Jeudi 29 décembre 2011 | Mise en ligne à 15h08 | Commenter Commentaires (11)

    Le livre urbain de l’année: un vieil ouvrage de 1961…

    Jane Jacobs, anthropologue de la ville...

    Jane Jacobs, anthropologue de la ville...

    Afin d’encourager un débat respectueux, seuls les commentaires signés sont publiés. Merci.

    Bien d’accord avec le maire Tremblay, ce matin, qui soutient que «les villes sont le futur».

    C’est là que la richesse se crée, là que le boum démographique se vit, là que la plupart des futurs citoyens se concentreront, là que la lutte contre les changements climatiques se fera…

    D’où l’importance de bien comprendre les milieux urbains dans lesquels nous sommes plongés, pour y vivre ou y travailler.

    coverbigEn 2011, de nombreux livres urbains ont été publiés pour nous aider, dont plusieurs valent la peine. Pensons à The Triumph of the City de Edward L. Glaeser (Penguin Press), qui présente les villes comme la plus importante des inventions humaines. Ode au développement urbain, cet ouvrage est aussi un tour de force en ce qu’il accorde autant d’importance à la ville, sa trame et ses gratte-ciels, qu’aux citoyens qui la composent.

    9782354800956Pensons aussi à Capitalisme contre le droit à la ville de David Harvey (éd. Amsterdam), qui analyse la ville avec une approche diamétralement opposée, celle de l’urbanisme marxiste (une branche bien vivante). Le point de vue est surprenant, en 2011, mais il est surtout nécessaire dans un contexte d’«occupation» mondiale de la ville.

    téléchargementCela dit, LE livre de l’année est un vieil ouvrage dépoussiéré de 1961… qui se lit comme s’il avait été écrit en 2011 : The Death and Life of Great American Cities, de Jane Jacobs.

    Je le cite en anglais, car seule la maison d’édition américaine Modern Library a eu la brillante idée de publier une nouvelle édition de ce chef d’œuvre pour célébrer ses 50 ans.

    L’essai de cette américaine devenue canadienne à la fin des années 1960 se démarquait à l’époque par son avant-gardisme. Il se démarque aujourd’hui par sa clairvoyance.

    Lorsqu’il a été publié, Déclin et survie des grandes villes américaines offrait en effet une rare et percutante critique du mouvement moderniste, qui visait à bulldozer l’ancien au profit de tours et d’autoroutes mégalomaniaques (Montréal n’y a pas échappé).

    Aujourd’hui, il s’agit d’un ouvrage on ne peut plus actuel, qui a préfiguré l’urbanisme tel qu’il est de plus en plus pratiqué : un urbanisme à échelle humaine, qui mise sur l’apaisement de la circulation pour redonner sa place au piéton.

    On pense spontanément au Plateau et aux mesures du maire Ferrandez, mais il y a bien d’autres arrondissements qui avaient ouvert le bal en détricotant tranquillement le legs des générations passées à l’aide de dos d’âne, de trottoirs en saillies, de vitesses réduites et de pistes cyclables.

    Lire ou relire le best seller de Jane Jacobs, véritable anthropologie citadine, permet de faire appel au passé pour comprendre la pertinence de ces mesures d’avenir.

    ***

    Mentions spéciales :

    9780262016414-medium- Urban Code: 100 Lessons for Understanding the City (MIT Press), petit livre qui permet de décortiquer les quartiers dans leur menu détail pour mieux comprendre leur dynamique. Sorte de Déclin et survie des grandes villes américaines pour lecteurs pressés…

    1222665-gf- Vivre Montréal – 1920-1969 (Publications du Québec), un bijou historique qui permet de circuler entre le marché aux poissons, les tavernes interdites aux femmes, les dépanneurs Kik Cola, le parc Belmont et les incinérateurs d’un Montréal disparu.

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    • À titre informatif, Jane Jacobs a également écrit un livre (The Question of Separatism – Quebec and the struggle over sovereignty) sur le référendum pour la séparation du Québec de 1980.

      Il est intéressant de constater ses opinions et positions sur le sujet de la séparation mais aussi ses effets sur la ville de Montréal, métropole du Québec.

      Maxime Poirier-Moisan

    • Bonsoir M. Cardinal

      Je vous suggère d’ajouter à votre liste :
      The City After The Automobile: An Architect’s Vision, par Moshe Safdie (oui, NOTRE Moshe Safdie).

      Simon Chartrand

    • Les villes sont le futurs? Si c’est le cas, Montréal est mal pris. L’ile se vide!

      Sylvie Ouellet, Québec

    • @soue

      L’ile se vide???

      C’est une blague?

      Dites moi que oui, svp…

      B.Perron, Montréal

    • @soue
      Vous avez de bons yeux pour voir ça de si loin.
      C’est quoi votre truc?
      Francis Huneault

    • À Tabarly

      Celui qui dit que la ville se vide doit dormir dans une de ces villes dortoir crées autour du site olympique. Au centraire, la vide se lpacte de condos à une telle lvitesse qu’elle ne peut lqu’à aller à la ruine. Car tout ce que les résidents ont besoin, les biens et service. viennent de l’extérieur de l’île. Et tout doit traverser des ponts ou un tunnel. Je n’imagine lpas lce lque seront les années à venir, en `pensankt que l`le nkouveau pont Chamlplain lnke sera là qu’ XXX années. Le centre-ville va tout simplement imploser. Heureux de demeurer maintenant hors de la ville, sur rive sud. déménagé il y a deux mois. Rolland Lambert

    • @soue et @tabarly: en fait l’ile se vide de francophones. si l’avenir de joue la, ca va pas ben. Pour en revenir avec le titre de cet article, je suis entierement en desaccord que le futur se joue dans le villes. Du moins le futur economique se joue dans les regions inhabitees. Fort McMurray, Kuujjuak, les territoires, l’ile de Baffin – c’est la que tous les vrais enjeux vont trouver des reponses. Regardez le TSX – 35 des top 50 compagnies sont dans le secteur des ressources naturelles. Martin Lavoie, Gatineau

    • La banlieue avec sa cohorte de problèmes, de désillusions et de maisons aux 3/4 vides est encore moins la ville de demain que ne sont les villes-centres. Citons simplement la dépendance à l’automobile ou l’isolement social du chacun-sur-son-terrain. Mais c’est une réalité qui n’a pas encore frappé les gens de Québec.

      Il est impossible de construire une banlieue durable avec les intrants et les attentes que les banlieusards actuels y mettent. Tôt ou tard nous devrons rembourser cet emprunt contracté à la nature et aux territoires.

      Enfin : l’île s’est déjà vidée mais ça n’est plus le cas. Montréal va de l’avant avec plusieurs projets, visant notamment à consolider la fonction résidentielle dans des secteurs centraux, bien desservis et déjà urbanisés. Contrairement à Québec qui ne rêve qu’à l’amphithéâtre neuf et aux clinquants écoquartiers, tout en délaissant ses écoquartiers “naturels”, autoformés (Limoilou, Saint-Jean, Saint-Roch).

      Jane Jacobs pointe dans ce livre des composantes immanquables d’une ville vraiment vivante, dont plusieurs font défaut dans plusieurs villes au Québec, incluant de nombreux secteurs de l’actuelle ville de Québec. Je conseille donc à Mme Ouellet d’en lire quelques extraits, notamment au sujet de la diversité sociale et de la mixité des fonctions.

      Matthieu Déborbe, à Québec

    • @soue

      Si l’île se vidait il y aurait moins de monde qui y vivent . Ne me remercier pas de prendre du temps pour vous l’expliquer. j’ai vue que vous veniez de Québec et j’ai eu de la sympathie pour vous,.

      M.Leclerc

    • @jarol,

      connaissez-vous l’importance du port de Montréal dans le transport des marchandises? Je crois que le port de St-Lambert ne fait pas le poids. Connaissez-vous l’importance du transport cargo aérien? Connaissez-vous l’importance du trafic ferroviaire à Montréal?

      Et si les biens viennent de l’extérieur de l’île, ce n’est certainement pas le cas pour les services et je dirais même que les banlieues dépendent de Montréal pour bien des services.

      Moi, j’ai fait exactement le contraire de vous, je suis venu m’établir à Montréal après avoir longtemps habité la banlieue et même la campagne environnante de Montréal pour des raisons d’économie et d’écologie. Ce n’est pas demain que l’essence diminuera et le coût du transport non plus. Je dois bien économiser autour de 400$/mois juste en essence en habitant à Montréal.

      David Savard

    • @soue

      Vous venez de tâter du montréalais avec toute l’arrogance qui s’y rattache. La banlieu sud de Laval n’a vraiment pas de classe hélas

      Bonne année Sylvain
      Bonne année au modérateur qui m’accordera sans doute ce second commentaire revu et corrigé (Lol)

      Jacques Bisson

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