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L’exercice relève de la chorégraphie : la Ville annonce un budget aux dépenses en hausse, l’opposition se déchire la chemise et les contribuables déchainent leur colère sur les différentes tribunes.
Les réactions au budget de Montréal, dévoilé tout à l’heure, ne font pas exception à la règle (tous les documents se trouvent ici, et la réaction de Projet Montréal est ici).
Et pourtant, il s’agit d’un bon budget. D’un budget responsable, même…
Attaquons tout de suite les deux enjeux les plus épineux : la hausse des dépenses et celle des taxes foncières.
- Les dépenses augmenteront de 5,2% en 2012. C’est beaucoup… si on fait abstraction des régimes de retraite. À eux seuls, ils expliquent plus de la moitié de cette hausse. Éliminez ce problème et les dépenses ne grimpent que de 2,3 %, soit moins que l’inflation.
Or il faudrait être de mauvaise foi pour attribuer le problème des retraites et de leurs coûts galopants au maire Tremblay, étant donné que la plupart des villes du Québec en sont victimes.
- Les taxes foncières, pour leur part, gagneront 2,5%. Encore une fois, on demeure au niveau de l’inflation. À quoi il faut ajouter 0,5% afin de retaper les infrastructures liées à l’eau, une dépense qui est tout sauf frivole.
Le propriétaire d’une maison unifamiliale moyenne (345 000$), devra ainsi assumer une facture additionnelle de 95$.
Or cette augmentation somme toute raisonnable survient au moment où, précisément, la Ville pourrait utiliser toutes sortes de prétextes, tout à fait justifiés au demeurant, pour allez en chercher plus dans les poches des contribuables.
Voyez par vous-même :
- la Ville a décidé de prendre ses responsabilités et de s’attaquer aux legs empoisonnés des administrations passées plutôt que de les pelleter, à son tour, aux générations futures.
Aux prises avec 29 bris chaque année pour chaque 100 km de canalisation d’eau, la Ville investit dix fois plus dans leur entretien qu’en 2001. Même chose pour les infrastructures de voirie qui nécessitent, en raison de leur vieillissement accéléré, des dépenses en hausse de 560% par rapport à 2001!
- les dépenses supplémentaires en sécurité publique représentent à elles seules 0,9% de la hausse de 5,2% des dépenses. C’est énorme! Or où va cet argent? À 90% dans la masse salariale des pompiers et policiers, en raison de l’indexation et des progressions statutaires. Bien difficile d’échapper à un tel débours quand on connaît l’historique des concessions municipales et le pouvoir de négociation démesuré des syndicats municipaux…
- la TVQ et le prix de l’essence ont augmenté de façon non négligeable, ce qui signifie des dépenses supplémentaires pour la Ville. Elle doit en effet payer la taxe provinciale sur leurs achats de biens et services (elle n’est compensée qu’en partie), elle doit faire rouler sa flotte de véhicules, chauffer ses bâtiments, etc.
- bien des postes budgétaires ont connu des hausses afin d’accroître les services de proximité. Pensons aux bibliothèques qui profiteront de nouvelles ressources et d’heures prolongées (1,6 M$). Pensons aux arénas qui seront mis aux normes (50 M$), aux nouveaux complexes sportifs de Saint-Laurent et de Saint-Michel (73 M$) et à la réhabilitation de plusieurs parcs de Montréal (152 M$). Or qui demandent ces services? Les contribuables.
- le boum immobilier que vit actuellement la métropole est une excellente nouvelle, mais il se traduit aussi par des dépenses additionnelles. On ne laisse pas 60 grues grimper dans le ciel sans ajouter des employés pour s’occuper des permis, de l’encadrement des projets et de l’offre aux entreprises. Il faut dépenser de l’argent pour en faire…
Bon, est-ce que tout cela veut dire que l’Administration est exemplaire, qu’elle a tout fait pour réduire jusqu’à la dernière cenne de dépenses superflues? Pas du tout. Il y a plusieurs bouts qui retroussent, dans ce budget.
Comment se fait-il, par exemple, que les 15 M$ que la STM a réussi à dégager en productivité sont engloutis dans le fonds consolidé? Comment justifier, dans la même veine, que le budget d’exploitation versé à la STM ne soit pas augmenté au moment où l’affluence explose?
Comment se fait-il que dans cette énorme bureaucratie il soit impossible de réduire par attrition, de façon absolue, le nombre d’employés? Comment justifier que les arrondissements aient aussi peu de marge de manœuvre alors que l’administration fait l’apologie des services de proximité?
Cela dit, dans le grand tout, dans un budget qui frôle des 5 milliards de dollars, ces questions et réserves sont certes importantes, mais elles ne sont pas suffisantes pour déchirer sa chemise sur la place publique…
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1) Taxi collectif
2) Vente de nourriture ambulante
3) Piétonnisation du cœur urbain



