Le blogue de François Cardinal

Pour moi, Montréal est l’anti-Bilbao par excellence, je vous l’ai dit, je l’ai redit et je le dis encore aujourd’hui.

La métropole québécoise n’attire pas les starchitectes, elle n’a pas de grands boulevards haussmanniens, elle n’a pas le charme des petites villes européennes, elle n’est pas un haut lieu de la finance. Et elle n’a pas un «musée Guggenheim» qui fait la une des revues d’architecture comme Bilbao.

La force de Montréal n’est donc pas dans le grandiose, elle se trouve plutôt dans la créativité dont elle fait preuve. Voilà ce sur quoi elle doit miser pour se distinguer.

Arcade Fire n’est pas né à Vancouver. Moment Factory n’est pas né à Calgary. Denis Villeneuve n’a pas fait sa place à Toronto. C’est à Montréal qu’ils ont trouvé ce qu’il leur fallait pour créer, pour s’émanciper, pour prendre leur place. Et ce n’est pas un hasard.

Je l’ai dit et je le redis ce matin dans ce billet, car en visionnant cette vidéo, c’est ce qui m’est revenu en tête. C’est précisément le genre d’interventions urbaines qui devraient émaner de Montréal, comme ce fut le cas pour les boules roses de Cormier dans le Village, les balançoires musicales du Quartier des spectacles ou le «champ de blé» fait de réflecteurs qui a vu le jour sur la Place des festivals l’hiver dernier.

Un truc qui ne coûte pas cher, qui attire l’attention, qui montre l’ouverture d’esprit de la ville qui l’ose, voilà, très précisément, ce que Montréal devrait faire, faire et refaire encore. Mais encore faut-il que la Ville et les arrondissements (lire : la bureaucratie municipale) les permettre, ou encore mieux, les favorise…

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Samedi 20 septembre 2014 | Mise en ligne à 8h13 | Commenter Commentaires (53)

On fait quoi avec la Ste-Cat? Quatre scénarios…

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Vous aurez remarqué que je manque de temps pour alimenter le blogue. Mes excuses, je tente de concilier ce passe-temps avec ma job du mieux que je peux. Pas toujours facile…

En plus de cette tribune, cette semaine, il y a le réaménagement de la Sainte-Catherine Ouest (d’Atwater à Bleury) dont je n’ai pas eu le temps de m’occuper. Et c’est dommage, car c’est un des plus importants sujets de l’heure à Montréal.

Avant de me prononcer (je vous avoue que ce sujet me donne du fil à retordre), je vous suggère de dresser la liste des options qui sont maintenant sur la table. Bien curieux d’avoir votre opinion sur ces différents scénarios de partage de l’emprise de rue.

À noter que toutes ces options permettent la piétonnisation permanente, temporaire ou saisonnière de la rue (d’où le «mode piéton dans la description sous chaque image). Elles peuvent aussi intégrer des mesures de verdissement et des espaces de repos.

On est donc davantage dans les grandes lignes que dans le détail. Je vous les présente et vous laisse vous exprimer…

* Voici la situation actuelle

actuel

Rue à sens unique, deux voies de circulation, deux voies de stationnement en rive.

* Voici l’option A, sorte de compromis

A

• On améliore la desserte en transport collectif en tout temps

• On conserve un maximum d’espaces de stationnement et de livraison

En mode piétons:

• Possibilité d’améliorer la desserte en transport collectif grâce au double sens

En mode tous usagers:

• Rue à double sens (2 voies de circulation)

• Possibilité d’améliorer la desserte en transport collectif grâce au double sens

• Maintien de deux voies de stationnement en rive

* L’option B, qui met de l’eau dans le vin

B

• On offre plus de confort aux piétons

• On conserve un certain nombre d’espaces de stationnement et de livraison

• On permet la desserte en transport collectif en mode piétons

En mode piétons:

• Possibilité d’améliorer la desserte en transport collectif avec une circulation à double sens

En mode tous usagers:

• Rue à sens unique (2 voies de circulation)

• Élargissement des trottoirs

• Une voie de stationnement maintenue

* L’option C, qui mise sur des trottoirs maximisés

C

• On offre plus de confort aux piétons

En mode tous usagers:

• Rue à sens unique (2 voies de circulation)

• Aucun stationnement sur rue, du moins dans les sections les plus étroites

• Élargissement des trottoirs

* Et l’option D, qui mise sur des espaces multifonctionnels

D

• On offre un aménagement flexible qui répond à des besoins variables en fonction des saisons et du contexte.

En mode tous usagers:

• Rue à sens unique (2 voies de circulation)

• Conversion des voies de stationnement en espaces multifonctionnels qui peuvent servir soit d’espaces de circulation pour les piétons, soit d’espaces de destination (terrasses, œuvre d’art, etc.), soit d’espaces de stationnement.

Qu’en dites-vous? Un scénario vous allume plus qu’un autre?

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Samedi 13 septembre 2014 | Mise en ligne à 8h08 | Commenter Commentaires (56)

Je relève le défi du… Book Bucket Challenge

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Après le Ice Bucket Challenge, voici le Book Bucket Challenge, une idée qui émane de je ne sais trop où, d’un groupe indien semble-t-il, mais que j’aime bien.

Il suffit de citer, le plus spontanément possible, 10 livres qui nous ont marqués, de lancer le défi d’en faire autant à trois personnes, puis de verser un don à une organisation qui lutte contre l’analphabétisme.

Guillaume Lavoie, de Projet Montréal, a ainsi publié sur Facebook sa propre liste de 10 œuvres hier, puis il a lancé le Book Bucket Challenge à Richard Bergeron, Paul Houde et moi-même.

Je suis flatté. J’accepte volontiers. Même si l’exercice est plus ardu que je pensais. On arrive vite, mettons, à «dix livres qui nous ont marqués, d’une façon ou d’une autre»…

J’ai donc triché un peu. J’ai répondu au défi de Guillaume Lavoie en publiant ma propre liste de livres (que vous retrouverez aussi plus bas, pour les intéressés), mais j’en ai retiré toutes les œuvres qui concernaient les villes pour en faire une seconde liste, expressément pour ce blogue, que voici…

- The Death and Life of Great American Cities, de Jane Jacobs

LA référence pour quiconque s’intéresse à la mécanique urbanistique et anthropologique des villes. Publié en 1961, il s’attaquait de plein front au développement tout-à-l’auto pour y préférer un développement à échelle humaine. Pénétrant.

- Les Lisères, d’Olivier Adam

Roman d’un de mes auteurs préférés, ce livre cache une critique fort juste de la banlieue pavillonnaire française, qui ressemble un peu à nos propres cités de bungalows, mais avec des terrains plus petits et davantage de hautes clôtures. Sensible.

- Jean Drapeau, Susan Purcell et Brian McKenna

La seule véritable biographie de Jean Drapeau a été écrite en anglais, curieusement. Les livres publiés en français qui prétendent retracer sa vie ne sont, hélas, que des ersatz de biographie. Mais après l’avoir lu, on se demande qui pourrait faire mieux. Passionnant.

- Last Juror, de John Grisham

Certains pourraient être étonnés de retrouver ici un Grisham, mais celui-ci est un intéressant mélange de roman et d’essai urbanistique. C’est un suspense, mais qui par la bande se permet une sévère critique du développement rural et suburbain des années 1970, lorsque les centres commerciaux ont tué le cœur commercial des plus petites villes. Captivant.

- Triumph of the City, Edward Glaeser

Cet ouvrage est un grand écart entre le modernisme des tours résidentielles et l’urbanisme à échelle humaine, une apologie réussie de la densification avec un parti pris pour le bipède qui la vit au quotidien. Savant.

- La folie des grandeurs, Peter Trent

C’est une brique, certes, mais qui contient trois livres en un : une bio fascinante de l’auteur, la meilleure analyse des rapports anglo-franco qu’il m’ait été donné de lire et un récit à la première personne de la saga des fusions, que Peter Trent démolit avec moult chiffres. Nécessaire.

- Le pays réel sacrifié, Gérard Beaudet

Une charge à fond de train contre le rouleau compresseur des sacrosaintes «retombées économiques», qui servent trop souvent à justifier l’abandon des plus éléments considérations environnementales et urbaines. Pertinent.

- How Architecture Works: a Humanist Toolkit, de Witold Rybczynski

Une excellente introduction à l’architecture rédigée par un expert hors pair, ayant enseigné à l’université McGill, qui n’hésite pas à utiliser sa connaissance de Montréal pour la citer en exemple (ou en contre-exemple). Intéressant.

- Le rêve de Champlain, David Hackett Fisher

Je vous en reparlerai, mais ce livre est un must pour quiconque réfléchit au nom à donner au futur pont enjambant le Saint-Laurent. Disons que ça replace dans son contexte l’idée farfelue de remplacer le nom de Champlain par celui du Rocket… Fascinant.

- If Mayor’s Ruled the World, de Benjamin Barber

C’est le livre que j’aimerais voir sur la table de chevet de notre bon maire. Les États-Nations s’essoufflent clairement alors que les villes gagnent en importance et en pertinence. Les maires doivent prendre plus de place par l’entremise des partenariats et des réseaux. Engageant.

Et vous, quels seraient les livres, qui touchent les villes ou non, que vous mettriez dans votre propre liste si on vous lançait le Book Bucket Challenge?

***

Voici les 10 livres généraux qui m’ont marqué, tels que transis à Guillaume Lavoie…

- L’espion qui venait du froid, de John Le Carré

- From Beirut to Jerusalem, de Thomas Friedman

- Les trois livres de la trilogie Frank Bascombe (The Sportswriter, Independance Day, The Lay of the Land), de Richard Ford

- Albert Londres: vie et mort d’un grand reporter, de Pierre Assouline

- Henri Cartier-Bresson: L’œil du siècle, de Pierre Assouline

- La Route, de Cormac McCarthy

- L’œuvre au grand complet d’Emmanuel Carrère

- The Power Game, de Joseph S. Nye Jr

- The Secret Race, de Tyler Hamilton

- To Be a Runner, de Martin Dugard

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