Quel avenir pour Montréal?

Mardi 15 avril 2014 | Mise en ligne à 19h45 | Commenter Commentaires (24)

Autos-vélos-piétons: l’enfer, c’est les autres…

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Torrent de courriels haineux à la suite de mon édito sur la nécessaire révision du Code la sécurité routière. On m’accuse de vouloir offrir un traitement privilégié aux cyclistes, même si ces derniers «sont tous des fous furieux qui se croient tout permis»…

Or loin de moi l’idée de vouloir disculper les cyclistes de toute faute. Il y a des délinquants du guidon, comme il y a des délinquants du volant.

Le Code la route doit donc être révisé pour y intégrer les droits des cyclistes, de plus en plus nombreux sur les routes. Et il doit, par le fait même, identifier clairement les devoirs de ces usagers de la route de plein droit, sans quoi de fortes pénalités doivent être imposées, surtout quand ils mettent la vie des piétons en danger.

Cela dit, je persiste et signe: la toute première chose à faire, avant de s’attaquer au comportement dangereux de certains cyclistes, est d’imposer un nouveau paradigme au Code qui protège les plus petits des plus gros : le piéton du cycliste, le cycliste de l’auto, et l’auto du camion.

Une fois cela fait, une fois la hiérarchie imposée, une fois les droits et devoirs de chacun révisés en fonction des habitudes de déplacement du siècle actuel, il sera temps de montrer les cyclistes du doigt.

Bien désolé, mais le tsunami de courriels reçus ne m’ébranle pas, même si 99 % m’accusent d’être un lobbyiste à la solde des cyclistes des quartiers centraux. Au contraire même, ils renforcent ma conviction que la priorité est de légiférer pour protéger ces mêmes cyclistes…

Pourquoi? Parce que les messages reçus me confirment que les automobilistes, beaucoup plus nombreux sur la route, ont tendance à surestimer la menace que représentent les autres usagers… et à sous-estimer la menace qu’eux-mêmes représentent.

J’ai lu des horreurs dans les courriels. «Les automobilistes occupent la rue comme toujours, et les cyclistes veulent être reconnus comme véhicule routier, m’écrit un lecteur. Sorry la limite est 50 km/ h pas 22… Et pour le dooring, hé ben, il est difficile comme conducteur de toujours y penser.»

En revanche, quand je fais un édito pour parler des comportements délinquants des automobilistes, pas un mot. Comme si cela n’existait pas, ou ne représentait pas vraiment un danger, ou n’était pas vraiment important.

Pourtant, il y en a un problème. Les automobilistes sont nombreux à passer sur la jaune (ou la rouge), à frôler les cyclistes, à ne pas laisser aux piétons le temps et l’espace pour franchir les intersections, et surtout, à rouler trop vite.

Une étude du MTQ sur les comportements des automobilistes a conclu il y a quelques années qu’en milieu urbain, plus d’un conducteur sur deux roule au-delà de la vitesse permise; sur les routes principales, ils sont deux sur trois; et sur les autoroutes… pas moins de huit sur 10!

«Le non-respect des limites de vitesse est largement répandu», écrivait le ministère dans son rapport. Et pourtant, les campagnes de sensibilisation sont inefficaces, se désolait-on.

Le problème : ces mêmes automobilistes considèrent soient que les limites sont trop basses pour être respectées, soient qu’ils ne constituent pas vraiment une menace parce qu’ils sont d’excellents conducteurs…

L’enfer c’est les autres, surtout s’ils sont à vélo…

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Vendredi 11 avril 2014 | Mise en ligne à 15h53 | Commenter Commentaires (51)

BIXI: Montréal a sauvé les meubles…

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Le «spécialiste du sofa» a finalement permis à Montréal de sauver les meubles…

Ce sera en effet Bruno Rodi qui mettra la main sur le volet international de BIXI, non pas l’entreprise américaine Reqx, qui a soumis une offre plus élevée, mais incomplète.

Personnellement, je préfère une offre moindre, mais locale à une offre plus élevée, mais étrangère. L’important, cela dit, c’est que Montréal trouve preneur pour le volet international de BIXI. Point.

Cela est en effet crucial. D’abord pour espérer sauver le volet local du service, tiré vers le bas par le volet international. Ensuite pour réduire les pertes qu’essuieront immanquablement les Montréalais pour ce fiasco financier.

Que le prix d’achat soit de 4 millions ou de 5 millions, il permettra d’une façon ou d’une autre de contenir les pertes autour de 15 millions (une dette de 31 millions environ, moins 12 millions en actifs, moins 4 ou 5 millions pour le volet international = 15 millions) une somme plutôt acceptable dans les circonstances.

Insérez votre cri d’horreur ici…

Je sais, je sais, 15 millions est un gros montant. Un montant dont on aurait voulu se passer. Mais étant donné la hauteur du prêt initial, qui dépassait les 36 millions, les dettes aux fournisseurs, les arrérages de New York et Chicago et tutti quanti, j’évaluais les pertes à venir aux alentours de 30 millions.

Payer la moitié apparaît donc comme «un bargain». Ou presque.

«Bien franchement, c’est moins pire qu’on pensait», reconnait aussi Richard Bergeron, qui a eu l’élégance de saluer le travail du maire Coderre dans ce dossier. Le chef de Projet Montréal avait été dur à son endroit au moment de la faillite, mais il admet aujourd’hui que l’issue du dossier «valide finalement sa stratégie».

What’s next, demandez-vous? La saison régulière de BIXI, qui s’amorce mardi. Une saison qu’on espère populaire, même si le site web de l’organisme fait défaut depuis près de deux semaines, empêchant les internautes de s’abonner.

C’est le comble, tout de même…

Puis ce sera la bataille pour pérenniser le système au-delà de l’été prochain. Je dis «bataille», car il n’y aura pas de retour du BIXI en 2015 si les Montréalais n’acceptent pas d’allonger le 1,5 million nécessaire chaque année, au bas mot, pour éponger le déficit d’opération du système.

CBC m’interviewait d’ailleurs à ce sujet, cet après-midi, me demandant pourquoi on a tant de misère à garder notre service de vélo en libre-service ici à Montréal, alors qu’en Europe, cela ne semble pas poser de problèmes.

Ma réponse : les villes payent sans rechigner, même quand l’entreprise privée est impliquée.

Même chose en Amérique du Nord, d’ailleurs, avec les déclinaisons du BIXI. Toutes les villes où roulent le BIXI financent leur système de vélos publics, toutes les villes sauf New York et Toronto.

Question quiz pour vous : nommez deux systèmes de vélos en libre-service qui peinent à garder la tête hors de l’eau?

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Jeudi 10 avril 2014 | Mise en ligne à 14h42 | Commenter Commentaires (31)

Trois idées pour un conseil des ministres restreint…

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Il n’y a rien qui envoie davantage un message de responsabilité économique qu’un conseil des ministres restreint.

Philippe Couillard le sait très bien, d’ailleurs, puisqu’il était du plus petit cabinet des ministres a avoir vu le jour depuis la Révolution tranquille : celui de Jean Charest, année 2007.

Après une raclée qui l’avait relégué au rang de gouvernement minoritaire (le premier en 130 ans au Québec…), le PLQ avait en effet décidé d’envoyer un message en réduisant le nombre de ministres de 24 à 18.

C’était moins que les 23 de Landry en 2001, moins que les 26 du gouvernement Charest année 2008, moins que les 24 ministres du gouvernement Marois sortant.

On voulait envoyer un message de «modernité», selon les mots de Jean Charest, un message de responsabilité, aussi. En outre, c’était le premier conseil des ministres paritaire hommes-femmes, le premier aussi à compter dans ses rangs une ministre issue des «minorités visibles» (Yolande James).

«Les Québécois veulent un gouvernement de changement. Nous incarnerons cette ambition», avait dit M. Charest.

Voilà un modèle intéressant pour son successeur dans un contexte de fragilité économique, de budget minceur et de volonté de changement.

Cela ne serait pas facile, d’autant que le caucus de Philippe Couillard compte 70 députés comparativement à 47 pour celui de Jean Charest, à l’époque. Le message n’en serait que plus fort.

Pour y arriver, il lui faudrait combiner des ministères, comme l’avait fait son prédécesseur en réunissant l’Éducation et la Famille, la Justice et la Sécurité publique, le Tourisme et le Développement économique.

Il pourrait ainsi réunir à nouveau l’Éducation et l’Enseignement supérieur, combiner la Santé, les services sociaux et la Protection de la jeunesse, joindre les Régions et les Affaires autochtones, etc.

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout cela dans un blogue sur Montréal? Parce que j’ai trois idées à proposer à M. Couillard, trois idées qui concerneraient de près ou de loin la métropole.

- Créer un ministère de la métropole et de la Capitale et le combiner au développement économique ainsi qu’au Commerce extérieur.

- Créer un ministère des Affaires municipales, de l’Aménagement durable et du Transport.

- Créer un ministère de l’Environnement et de l’Énergie (comme celui dont vient d’hériter Ségolène Royal dans le cabinet Valls) dans lequel seraient intégrées les Ressources naturelles.

Une idée intéressante pour régler l’«heureux problème» du premier ministre Couillard, d’après vous?

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