
Daniel Gélinas refuse de dévoiler les chiffres concernant l’affluence sur les Plaines alors que pour la première fois, il pourrait être précis grâce au bracelet électronique.
Valérie Lesage
Le Soleil
On a eu un beau Festival d’été, avec une participation populaire formidable, bravo. Mais pourquoi l’organisation devient-elle si opaque maintenant qu’elle a le vent dans les voiles?
Le directeur général du FEQ, Daniel Gélinas, disait lundi en conférence de presse qu’il ne donnerait pas de chiffres sur les ventes, consommations et produits dérivés d’artistes. Pourquoi donc? Nous payons largement pour ce festival en tant que payeurs de taxes et acheteurs de laissez-passer, nous avons le droit de savoir. Le FEQ n’est pas une entreprise privée.
M. Gélinas refuse aussi de dévoiler les chiffres concernant l’affluence sur les plaines alors que pour la première fois, il pourrait être précis grâce au bracelet électronique. C’est drôle, mais par les années passées, quand on y allait au pif pour évaluer les foules, on avait toujours les chiffres qu’on demandait.
Aujourd’hui, M. Gélinas va jusqu’à se demander si c’est bien d’intérêt public et croit que les chiffres sont une insulte.
«Comparer les assistances entre les spectacles, c’est une insulte que tu fais à la personne qui est venue voir l’artiste. Et tu ne peux pas exposer l’artiste à ça. Dans les grands événements, ça ne se fait pas», a déclaré M. Gélinas hier en conférence de presse.
Ah! bon! Alors on ne donnerait plus non plus d’indications sur le nombre de disques vendus par un artiste pour ne pas le faire souffrir de comparaisons? On ne dirait plus combien de gens assistent à un match du Canadien de Montréal parce que ça pourrait faire de la peine à d’autres équipes de la LNH?
Je pense plutôt que la vraie raison, ce sont les commanditaires. Le FEQ est le seul grand événement qui peut aujourd’hui fournir de vrais chiffres sur sa fréquentation. Comme ils sont un peu plus bas que ce qu’il a toujours laissé entendre (M. Gélinas l’avoue du bout des lèvres), ça pourrait lui nuire. À Montréal, le Festival de Jazz et les FrancoFolies continuent de se vanter d’accueillir des foules de 100 000 personnes alors que le site est plus petit que les plaines. M. Gélinas n’a sans doute pas envie de dévaluer son événement aux yeux des commanditaires, mais il y aurait d’autres arguments que le silence pour vanter l’indéniable succès du FEQ.
En tant que lectrice et participante du Festival, j’aime connaître la participation populaire à tel ou tel spectacle. Ça me permet de mieux connaître les tendances de ma ville. Et vous, que pensez-vous de tout ça?