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Archive de la catégorie ‘livres’

Dimanche 13 mai 2012 | Mise en ligne à 8h02 | Commenter Commentaires (11)

Quel film a changé votre vie?

ROSENTHAL OLIVIA-COUL
Un roman peut à jamais changer la vie d’un lecteur. Même chose mais avec plus d’intensité pour un film.

Olivia Rosenthal a posé la question à quatorze personnes : quel film a changé votre vie ?

Des réponses, elle a fait Ils ne sont pour rien dans mes larmes, un opuscule de 120 pages pubié par les Éditions Verticales.

Ce livre explore les relations intenses et intimes que l’on peut éprouver à l’endroit d’un film.

- Angélique avait 13 ans quand elle a vue La Nuit américaine de François Truffaut et elle a su à ce moment-là qu’elle serait comme Nathalie Baye.

- C’est Il était une fois la révolution de Sergio Leone qui a marqué à jamais Vincent. Il avait 13 ans et les scènes d’explosion l’ont fait réfléchir au sens de l’Histoire.

- Il faut croire que 13 ans est un âge critique. Anne-Sophie avait 13 ans, elle était amoureuse d’un garçon, et Rouge de Krzysztof Kieslowski a déclenché en elle une euphorie incroyable.

- Douze hommes en colère de Sidney Lumet a été le fim de Sophie. Elle avait 18 ans et elle était allée à un festival de hard-rock au pays de Galles. En voyant ce film, elle a compris que la parole est une arme plus importante que la défonce.

- Christine était encore au secondaire et n’ayant rien de mieux à faire un après-midi, elle est allée au cinéma et y a vu L’arbre aux sabots d’Ermanno Olmi. Une vaste fresque paysanne qui tenait l’écran pendant plus de trois heures. En voyant ce film, elle a su ce qu’elle ne voulait pas être.

- C’est Nuit et brouillard d’Alain Resnais qui a été le premier choc cinématographique de Denis.

- Marlo Brando et sa motte de beurre ont allumé Béatrice. Qui aurait voulu être Maria Schneider et faire l’amour avec un inconnu dans un appartement abandonné. Le film ? Ben voyons, Le dernier tango à Paris.

- Parce que cela a lui rappelé certains souvenirs, Isabelle a beaucoup pleuré en voyant Le Retour d’Andreï Zviaguintsev.

- François avait 18 ans et il venait de quitter le cocon familial quand il a vu Eraserhead de David Lynch. Il a tout oublié du film sauf la bande-son.

- Jean a tellement aimé  L’Arrangement d’Elia Kazan qu’il l’a vu une dizaine de fois.

- Elle avait 13 ans quand elle a vu Les Quatre Cents Coups de François Truffaut. Ce film lui a donné envie de devenir éducatrice. Elle l’est devenue.

- Thelma et Louise de Ridley Scott a donné de la force à Annick. Elle avait 30 ans et ce film lui a montré qu’on pouvait choisir sa vie. Même si, dans la liberté, il y une part de vide.

- Que reste-t-il ? Eh bien, Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy. Qui a fait sangloter Olivia Rosenthal : «Je ne supporte pas qu’on puisse perdre définitivement quelqu’un qu’on a aimé sans en mourir».

Spécialiste de la poésie du XVIe siècle et maître de conférence à l’université de Vincennes, Olivia Rosenthal a écrit des récits, des fictions radiophoniques et des pièces de théâtre qui, selon son éditeur, mettent aux prises des personnages obsessionnels, inquiets, décalés, avec un monde dans lequel ils ne se reconnaissent jamais tout à fait.

***

C’était en 1967, j’avais 18 ans et j’étais étudiant à Paris. Dans une petite salle de la rue de l’École de médecine, j’ai vu le film qui m’a le plus choqué. Un film de 48 minutes qui me hante encore à l’occasion. C’était La Bombe, un documentaire commandé par la BBC à Peter Watkins sur les effets d’une bombe atomique sur une ville anglaise.

Si teriffiant, ce film, que la BBC ne l’a pas diffusé.

Le scénario : Serbes, Croates et Bosniaques s’entretuent en Yougoslavie. Méchant Boris intervient dans la chicane et l’Oncle Sam tempère les ardeurs des communistes en leur balançant un missile nucléaire sur la gueule. Image pétrifiante de ce missile qui sort d’un silo enfoui dans une prairie  du Wisconsin…

Les Popov ripostent en pulvérisant une ville anglaise.

Et vous, y-a-t-il un film qui vous marqué à jamais ? Ou qui a changé votre vie ?

Didier Fessou

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Dimanche 29 avril 2012 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Aucun commentaire

Le carabin était une carabine

Ouellet, Sylvie
Lu cette fiche sur l’Encyclopédie canadienne en ligne :

«James Miranda Stuart Barry, médecin et chirurgien militaire (né en Angleterre vers 1795, mort à Londres vers 1865), dont le vrai nom est probablement Bulkeley, est une femme qui, en 1809, se déguise en homme afin d’être admise à l’Université d’Édimbourg pour pouvoir étudier la médecine.

«Longtemps avant que les universités commencent à accepter des étudiantes, James Miranda Stuart Barry obtient son diplôme et s’enrôle dans l’armée britannique. Le Dr Barry sert en Afrique du Sud, dans les Caraïbes et à Malte, où elle se fait une excellente réputation de chirurgien.

«En 1857, le Dr Barry est affectée à Montréal à titre d’inspecteur général des hôpitaux militaires, faisant d’elle le médecin en chef de l’armée au Canada. On la prend toujours pour un homme, bien qu’on la trouve bizarre.

«Petite, mince et imberbe, elle est considérée comme un personnage excentrique. Elle aime se promener dans Montréal en carriole rouge, accompagnée d’un petit chien blanc et d’un grand domestique noir. Mais les soldats l’apprécient. Elle exige qu’ils soient mieux nourris et voit à ce que les hôpitaux soient plus propres et plus confortables.

«Elle tombe malade en 1859 et doit rentrer en Angleterre où, comme à son habitude, elle refuse d’être examinée. Ce n’est qu’à sa mort qu’on découvrira le secret de Barry.»

Voilà un destin qui sort de l’ordinaire. Et dont Sylvie Ouellette a fait le sujet d’un roman à caractère historique : Le Secret du docteur Barry. Un ouvrage de 464 pages publié par les Éditions JCL.

La récit de Sylvie Ouellette met en évidence à quel point le Dr Barry fit tout en son pouvoir pour améliorer les conditions de vie et les soins de ses patients. Elle avait forgé sa réputation sur une pratique nouvelle et moderne de la médecine, par sa spécialisation dans les domaines de la chirurgie, des maladies tropicales, de l’obstétrique, du traitement de la lèpre et des maladies vénériennes.

Le Dr Barry a imposé des nouvelles conditions sanitaires, des méthodes révolutionnaires de quarantaine, des diètes alimentaires, ainsi que des traitements efficaces contre les plus terribles maladies connues à l’époque.

Les réformes du Dr Barry ont sauvé des milliers de vies à travers le monde.

Ce n’est pas la première fois qu’un écrivain s’empare de ce sujet. Déjà, en 1999, la biographe britannique Patricia Duncker lui consacrait un livre : The Doctor. Traduit et publié en français en 2003 par les Éditions Joëlle Losfeld sous le titre James Miranda Barry.

Dans ce récit, Patricia Duncker impute la responsabilité de la supercherie à la mère de James Muranda Stuart Barry.

Résumé de l’intrigue : dans l’aristocratie anglaise du XIXe siècle, une mère met en place un stratagème permettant à sa fille d’accéder à un statut social équivalent à celui des hommes. De son entrée à la faculté de médecine jusqu’à sa brillante carrière médicale et militaire, le Dr Barry entretiendra une relation trouble avec des hommes et des femmes, ne perdant jamais la reconnaissance qu’imposent sa science et ses talents de duelliste.

Alice Jones, une jeune actrice qui joue des rôles d’hommes sur scène, sera son amante et son unique confidente.

Sur  ce, bon dimanche et bonne lecture !

Didier Fessou

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Dimanche 22 avril 2012 | Mise en ligne à 8h08 | Commenter Aucun commentaire

Sept visionnaires

Mayrand

Il s’appelle Karel Mayrand. Né à Québec, il a grandi à Rimouski.

Gamin, il jouait sur les bords de la rivière Rimouski et caillassait les trains de marchandises qui passaient sur le pont. À l’époque, pour lui, c’était le paradis.

Puis il a grandi. Il est allé étudier les sciences politiques à l’Université McGill et les relations internationales à l’Université Laval.

Il dit avoir commencé à s’intéresser aux questions environnementales lors du Sommet de la Terre à Rio, en 1992.

Ses études terminées, en 1996, il a été recruté par l’ancien premier ministre Pierre-Marc Johnson à titre d’assistant de recherche sur les questions de mondialisation, de commerce, de développement international et de développement durable.

Pierre-Marc Johnson et Karel Mayrand ont rédigé Governing Global Desertification, un essai paru en 2006 chez Ashgate Aldershot, à Londres. L’année suivante, Karel Mayrand publiait le Manifeste pour un Québec durable, qui se voulait une réponse d’universitaires québécois aux manifestes des lucides et des solidaires.

En 2008, Karel Mayrand joignait les rangs de la Fondation David Suzuki. Aujourd’hui, il en est le directeur général pour le Québec.

Cet environnementaliste au parcours impressionnant est aussi président et porte-parole de Réalité Climatique Canada, un organisme fondé par Al Gore.

Dans le cadre de la Journée mondiale de la Terre, aujourd’hui, Karel Mayrand lance un nouveau livre : Une voix pour la terre. Un ouvrage de 280 pages publié par Boréal dans lequel l’auteur explique comment il s’est engagé pour notre planète.

Ce livre est le récit de ses apprentissages et de ses prises de conscience : «J’ai eu la chance de rencontrer sept visionnaires qui m’ont fait découvrir ma planète et m’ont permis de trouver ma voix».

Ce sont ces rencontres que Karel Mayrand évoque dans ‘Une voix pour la terre’.

Qui sont ces sept visionnaires qui l’ont tant influencé ?

1. Laurie Waridel : sociologue d’origine suisse, elle a participé à la fondation d’Équiterre. Elle est aussi l’une des pionnières du commerce équitable au Québec et l’une des cosignataires du Manifeste pour un Québec solidaire.

2. Pierre-Marc Johnson : avocat, médecin, homme politique, premier ministre du Québec à l’automne 1985. Avocat chez Heenan Blaikie, c’est un expert en négociations internationales en matière d’environnement et de développement.

3. Oscar Arias Sanchez : deux fois président de la République du Costa Rica et prix Nobel de la paix en 1987. Karel Mayrand l’a rencontré à Québec, en 2001, en marge du Sommet des Amériques.

4. Wangari Mathaï : cette biologiste kenyane a reçu le prix Nobel de la paix en 2004 pour sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix.

5. Sheila Watt-Cloutier : cette Inuit du Nunavik (c’est-à-dire du Nouveau-Québec) est une activiste écologique. C’est en prenant conscience que les changements climatiques affecteraient le mode de vie traditionnel des Inuit qu’elle s’est engagée dans la lutte écologique. Elle fut présidente de la Conférence circumpolaire inuite de 2002 à 2006.

6. Al Gore : sénateur du Tennessee de 1985 à 1993, vice-président des États-Unis sous la présidence de Bill Clinton de 1993 à 2001, prix Nobel de la paix en 2007. Un politicien que Karewl Mayrand qualifie d’homme de persuasion massive et qu’il a rencontré pour la première fois à Montréal en 2008 lors du lancement du chapitre canadien du Climate Project.

7. David Suzuki : professeur de génétique à l’Université de Colombie-Britannique, vulgarisateur scientifique à la CBC, écologiste et spiritualiste. Il a créé une fondation en 1990 qui cherche à protéger l’environnement et transformer l’économie pour que l’homme puisse vivre en harmonie avec le monde naturel qui soutient la vie sur Terre.

Bonne lecture et bonne Journée de la Terre !

Didier Fessou

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