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Archive du 3 juin 2012

Dimanche 3 juin 2012 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Un commentaire

Les trois Gaspésie

Martineau, Jacques

Voici un petit livre qui, les beaux jours revenus, donne envie d’aller respirer l’air du grand large : La Gaspésie de Métis à Miguasha de Jacques Martineau. Une plaquette de 90 pages publiée par Septentrion.

Il y a quelques années, également chez Septentrion, Jacques Martineau avait publié Carnet de Québec, un opuscule du même genre.

Dans les deux cas, des dessins, des croquis et de courts commentaires présentés avec sobriété et élégance. Dans l’un, une invitation au voyage au long cours. Dans l’autre, une invitation à flâner en ville.

Après une carrière dans l’enseignement, Jacques Martineau se consacre au dessin et à l’écriture. Il a collaboré au magazine littéraire Nuit blanche et publié chez Nota bene un livre-référence que tout le monde devrait avoir dans sa bibliothèque : Les 100 romans québécois qu’il faut avoir lus.

D’autres de ses textes ont paru dans la revue Nouaison.

***

Selon Jacques Martineau, il n’y a pas une Gaspésie mais plusieurs : «La baie des Chaleurs n’est pas la vallée de la Matapédia, la pointe de Forillon a peu de choses à voir avec la région de Métis».

Les trois Gaspésie de Jacques Martineau :

- La première, de Sainte-Flavie à Sainte-Anne-des-Monts, est une zone de transition entre le Bas-Saint-Laurent et la Haute-Gaspésie : «Elle garde quelque chose de la douceur de l’un de ses jardins de Métis, elle commence à montrer de l’âpreté de l’autre dans ses grèves rocheuses. Le relief peu accusé du début devient de plus en plus bossé».

- La seconde s’étend de Sainte-Anne-des-Monts à la pointe de Forillon : «Elle est d’une beauté à la fois austère et grandiose, particulièrement émouvante sous des ciels lourds, sous la pluie battante, fouettée par une mer rageuse et écumante. Une terre pleine de caractère, couverte de forêts aux plis somptueux, opposant aux vents du nord et aux pluies glacées le front têtu de ses falaises, et qui se termine en majesté à la presqu’île de Forillon».

- La troisième va de Forillon jusqu’au fond de la baie des Chaleurs : «Ses falaises rouges, ses grèves accueillantes, ses marais et ses lagunes aux eaux tièdes lui donnent quelque chose de charnel et de sensuel. Sa route est bordée d’un chapelet de maisons qui soudent villages et petites villes et ses petits ports prennent des airs de fête avec leurs bateaux aux couleurs vives».

***

Dans sa Gaspésie en images et en mots, Jacques Martineau rend  justice au caractère de cette fascinante péninsule.

Mais, à mon point de vue, il manque une quatrième Gaspésie : cette Gaspésie de l’intérieur faite de montagnes et de rivières. Et c’est cette Gaspésie-là que, personnellement, je préfère. La Gaspésie des monts Chics-Chocs, la Gaspésie des monts McGerrigle, la Gaspésie des hauts plateaux appalachiens.

Même Murdochville, pourtant une petite ville industrielle sans élégance particulière, trouve grâce à mes yeux à cause de la splendeur de son environnement sauvage.

Il faut dire merci à Jacques Martineau pour sa Gaspésie maritime et l’inviter à aller se mesurer au mont Albert afin qu’il en rapporte un autre de ses carnets de croquis.

Allez, bonne virée en Gaspésie !

Didier Fessou

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