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Archive du 30 mai 2011

Lundi 30 mai 2011 | Mise en ligne à 12h06 | Commenter Commentaires (10)

Qui a peur du féminisme?

Blogue-milliat

Josianne Desloges
Le Soleil

La Parisienne Céline Milliat-Baumgartner vient présenter Striptease au Carrefour de théâtre cette semaine. Un spectacle qui s’intéresse au désir, à la nudité et aux effeuilleuses à travers les époques. L’actrice est seule en scène, ses vêtements tombent vite, et elle termine par un numéro de pole dancing très actif.

Le spectacle suscite différentes réactions chez les hommes et chez les femmes. Certains messieurs sont froissés d’être considérés comme des voyeurs, certaines femmes sont émues aux larmes. «Un soir, au théâtre de la Bastille, une femme est venue me dire : “Quelle revanche pour le féminisme, enfin un spectacle de femme, qui parle aux femmes, vraiment, ça me touche”, raconte Céline Milliat, en entrevue. Puis, un jeune homme très bien habillé est venu me remettre sa carte, en me disant qu’il réalisait de petits films érotiques sur Internet et qu’il fallait que je l’appelle.»

Elle mentionnait aussi être heureuse d’avoir élaboré Striptease avec un homme, pour ne pas qu’il soit placé tout de go dans la catégorie des spectacles féministes.

Blogue-pol-pelletier

Vendredi, la Québécoise Pol Pelletier vient présenter sa nouvelle création, La robe blanche, au Cercle. Pour la deuxième fois, le musicien Jean-Jacques Lemêtre sera avec elle sur scène. L’initiatrice du Nouveau théâtre expérimental des femmes a toujours eu un discours féministe et engagé, qui a pris dernièrement la forme de solos.

Là aussi, ses spectacles suscitent différentes réactions. À propos du spectacle Joie (1993), par exemple, le critique du Soleil Jean Saint-Hilaire dira qu’il était «d’abord sceptique, puis déséquilibré et ébahi devant l’irrésistible déposition de l’artiste», alors qu’Anne-Marie Lecompte, de La Presse, affirme que le spectacle a un effet miroir pour celles qui ont vécu les années 70, mais que «pour les autres, dont je [c'est Mme Lecompte qui parle] suis, ce récit autobiographique est empreint de nostalgie qui sonne comme un reproche.»

La Québécoise plus âgée se proclame féministe, alors que la Française, plus jeune, évite le mot. Toutes deux font parler des femmes à travers les époques, mais de manières totalement différentes. Une parole de femme est-elle nécessairement féministe? Le féminisme appartient-il au passé ou s’est-il simplement transformé?

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